De Livre en Livres

23 février 2017

LES APPARENCES - Gillian FLYNN

 

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LES APPARENCES de Gillian FLYNN - Traduction d'Héloïse ESQUIE - 2012 - Editions SONATINE - 570 pages

Ce qu'en dit l'éditeur

Amy, une jolie jeune femme au foyer, et son mari Nick, propriétaire d’un bar, forment, selon toutes apparences, un couple idéal. Ils ont quitté New York deux ans plus tôt pour emménager dans la petite ville des bords du Mississipi où Nick a grandi. Le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, en rentrant du travail, Charlie découvre dans leur maison un chaos indescriptible : meubles renversés, cadres aux murs brisés, et aucune trace de sa femme. Quelque chose de grave est arrivée. Après qu’il a appelé les forces de l’ordre pour signaler la disparition d’Amy, la situation prend une tournure inattendue. Chaque petit secret, lâcheté, trahison quotidienne de la vie d’un couple commence en effet à prendre, sous les yeux impitoyables de la police, une importance inattendue et Nick ne tarde pas à devenir un suspect idéal.

Alors qu’il essaie désespérément, de son côté, de retrouver Amy, il découvre qu’elle aussi cachait beaucoup de choses à son conjoint, certaines sans gravité et d’autres plus inquiétantes. Si leur mariage n’était pas aussi parfait qu’il le paraissait, Nick est néanmoins encore loin de se douter à quel point leur couple soi-disant idéal n’était qu’une illusion.

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Les premières phrases

Quand je pense à ma femme, je pense toujours à son crâne. A la forme de son crâne, pour commencer. La toute première fois que je l'ai vue, c'est l'arrière de son crâne que j'ai vu, et il s'en dégageait quelquechose d'adorable. Comme un épi de maïs dur, luisant, ou un fossile trouvé dans le lit d'une rivière.

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Amy et son mari Nick ont quitté New York après avoir été licenciés de leurs emplois respectifs. Ils ont emménagé dans la petite ville du Missipi d'où Nick est originaire et où il a acheté un bar qu'il tient avec sa soeur jumelle Margo, dite Go, dont il est très proche. Amy, elle, n'a pas retrouvé de travail et passe ses journées à la maison. On comprend dès les premières pages que malgré l'image qu'ils en donnent, après cinq ans de mariage leur couple bat de l'aile. C'est justement le jour de leur cinquième anniversaire de mariage qu'Amy disparaît. Volatilisée. La maison est sens dessus dessous, mais toutes ses affaires sont là : papiers, chéquiers, clefs......Plus inquiétant encore, il y a du sang dans la cuisine, son sang. A partir de ces quelques indices, les inspecteurs Boney et Gilpin vont démarrer leur enquête. Et bien sûr c'est Nick, le mari qui va être le premier suspect.

Au rythme de cette enquête, les petits secrets de chacun vont être révélés et nous allons être entraînés dans la vie de couple de Nick et Amy.  Peu à peu le vernis va se craqueler et de profondes zones d'ombre vont apparaître. Les chapitres alternent, donnant tour à tour la parole à Nick qui fait tout pour retrouver sa femme, et à Amy à travers son journal qu'elle a commencé lors de leur rencontre, cinq ans auparavant.

Grosse déception que ce roman dont j'avais lu tant de bien ! Tout n'y est pas mauvais, loin de là. La psychologie des personnages est finement détaillée, l'intrigue en elle-même est intéressante, mais le tout est noyé dans des longueurs..... Pendant tout le premier tiers du livre je me suis ennuyée comme jamais, et arrivée à la page 200 le livre me tombait des mains. J'aime pourtant les thrillers - psychologiques ou non - dans lesquels le rythme est très lent comme les polars nordiques.Mais à force de diluer la sauce, elle perd toute sa saveur. Et là, ce qui devait arriver arriva, j'ai vite perdu le fil de l'intrigue et m'en suis désintéressée. Heureusement un rebondissement vers la moitié du récit m'a redonné de l'espoir et l'envie d'aller jusqu'au bout.Et finalement je ne l'ai pas regretté parceque la deuxième moitié sauve un peu le reste. En plus des longueurs du début, j'ai trouvé les personnages plus antipathiques les uns que les autres : une belle famille de psychopathes. Chacun campe sur ses positions, il n'y en a pas un seul qui évolue au fil des événements pourtant tragiques. Go est la seule exception.

Finalement ce qui m'a le plus plu dans ce roman, c'est la description de l'Amérique actuelle sur fond de crise : cette petite ville aux nombreuses maisons abandonnées, cet immense centre commercial aux boutiques vides et abandonnées, devenu le refuge de tout ce que la ville compte de miséreux et de dealers, ce camping, dernier refuge des laissés pour compte. Et même la maison de Mark Twain que personne ne vient plus visiter.......

En Bref

Pour moi cette lecture est une grosse déception. Je remarque que la plupart des lecteurs l'ont beaucoup aimée, mais qu'il y en a quand même une petite minorité qui a le même avis que moi. Apparemment, c'est un roman que l'on adore ou qu'on déteste.

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19 février 2017

LE MONDE DES HOMMES - Pramoedya Ananta TOER

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LE MONDE DES HOMMES de Pramoedya Ananta TOER - Traduction de Dominique VITALYOS - 2017 - Editions ZULMA

Ce qu'en dit l'éditeur

C’est une longue et belle histoire que « Pram » racontait à ses compagnons de détention sur l’île de Buru, avec ferveur, et un élan vital qu’on partage aussitôt. Une histoire aventureuse et romanesque, une histoire politique aussi, qui nous emmène à Surabaya, en Indonésie, au tournant du siècle.
Minke, jeune journaliste brillant et curieux de tout, y croise le destin d’Ontosoroh, la nyai, concubine d’un riche colon hollandais. Tous deux sont javanais, idéalistes et ambitieux, tous deux rêvent d’une liberté enfin conquise contre un régime de haine et de discrimination, celui des Indes néerlandaises. Deux personnages extraordinaires, aussi attachants que singuliers – au regard d’un monde qui mûrit sa révolution.

