51UbMTcMlXL__

 

L'OEIL LE PLUS BLEU de Toni MORRISON - Traduction de Jean GUILOINEAU -1994 - Edition 10/18 - 218 pages 

Quatrième de couverture

Avec L'œil le plus bleu, saisissant premier roman vibrant de douleur et de révolte, Toni Morrison marque son entrée en littérature. A Lorain, dans l'Ohio des années 40, Claudia et Pecola, deux fillettes noires, grandissent côte à côte. La première déteste les poupées blondes, modèles imposés de perfection qui lui rappellent combien sa haine est légitime. L'autre idolâtre Shirley Temple et rêve d'avoir les yeux bleus. Mais face à la dure réalité d'une Amérique Blanche, le rêve de beauté d'une petite fille est un leurre qui ne cède le pas qu'au fantasme et à la folie.

L'Auteure

Toni Morrison est née en 1931 à Lorain (Ohio) dans une famille ouvrière de quatre enfants. Après des études de lettres et une thèse sur le thème du suicide dans l'oeuvre de William Faulkner et de Virginia Woolf, elle fait une carrière de professeur aux universités de Texas Southern, Howard - université alors réservée aux Noirs- et Yale. Après avoir travaillé comme éditrice chez Random House, elle obtient en 1988 le prix Pulitzer avec Beloved. C'est en 1993 que le prix Nobel de littérature lui est décerné.

******************************************************

Dans les années 40, à Lorain, Ohio, vivent deux petites filles noires : Claudia et sa soeur ainée Frieda. Leur famille est très pauvre, elles ne reçoivent pas beaucoup d'affection de la part de leurs parents mais toutes deux sont soudées par l'amour qu'elles se portent et par la complicité qui règne entre elles. La famille recueille provisoirement une autre gamine Pecola, dont la famille se retrouve à la rue : son père probablement sous l'emprise de l'alcool a mis le feu à la maison. Pecola n'a pas la chance d'avoir une famille unie et une soeur avec qui tout partager ; de plus on la trouve laide, elle est mal dans sa peau et alors que Claudia déteste les poupées blanches aux yeux bleus et par la même occasion Shirley Temple, Pecola, elle, ne rêve que d'une chose c'est d'avoir "les yeux les plus bleus du monde" pour qu'enfin on la regarde comme on regarderait une petite fille blanche, pour qu'on la voit, pour qu'enfin elle se sente exister.

Le roman de Toni Morrison nous décrit la vie de ces familles noires, le racisme, la misère dans laquelle elles vivent. Et on s'aperçoit qu'il y a plusieurs degrés tant dans la misère que dans le racisme. La famille de Claudia et Frieda est très pauvre, mais celle de Pecola miséreuse. En matière de couleur de peau : en haut de l'échelle il y a les Blancs, tout en bas les Noirs et entre les deux : les Métis.

"Elle lui avait expliqué la différence entre les métis et les Noirs. Ils étaient facilement identifiables. Les métis étaient propres et calmes ; les nègres étaient sales et bruyants".

C'est un roman plein de violence, pas seulement physique, mais surtout psychologique et mentale. Dans cette société dominée par les Blancs, comment les Noirs peuvent ils exister en tant que tels ? Alors ils se résignent : les hommes baissent la tête et boivent, les femmes essaient de se coiffer comme les vedettes blondes et blanches d'Hollywood et Pecola rêve d'avoir les yeux bleus.

" Elles étaient entrées dans la vie par la porte de service. Convenables. Tourt le monde était en position de leur donner des ordres. les femmes blanches leur disaient : "Fais ça". Les enfants blancs leur disaient "viens ici". Les hommes noirs leur disaient : "Allonge toi". Les seuls dont elles n'avaient pas besoin de recevoir des insultes étaient les enfants noirs et les autres femmes noires.

C'est le personnage de Pecola qui incarne le mieux ce malheur et cette violence ; elle semble porter sur elle tout le malheur du monde : sa laideur,  son aspect misérable, une mère qui la rabroue sans cesse alors qu'elle est aux petits soins pour la fillette blanche chez qui elle travaille. Son rêve impossible se terminera en cauchemar : violée et engrossée par son père, elle sombrera dans la folie.

L'écriture est très belle, presque musicale mais j'ai été désarçonnée par le changement constant de narrateur : au début c'est Claudia qui parle, puis l'auteur reprend son récit et ainsi de suite pratiquement sans transition. Je n'ai pas non plus aimé le fait qu'on passe sans cesse de l'histoire d'un personnage à un autre sans soucis de chronologie : on passe ainsi de l'action principale avec les trois petites filles à l'enfance de la mère de Pecola puis à son mariage et à sa vie actuelle puis à l'enfance de Cholly, le père, à la mort de la tante etc.....Donc encore une fois je reste sur un avis mitigé. Ce n'est pas un livre qui m'auras marquée.

NOTE : 7/10

Challenge GLOBE READERS : LORAIN (USA)

Challenge-des-globe-readers-1