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Les premières phrases

On m'appelle Minke.

Mon vrai nom.... pour l'instant, je préfère ne pas le mentionner. Ce n'est pas que j'aie la manie des cachotteries. J'Y ai réfléchi : il n'est pas encore temps de dévoiler qui je suis.

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Le Monde des hommes est le premier volet de Buru Quartet, le seul des quatre ouvrages traduit en français jusqu'à ce jour. L'auteur, Pramoedya Ananta TOER l'écrivit en 1975, après de longues années passées en prison à cause de son engagement nationaliste. C'est pendant ses années de détention qu'il avait petit à petit élaboré ce récit et l'avait raconté à ses co-détenus puisqu'il lui était interdit d'écrire. Quelques années après sa parution, alors que l'Indonésie était devenue indépendante, le livre fut interdit sous prétexte qu'il promouvait le communisme. Il fut finalement réhabilité en 2005 et traduit dans de nombreuses langues.

A la toute fin du 19ème siècle, à Surabaya sur l'île de Java, alors que L'Indonésie est une colonie néérlandaise, Minke fréquente une des meilleurs écoles du pays. Il est un des rares indigènes à avoir le droit à l'éducation, la même que celle des jeunes européens de son âge. Par jalousie, et pour le mettre dans une situation embarrassante, un de ses condisciples Robert Suurhof va l'introduire dans le foyer de Nyai Ontosoroh dont la fille a la réputation d'être la plus belle métisse de la région. La jeune fille va s'éprendre de Minke qui tombera sous son charme. Elle va s'attacher à lui et Minke, touché par sa fragilité, va finir par venir habiter à ses côtés. Minke est javanais, un indigène, c'est à dire qu'il est au plus bas de la société, mais Nyai, elle aussi indigène, est également la concubine d'un européen, ce qui la relègue encore plus bas aux yeux de tous, trainant comme ses consoeurs une réputation de femme débauchée. Minke va tout de suite s'apercevoir qu'elle est très différente de ce que l'on dit d'elle : c'est une femme intelligente, perspicace, autodidacte. Depuis que son maître est devenu fou et s'est éloigné de leur foyer c'est elle qui gère complétement sa ferme et la fait fructifier. Minke va réussir brillamment ses examens et parallélement à ses études va entamer une carrière de journaliste tout en veillant sur la jeune Annelies. La santé de celle-ci est fragile et elle ne peut plus se passer de la compagnie de Minke. Tout entiers à leur amour, ils ne le savent pas, mais leur monde va bientôt s'effondrer.

Minke, ce jeune indigène qui bien que d'ascendance noble, n'a aucun droit dans son pays ni aucune existence aux yeux des occidentaux va tenter de se frayer un chemin entre les codes indigènes ancestraux et les lois érigées par les néérlandais. Très intelligent, très bon élève, il dénote dans son collège où la plupart de ses professeurs blancs l'ignorent. Il pourrait devenir "bupati " comme son père, c'est à dire haut fonctionnaire - dont le pouvoir est extrémement limité et toujours soumis à la discipline des hollandais- , mais il veut être journaliste. Il s'étonne de plus en plus que les agissements des colons néérlandais ne correspondent pas du tout aux valeurs occidentales qu'on lui a inculquées au collège et heurtent l'esprit humaniste et libertaire qu'il y a acquis.

Le Monde des Hommes est un roman magnifique, passionnant....On en apprend beaucoup sur l'histoire et la société de l'Indonésie à cette époque. Une société extrémement cloisonnée, codifiée, où il faut choisit les gestes et les termes à employer selon la classe sociale et la position de la personne à laquelle on s'adresse, classe sociale dont il est bien sûr impossible de sortir. Dans ce roman qui se déroule dans un pays où les colonisateurs blancs sont les maîtres il est beaucoup question d'oppression, de racisme et d'injustice. C'est un récit profondément humain. On sent que l'auteur a vécu ce qu'il raconte : le mépris, l'incompréhension, le sentiment de révolte envers tant de mauvaise foi et d'iniquité. Je n'ai pu m'empêcher de ressentir toutes ces émotions avec le jeune Minke et de ressortir de ma lecture complétement révoltée.

Malgré ses cinq cent pages qui pourraient effrayer certains lecteurs ce livre se lit très vite tant le style de l'auteur est fluide et souple.

Le deuxième volet de la quadrilogie va paraitre chez Zulma en Mars 2017.

Un énorme merci à Babelio et aux Editions ZULMA pour cette belle découverte.

 

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17 février 2017

LES BRUMES DE L'APPARENCE - F. DEGHELT

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LES BRUMES DE L'APPARENCE de Frédérique DEGHELT - 2014 - Editions ACTES SUD - 372 pages

Ce qu'en dit l'éditeur

Quand un notaire de province lui annonce qu’elle hérite d’une masure au milieu de nulle part dans l’isolement d’une forêt, décidée dans l’instant à s’en débarrasser, Gabrielle (parisienne, quarante ans) s’élance sur les routes de France pour rejoindre l’inattendu lieu-dit, signer sans état d’âme actes de propriété et autres mandats de mise en vente, agir avec rigueur et efficacité.
Un paysage, un enchevêtrement d’arbres et de ronces à l’abandon, où se trouve blottie depuis des décennies une maison dont une seule pièce demeure à l’abri du ciel, dix hectares alentour, traversés par le bruissement d’une rivière et d’une nature dévorante. Tel est le territoire que découvre Gabrielle, insensible à la beauté étrange, voire menaçante, des lieux, après des heures de route.
Contrainte de passer la nuit sur place, isolée, sans réseau téléphonique, Gabrielle s’endort sans avoir peur. Mais son sommeil est peuplé de rêves, d’odeurs de fleurs blanches et de présences.
Dans les jours qui suivent, toutes sortes de circonstances vont l’obliger à admettre ce qu’elle refuse de croire : certains lieux, certaines personnes peuvent entretenir avec l’au-delà une relation particulière. Gabrielle en fait désormais partie : elle se découvre médium.

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Les premières phrases

Peut-être qu'à un moment je me suis dit qu'il valait mieux oublier tout ça, ne jamais en parler à personne, continuer ma vie qui, somme toute, me plaisait bien. Peut-être qu'il est impossible d'oublier ce qu'on a vu quand on ouvre une porte sur l'inconnu et qu'on comprend que de l'autre côté il se passe quelque chose d'immense.

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Gabrielle, quarantenaire parisienne pur jus mène une vie heureuse et épanouissante. Mariée à Stan un chirurgien esthétique, mère d'un ado calme et discret, elle a ouvert une agence d'organisation d'événements avec une amie. Sa mère est morte il y a quelques temps dans un accident de voiture et son père mène sa vie aux Etats Unis. Alors quand un notaire de province lui annonce qu'elle a hérité d'une propriété dans un village perdu, elle s'en étonne. Elle n'a jamais entendu parler de cette maison, ni de ce village. A sa connaissance, elle n'a plus aucune famille nulle part. Soucieuse de régler les choses au plus vite : signature chez le notaire et dans la foulée mise en vente du bien, elle prend rendez-vous avec un agent immobilier et se lance sur les routes. Arrivée sur place, elle va aller de surprises en surprises : son domaine s'étend sur plusieurs hectares et il n'y a pas une, mais deux maisons, ou plutôt deux ruines invendables en l'état. Elle découvre aussi qu'elle a une tante, la soeur de sa mère et que c'est d'elle que vient cet héritage. Un héritage empoisonné : son terrain est surnommé "la terre des Brumes" ou "la forêt des sorcières". Ce serait le berceau d'une lignée de sorciers guérisseurs dont elle serait la descendante et héritière de certains dons ....Pas d'hôtel dans ce trou et pire encore la personne qui devait la loger lui claque la porte au nez, pas de réseau non plus, elle est contrainte de passer la nuit sur place dans la seule pièce de la masure qui soit encore à peu près habitable. Et cette nuit va changer sa vie a jamais........

Gabrielle va petit à petit accepter de voir sa vie changer bien malgré elle. Au début elle va essayer de se raccrocher à son quotidien. mais à Paris elle n'a personne à qui se confier : si elle parle, on va la prendre pour une folle ! Heureusement, au village, elle peut compter sur Jean Pierre, l'agent immobilier, qui lui la comprend. Elle va être obligée de constater certains faits, certaines évidences auxquelles elle ne croyait pas jusqu'à lors et malgré elle, va prendre conscience qu'il existe une réalité qui jusqu'à maintenant lui échappait parcequ'elle était invisible. Elle va avancer pas à pas, à tâtons, parfois en reculant parce que tout cela la remplit de crainte, dans un monde inconnu qui va bientôt s'imposer à elle face à un quotidien superficiel et égocentrique. Celui-ci va bientôt s'effondrer la laissant seule et désarmée livrée à l'incompréhension de ses proches.

Les Brumes de l'apparence est le premier livre que je lis de cette auteure. Et quelle découverte ! J'ai littéralement dévoré ce roman. Je n'ai pu m'empêcher de ressentir une grande empathie pour Gabrielle et j'ai assisté avec beaucoup d'émotion à son voyage initiatique et à sa métamorphose. Frédérique DEGHELT a su rendre toutes les étapes de cette transformation grâce à sa plume à la fois sensible et très imagée. Elle nous pousse à nous interroger sur ce qui fait l'importance et le bien fondé de nos vies, à regarder au-delà des apparences.

En Bref

Un roman bouleversant, un vrai coup de coeur ! Il me tarde de découvrir les autres ouvrages de Frédérique DEGHELT.

 

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08 février 2017

LE CARREFOUR DES ECRASES - Claude IZNER

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LE CARREFOUR DES ECRASES de Claude IZNER - 2003 - Editions 10/18 2009 - 285 pages

Ce qu'en dit l'éditeur

Le carrefour des Écrasés, situé entre la rue Montmartre et le Faubourg Poissonnière, porte bien son nom. En ce mois de Novembre 1891, le corps "sans visage" d'une jeune femme est découvert au petit matin sur le carrefour. Tout de rouge vêtue, la jeune femme ne portait pas de chaussures.
ce même jour, un certain Grégoire Mercier, "berger en chambre" rue des Reculettes ( XIIIème arrondissement ), rapporte à Victor Legris, libraire et enquêteur à ses heures, un escarpin rouge de femme, contenant, en guise de semelle, le papier à en tête de la librairie de la rue des Saints-Pères.
Claude Izner, dans cette troisième aventure de l'intrépide Victor Legris et de son truculent commis, Joseph, nous entraîne de nouveaux dans un merveilleux voyage au cœur du Paris du XIXème siècle.

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Les premières phrases

Vite, se passer les mains sous l'eau pour effacer toute trace de confiture.

Après s'être essuyée à la hâte, Melle Bontemps contempla douloureusement l'assiette emplie de barquettes à la fraise, de mokas, d'éclairs, de meringues. Résistant à la tentation, elle l'enferma au fond d'un placard. "Ce soir, pensa- t-elle, quand tout le monde sera couché....."

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Paris, Novembre 1891. Jojo, l'employé de la librairie de Victor Legris reçoit une étrange visite. Grégoire Mercier," berger en chambre" de son état, lui amène un escarpin de femme trouvée par son chien alors qu'il l'accompagnait dans sa tournée. Dans la chaussure rouge, un prospectus mentionnant le nom et l'adresse de la librairie. Le lendemain, un fait divers est à la une de tous les journaux : on a retrouvé, Carrefour des Écrasés, le cadavre d'une femme toute vêtue de rouge, le visage vitriolé, ne portant qu'une chaussure, rouge elle aussi. Cet événement met Kenji Mori, l'associé de Victor, dans tous ses états, ce qui intrigue fortement Victor et Jojo. D'autres cadavres sont découverts, certains portant sur eux des messages énigmatiques et il n'en faudra pas plus à nos deux libraires pour se lancer sur la piste du ou des assassins.

Comme dans les deux précédents ouvrages de la série : Mystère rue des Saints Pères et La Disparue du Père Lachaise, l'enquête est l'occasion de nous faire découvrir le Paris de cette fin de siècle. Nous allons suivre nos fins limiers : Victor entre deux moments passés dans les bras de Tasha, et Jojo qui ne demande qu'à mettre ses dons de détective en application, de Montmartre au Jardin des Plantes, en passant par l'Hospice de la Salpêtrière ou le Dr Charcot soignait les aliénés, et les lieux festifs de la capitale. Nous entrerons avec eux au Moulin Rouge, au cabaret du Chat Noir, là où les artistes et les poètes en goguette se mêlent à la faune locale. Nous croiserons même Toulouse Lautrec, Eric Satie, La Goulue et Valentin le Désossé....Et nous en apprendrons un peu plus sur le passé de Kenji et de Victor.

Bien que j'ai toujours autant de plaisir à lire cette série, j'ai particulièrement aimé cette troisième enquête. Les personnages principaux évoluent bien, les personnages secondaires sont finement décrits. On en retrouve certains, croisés lors d'une précédente enquête, comme Eudoxie Allard anciennement secrétaire au journal Le Passe Partout, devenue Fifi-Bas-Rhin. Même le patois de Grégoire Mercier, encore utilisé à cette époque par certains à Paris est bien rendu. J'ai trouvé l'intrigue plus fouillée,le style plus fluide.

En Bref

Je suis décidement séduite par cette série et j'ai hâte de la poursuivre avec le prochain tome :  Le Secret des Enfants-Rouges.

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LE CARREFOUR DES ECRASES vers 1910

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04 février 2017

MES VRAIS ENFANTS - Jo WALTON

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MES VRAIS ENFANTS de Jo WALTON - Traduction de Florence DOLISI - Janvier 2017 - Editions DENOEL - 339 pages

Ce qu'en dit l'éditeur

Née en 1926, Patricia Cowan finit ses jours dans une maison de retraite. Très âgée, très confuse, elle se souvient de ses deux vies. Dans l’une de ces existences, elle a épousé Mark, avec qui elle avait partagé une liaison épistolaire et platonique, un homme qui n’a pas tardé à montrer son véritable visage. Dans son autre vie, elle a enchaîné les succès professionnels, a rencontré Béatrice et a vécu heureuse avec cette dernière pendant plusieurs décennies. Dans chacune de ces vies, elle a eu des enfants. Elle les aime tous… Mais lesquels sont ses vrais enfants : ceux de l’âge nucléaire ou ceux de l’âge du progrès? Car Patricia ne se souvient pas seulement de ses vies distinctes, elle se souvient de deux mondes où l’Histoire a bifurqué en même temps que son histoire personnelle.

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Les premières phrases

Aujourd'hui : confuse, lut-elle sur sa feuille de soins. Confuse, moins confuse, vraiment confuse..."Vraiment confuse" : deux mots que les infirmières notaient souvent, en abrégeant : VC. Ca la faisait sourire. "VC" comme "Victoria Cross", la plus haute distinction du pays. Son nom figurait aussi sur la feuille - enfin son prénom, seulement : Patricia.

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En 2015 à Lancaster : Patricia Cowan, 90 ans, vit dans une maison de retraite médicalisée. Cela fait déjà quelques années qu'elle n'a plus toute sa tête et qu'elle a besoin d'aide. Elle a beau essayer, elle ne se souvient pas ; pire elle oublie qu'elle a déjà oublié certains événements : la mort d'un de ses petits enfants par exemple.....Et quand elle se penche sur sa vie passée, elle éprouve un sentiment étrange : celui d'avoir vécu deux vies différentes en parallèle. L'une était-elle plus réelle que l'autre, ou avait-elle vraiment vécu les deux ? Les souvenirs de son enfance restaient uniques ; c'est à partir de 1949 que sa vie a bifurqué. Après ses études à Oxford, elle avait trouvé un poste d'enseignante dans une école de jeunes filles dans une petite ville de Cornouailles. Mark son fiancé terminait ses études à Oxford. Un jour elle reçut un coup de téléphone de lui : "J'ai promis de t'épouser et je tiendrai ma promesse. Mais c'est maintenant ou jamais ! " Et elle se souvient de lui avoir répondu : " c'est maintenant" ; mais elle souvient aussi de lui avoir dit  "c'est jamais". Elle passera la première de ces vies avec Mark qui se révélera un époux psycho rigide, peu attentionné, soucieux avant tout de lui faire des enfants. Elle en aura quatre, chaque naissance entrecoupée de plusieurs fausses couches. Dans son autre vie elle deviendra une femme épanouie, passionnée par l'art de la Renaissance, et fera la connaissance de Bee dont elle partagera la vie, assumant son homosexualité, et avec laquelle elle aura trois enfants.

Le récit commence à la maison de retraite, à la -presque- fin de vie de Patricia. Puis dans les chapitres suivants, elle retrace ses souvenirs de jeunesse, jusqu'à la fameuse question : Maintenant ou jamais ? Ensuite les chapitres alternent chronologiquement, l'un consacré à la vie de Pat, puis l'autre à celle de Trish. Deux vies complètement différentes. Mais pas uniquement...l'Histoire aussi évolue différemment, l'orientant logiquement vers des choix différents. Pat va s'investir dans des associations et militer pour un monde meilleur qui finalement va s'orienter vers la paix, alors que dans celui de Trish l'arme nucléaire va être employée de nouveau après la deuxième guerre mondiale.

C'est donc une double uchronie - personnelle et mondiale - sur laquelle Jo Walton bâtit son roman. Elle y évoque ses thèmes favoris : le féminisme et la place de la femme dans la société, l'homosexualité, l'Histoire et ses retombées, heureuses ou non. Après Morwenna et Le Cercle de Farthing, Mes vrais enfants a été un véritable coup de coeur, j'aurai aimé que ce récit ne finisse jamais.....Jo Walton a un réel talent de conteuse, sa plume est fluide, ses personnages sont attachants,et on se projette très facilement dans les univers où ils évoluent.

En Bref

Un vrai coup de coeur. Un roman qui devrait plaire à nombre de lecteurs et pas uniquement aux amateurs de SF.

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31 janvier 2017

EN QUELQUES MOTS - Janvier 2017

 

EN QUELQUES MOTS

Etant donné que je n'ai pas le temps de chroniquer toutes mes lectures, j'ai décidé de consacrer quand même quelques mots à celles qui jusque là étaient simplement mentionnées dans mes bilans mensuels. C'est pourquoi j'ai créé cette rubrique....

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couv30062907LE CADAVRE DE BLUEGATE FIELDS de Anne PERRY - Traduction d'Anne Marie CARRIERE - 1999 - Editions 10/18 - 382 pages

Ce qu'en dit l'éditeur

Fidèle à son instinct de fin limier, l’inspecteur Pitt ne tarde pas à trouver la noyade d’Arthur Waybourne suspecte : issu de la gentry londonienne et atteint de la syphilis à seize ans, le jeune homme semblait avoir plus d’un secret à cacher… Mais après avoir arrêté et fait condamner à mort le précepteur antipathique de la victime, Pitt commence à douter. N’aurait-il pas envoyé un innocent à la potence ? Derrière les murs des salons cossus et les discours de façade, la vérité devient plus que jamais urgente à débusquer !

Les premières phrases

L'Inspecteur Pitt frissonna légèrement. L'air malheureux, il regarda le sergent Froggatt, tandis que celui-ci soulevait le couvercle du trou de visite pour en dégager l'ouverture. Des échelons de fer descendaient dans un abîme pierreux au fond duquel se repercutait l'écho lointain du ruisselement de l'eau.......

Le Cadavre de Bluegate Fields est le sixième volet de la série des enquête de l'inspecteur Pitt. Cette fois-ci Anne Perry nous plonge dans un quartier mal famé de Londres, dans les égouts duquel la police découvre le corps d'un adolescent. Celui-ci est mort de noyade, mais dans ses poumons, ce n'est pas de l'eau polluée que l'on retrouve, mais celle, un peu savonneuse, qu'on s'attendrait à trouver dans une baignoire. 

On retrouve avec plaisir dans ce sixième tome les personnages habituels. J'ai beaucoup aimé que l'auteure nous fasse entrer dans un autre univers que celui des quartiers huppés de Londres. En effet Bluegate Fields en plus d'être un quartier ou règne la misère est le haut lieu de la prostitution masculine ce qui permet à Anne Perry d'aborder ce sujet ainsi que celui de l'homosexualité qui, à l'époque victorienne ,était interdite et même passible de prison.

C'est le volet de la série que j'ai préféré jusqu'à maintenant.

Note : 7.5/10

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41xThfoJp9LL'INAPERCU de Sylvie GERMAIN - 2008 - Editions ALBIN MICHEL - 294 pages

Ce Qu'en dit l'éditeur

Les Bérynx : une famille ordinaire, avec son patriarche autoritaire, ses mères affairées, ses enfants fragiles, ses secrets non partagés et son lot de drames. Et il y a Pierre, qui vient de se greffer sur cette famille comme une sorte d'ange gardien dont on ignore presque tout, homme à tout faire, mais aussi à tout défaire. Jusqu'au jour où il disparaît sans laisser d'autres traces que les brèches qu'il a ouvertes en chacun. Roman des origines autant que de la construction de soi, L'inaperçu, comme Magnus, fait coexister le plus sombre de l'Histoire et des tragédies individuelles avec l'imprévisible, la puissance de l'imaginaire, les rêves les plus fous, tout ce qui échappe à l'emprise du temps et permet d'inventer son destin.

Les premières phrases

Une femme marche à pas rapides le long des berges du fleuve. Elle avance légèrement vcourbée pour se protéger du vent qui souffle dru en ce soir de décembre. Elle est vêtue d'un manteau d'astrakan noir dont le col relevé forme une large corolle autour de sa tête penchée en avant qu'enserre un foulard gris à motifs mauves.

Un inconnu fait irruption dans une famille encore bouleversée par la mort du chef de famille. Il va en bousculer les codes, permettant à chaque membres de mieux se connaitre et à certains de s'affirmer. Puis il va disparaitre....Un récit sur les secrets, ceux qui nous empêchent de grandir, sur la mémoire, la résilience, la quête de l'identité.

Pour moi une petite déception par rapport aux autres ouvrages de Sylvie Germain lus jusqu'à maintenant. Je n'ai jamais pu entrer vraiment dans l'histoire.

Note 5/10

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couv33594815  LE TESTAMENT FRANCAIS d'AndreÏ MAKINE  - 1995 - Editions FOLIO 2002 - 343 pages

Ce qu'en dit l'éditeur

Je me souvenais qu'un jour, dans une plaisanterie sans gaîté, Charlotte m'avait dit qu'après tous ses voyages à travers l'immense Russie, venir à pied jusqu'en France n'aurait pour elle rien d'impossible [...]. Au début, pendant de longs mois de misère et d'errances, mon rêve fou ressemblerait de près à cette bravade. J'imaginerais une femme vêtue de noir qui, aux toutes premières heures d'une matinée d'hiver sombre, entrerait dans une petite ville frontalière. [...]. Elle pousserait la porte d'un café au coin d'une étroite place endormie, s'installerait près de la fenêtre, à côté d'un calorifère. La patronne lui apporterait une tasse de thé. Et en regardant, derrière la vitre, la face tranquille des maisons à colombages, la femme murmurerait tout bas : "C'est la France... Je suis retournée en France. Après... après toute une vie".

Les premières phrases

Encore enfant, je devinais que ce sourire très singulier représentait pour chaque femme une étrange petite victoire. Oui, une éphémère revanche sur les espoirs déçus, sur la grossiéreté des hommes, sur la rareté des choses belles et vraies dans ce monde. Si j'avais su le dire, à l'époque, j'aurais appelé cette façon de sourire "féminité"....

Un jeune garçon russe écoute avec passion et admiration sa grand mère raconter ses souvenirs de sa France natale. L'enfant se forge une image idyllique de la France, mais à l'adolescence il ressent le besoin d'être comme ses camarades, de se fondre dans la masse et tentera de rejeter cette "greffe française".
 En pleine quête identitaire, il sera écartelé entre deux langues, deux cultures. Des années plus tard, il quittera définitivement son pays pour la France.

Un beau roman, de beaux portraits ; on en apprend beaucoup sur l'histoire de la Russie. Le style est fluide et agréable. J'ai bien aimé.

Note 8/10

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30 janvier 2017

BILAN de LECTURE de JANVIER 2017

 

L'année 2017 commence bien avec huit livres lu en ce mois de Janvier et plus de belles surprises que de mauvaises.

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COUP DE COEUR :      Mes vrais Enfants de Jo WALTON

J'ai beaucoup aimé : Americanah de C.N ADICHIE

                     Après la nuit de Chevy STEVENS

                     Le Puits des Mémoires de Gabriel KATZ

J'ai aimé :          Le cadavre de Bluegate Fields d'A. PERRY

                     Le Testament français d' A. MAKINE

Je n'ai pas aimé :   L'Envol du Héron de K. HAGENA

                    L'inaperçu de Sylvie GERMAIN

 

 

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27 janvier 2017

LE PUITS DES MEMOIRES - T1 LA TRAQUE - G. KATZ

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LE PUITS DES MEMOIRES - T1  LA TRAQUE - de Gabriel KATZ - 2012 - Edition POCKET 2015 - 381 pages

Ce qu'en dit l'éditeur

Trois hommes se réveillent dans les débris d'un chariot accidenté en pleine montagne. Aucun d'eux n'a le moindre souvenir de son nom, de son passé, de la raison pour laquelle il se trouve là, en haillons, dans un pays inconnu. Sur leurs traces, une horde de guerriers, venus de l'autre bout du monde, mettra le royaume à feu et à sang pour les retrouver. Fugitifs, mis à prix, impitoyablement traqués pour une raison mystérieuse, ils vont devoir survivre dans un monde où règnent la violence, les complots et la magie noire.

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Les premières phrases

Au commencement étaient les ténèbres. Un monde où n'existaient ni le temps, ni la faim, ni la soif. Peut-être était-ce cela, la mort, une éternité dans un néant si étroit que l'on ne pouvait s'y tenir que recroquevillé, comme un enfant à naître. L'air était rare, moite, chargé d'une écoeurante odeur de bois humide. Il avait fallu s'accoutumer à respirer lentement, calmement, à petites bouffées.

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 Dans la montagne, en plein hiver, ils sont trois à reprendre connaissance au milieu des débris de leurs cages. Un quatrième n'a pas eu leur chance, il est mort avant même d'avoir pu se libérer. En contrebas gît le reste de leur convoi : une partie du chariot, quelques soldats en armes et leurs chevaux. Aucun des trois ne sait ni qui il est ni pourquoi il se trouve là, mais ils n'ont aucun doute sur leurs conditions : ils étaient prisonniers, escortés par de mystérieux soldats en armure noires et argent. Dans ces conditions, comment savoir où aller, de qui se méfier ? Parcequ'il est inconcevable pour un homme de ne pas avoir de nom, ils vont s'en choisir un : l'un sera Nils, le second Karib et le dernier Olen. Ils vont se lancer sur les routes, poursuivis par d'étranges mercenaires et une armée qui va bientôt envahir le pays tout entier à leur recherche. Les frontières sont gardées et une somme énorme est promise à celui qui permettra leur capture. Pas facile dans ces circonstances de passer inaperçus : ils vont être confrontés à leurs poursuivants à de nombreuses reprises, ce qui va leur permettre d'en savoir un peu plus sur eux même selon la manière dont ils réagissent aux attaques. Karib va se découvrir des talents de Mage de guerre, Nils de lanceur de couteau ; quant à Olen, il sait se servir d'une épée mais c'est aussi le joli coeur du trio : une conquête à chaque étape, ce qui va les mettre en danger plus d'une fois. Avant tout, ce qu'ils veulent c'est savoir comment ils ont perdu la mémoire, pourquoi et surtout comment la recouvrer.

Nous allons suivre ces trois hommes sans mémoire dans leur fuite à travers le pays. Sans qu'ils en connaissent la raison ils sont poursuivis par le Fils de la Lune guidé par un chien de la taille d'un cheval tout droit sorti de l'enfer. Ils sont contraints de s'engager dans l'armée régulière, vendre des légumes sur le marché ou de s'acoquiner avec une bande de mercenaires pour donner le change et vont décider de toujours faire front ensemble. Ils ne savent pas ce qui les liait avant leur amnésie - peut être étaient-ils les pires ennemis ? - mais leur nouvelle condition ne leur laisse pas beaucoup de choix.

Nos trois héros sont particulièrement charismatiques et attachants ; on fait leur connaissance petit à petit en même temps qu'eux mêmes se découvrent et je n'ai pu m'empêcher de me poser la question : qui sont-ils vraiment ? Si je connaissais leur passé, est-ce que je les trouverais aussi sympathiques ? Les personnages secondaires sont également bien campés: le Fils de la Lune surtout, particulièrement mystérieux. L'auteur nous donne dans ce tome une belle image du monde dans lequel évoluent ses personnages en décrivant Helion, ses habitants et ses principales villes. Dommage qu'il n'y ait pas de carte ce qui permettrait au lecteur d'avoir une idée plus globale de cet univers. Pour couronner le tout, le style de l'auteur est aisé, fluide, souvent teinté d'humour -nos trois héros se retrouvent à plusieurs reprises dans des situations cocasses - la tension monte tout au long du récit, sans temps morts.

En Bref

Une bonne intrigue, un rythme soutenu, des personnages attachants et un univers qu'on ne demande qu'à découvrir un peu plus, j'ai vraiment beaucoup aimé ce premier tome qui me donne très envie de lire les suivants.

stars-10stars-9

 

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22 janvier 2017

L'ENVOL DU HERON- K. HAGENA

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L'ENVOL DU HERON de Katharina HAGENA - Traduction de Corinna GEPNER - 2013 - Editions  ANNE CARRIERE - 293 pages

Ce qu'en dit l'éditeur

Ellen est somnologue et souffre cruellement d'insomnie. Tandis que les rames du métro de Hambourg vibrent sous ses pieds, elle pense à son pays natal, entre Rhin et usine de gravier, aux secrets de sa famille, aux hommes de sa vie, à ce qu'elle a aimé et perdu, à sa fille Orla qu'elle veut à la fois protéger du monde et aider à devenir une femme libre. Marthe chante dans la même chorale qu'Ellen. Il y a bien longtemps, son fils Lutz a disparu sans laisser de traces. Depuis, elle observe le monde qui l'entoure avec l'immobilité silencieuse du héron gris. Elle observe particulièrement Ellen et sa fille. Et son désir de justice grandit.

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Les premières phrases

Les signes sont partout.

Rien qu'une enveloppe, déjà, avec les signes postaus, timbres, tampons et code-barres, l'écriture de l'expéditeur - imprimée ou manuscrite, avec imprimante laser, encre, stylo bille ou feutre.

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 Ellen, médecin somnologue et elle-même insomniaque est revenue d'Irlande après avoir rompu avec Declan, un musicien alcoolique et volage.  Elle s'installe à Gründ, un petit village allemand, avec sa fille Orla née à Dublin dix sept ans auparavant. C'est à Grûnd qu'Ellen a grandi. Elle y retrouve ses parents Joachim et Heidrum. Cette dernière est maintenant dans le coma suite à un AVC et après avoir souffert pendant plusieurs années de la maladie d'Alzeimer. Elle y retrouve aussi Andrea son ami d'enfance devenu le facteur du village, rendu muet par de vieux souvenirs. Ellen va s'inscrire à la chorale du village dirigée par son père et dont font partie les protagonistes de ce récit. En plus d'Ellen, Joachim et Andrea (il ne parle plus, mais il chante....) il y a Benno un ancien patient d'Ellen, étudiant en Histoire et Marthe une vieille femme arrivée un beau jour au village sans que personne ne sache d'où elle vient.

Le récit que fait Ellen de sa vie durant une nuit d'insomnie alterne avec celui de Marthe qui ne se console pas de la disparition de son fils dix huit ans auparavant. Tous les personnages de ce récit ont en commun la disparition ou la perte d'un être cher. Pour Joachim c'est celle de sa femme Heidrum, pour Ellen la disparition de Lutz, son amant suite à laquelle elle est partie en Irlande. Marthe n'a toujours pas compris pourquoi  ni comment son fils était parti un jour sans donner d'explications, Andrea a perdu Ellen dont il était amoureux lorsqu'elle a quitté l'Allemagne et Benno se perd dans l'histoire de la disparition d'un soldat allemand auquel il consacre sa thèse. Les souvenirs remontent à la surface de la mémoire d'Ellen pendant que de son côté, Marthe se lamente. Tous se cherchent, s'épient sans se faire voir, essayent de trouver ce qui se cache en chacun d'eux. Le roman est truffé de symboles tels que les toiles d'araignées qui s'accumulent sous les ponts et les labyrinthes qu'Orla aime à construire. C'est un récit sur le sommeil, la disparition, la mémoire, mais aussi sur l'oubli, les secrets. Ce n'est qu'à la fin du récit que ceux-ci, pourtant bien enfouis, seront révélés. 

J'ai trouvé ce récit très brouillon. Dès le début on ne comprend ni qui parle, ni à quelle époque on est. Les souvenirs d'Ellen arrivent sans chronologie, ce qui nuit au rythme de l'histoire. Ce n'est qu'à partir d'une centaine de pages que j'ai réussi à m'y retrouver. Je suis restée durant toute ma lecture à l'extérieur de l'histoire. C'est dommage parce que le style de l'auteure est très poétique : il y a de magnifiques descriptions de la nature dans le journal de Marthe. Mais le tout manque cruellement de chaleur...

En bref

Une lecture qui ne me donne pas vraiment l'envie de me plonger dans Le goût des pépins de pomme, autre ouvrage de l'auteure, dans ma PAL depuis un moment déjà. Et j'ai clairement l'impression d'être passée à côté de quelque chose.

stars-105grises

 

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20 janvier 2017

AMERICANAH - C. NGOZI ADICHIE

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AMERICANAH de Chimamanda NGOZI ADICHIE - Traduction de  Anne DAMOUR - 2015 - Editions FOLIO 2016 - 685 pages

Ce qu'en dit l'éditeur

«En descendant de l’avion à Lagos, j’ai eu l’impression d’avoir cessé d’être noire.» Ifemelu quitte le Nigeria pour aller faire ses études à Philadelphie. Elle laisse derrière elle son grand amour, Obinze, éternel admirateur de l’Amérique, qui compte bien la rejoindre. Mais comment rester soi lorsqu’on change de pays, et lorsque la couleur de votre peau prend un sens et une importance que vous ne lui aviez jamais donnés ? De son ton irrévérencieux, Chimamanda Ngozi Adichie fait valser le politiquement correct et nous offre une grande histoire d’amour, parcourant trois continents d’un pas vif et puissant.

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Les premières phrases

Princeton, en été, n'avait pas d'odeur, et si Ifemelu appréciait le calme verdoyant de ses nombreux arbres, ses rues propres et ses majestueuses maisons, ses magasins aux prix subtilement exagérés et son air tranquille, immuable de grâce méritée, c'était cette absence d'odeur qui la séduisait le plus, peut-être parceque les autres villes américaines qu'elle connaissait dégageaient toutes des effluves caractéristiques.

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Americanah, c'est le surnom ironique que donnent les nigérians à ceux qui se sont expatriés en Amérique, puis sont revenus dans leur pays. Dans ce roman, l'auteure nous conte l'histoire d' Ifemelu, une jeune nigériane partie aux Etats Unis pour y poursuivre ses études. Elle espère y mener une vie plus facile, plus belle et s'installe chez sa tante, expatriée depuis plusieurs années. C'est lorsqu'elle arrive sur le sol américain qu'Ifemelu prend conscience qu'elle est noire : les gens la voient comme noire avant tout et non comme nigériane. Pour les américains, il n'y a que deux sortes de noirs : les noirs américains et les autres tous confondus : africains, caribéens...Et pour eux, race rime avec classe.....Désireuse de s'intégrer,  elle découvre peu à peu ce qu'une noire africaine doit faire ou ne pas faire pour se conformer aux codes en vigueur. Par exemple si elle veut trouver du travail, il lui faut impérativement défriser ses cheveux ; en effet une personne ayant les cheveux lissés, comme ceux des femmes blanches, est considérée comme plus sérieuse, plus professionnelle. Ifemelu a laissé Obinze,son amoureux, au pays. Lui aussi rêve de l'Amérique, mais il se verra refuser l'entrée de ce pays et devra se contenter de l'Angleterre où il vivra une expérience plutôt décevante. Ifemelu, elle, entre ses différentes expériences professionnelles - elle va finir par tenir un blog -, ses liaisons amoureuses et les dîners chez des amis blancs où règnent le politiquement correct et la condescendance va finir par assez bien s'intégrer sans trop perdre de son identité. Mais elle retournera quand même au Nigéria au bout de treize années et y retrouvera Obinze son premier amour.

Nous suivons Ifemelu depuis sa vie au Nigéria, puis son séjour en Amérique et enfin son retour au pays. La plus grande partie du récit se passe aux Etats Unis où cette jeune femme au caractère bien trempé va finir par trouver ses marques malgré les attitudes racistes et condescendantes des américains qu'elle croise ou même qu'elle fréquente. Pas d'agression ni de provocations, simplement le racisme quotidien, ordinaire, et omniprésent. Avec souvent beaucoup d'humour, l'auteure dresse un portrait impitoyable de la société américaine et nous décrit si bien l'expérience d'Ifemelu que par moment on arrive très bien à s'identifier à elle. J'ai admiré son caractère fort et sa détermination à s'intégrer dans la société malgré tout ce qu'elle voyait et entendait autour d'elle. La plupart des personnages sont sympathiques et attachants : Ifemelu, Obinze, la tante Uju, Dike. Le récit est entrecoupé par des extraits du blog d'Ifemelu dans lesquels elle se livre sans retenue. L'histoire d'amour entre les deux personnages principaux est secondaire mais amène un peu de douceur dans le récit.

En Bref

 Americanah est un roman qui fait réfléchir aux thèmes du racisme, de l'exil et de l'intégration. Mais l'auteur y parle aussi d'amour, d'amitié et d'entr'aide. Malgré quelques longueurs, je l'ai beaucoup apprécié.

stars-10stars-4

 

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