De Livre en Livres

20 janvier 2017

AMERICANAH - C. NGOZI ADICHIE

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AMERICANAH de Chimamanda NGOZI ADICHIE - Traduction de  Anne DAMOUR - 2015 - Editions FOLIO 2016 - 685 pages

Ce qu'en dit l'éditeur

«En descendant de l’avion à Lagos, j’ai eu l’impression d’avoir cessé d’être noire.» Ifemelu quitte le Nigeria pour aller faire ses études à Philadelphie. Elle laisse derrière elle son grand amour, Obinze, éternel admirateur de l’Amérique, qui compte bien la rejoindre. Mais comment rester soi lorsqu’on change de pays, et lorsque la couleur de votre peau prend un sens et une importance que vous ne lui aviez jamais donnés ? De son ton irrévérencieux, Chimamanda Ngozi Adichie fait valser le politiquement correct et nous offre une grande histoire d’amour, parcourant trois continents d’un pas vif et puissant.

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Les premières phrases

Princeton, en été, n'avait pas d'odeur, et si Ifemelu appréciait le calme verdoyant de ses nombreux arbres, ses rues propres et ses majestueuses maisons, ses magasins aux prix subtilement exagérés et son air tranquille, immuable de grâce méritée, c'était cette absence d'odeur qui la séduisait le plus, peut-être parceque les autres villes américaines qu'elle connaissait dégageaient toutes des effluves caractéristiques.

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Americanah, c'est le surnom ironique que donnent les nigérians à ceux qui se sont expatriés en Amérique, puis sont revenus dans leur pays. Dans ce roman, l'auteure nous conte l'histoire d' Ifemelu, une jeune nigériane partie aux Etats Unis pour y poursuivre ses études. Elle espère y mener une vie plus facile, plus belle et s'installe chez sa tante, expatriée depuis plusieurs années. C'est lorsqu'elle arrive sur le sol américain qu'Ifemelu prend conscience qu'elle est noire : les gens la voient comme noire avant tout et non comme nigériane. Pour les américains, il n'y a que deux sortes de noirs : les noirs américains et les autres tous confondus : africains, caribéens...Et pour eux, race rime avec classe.....Désireuse de s'intégrer,  elle découvre peu à peu ce qu'une noire africaine doit faire ou ne pas faire pour se conformer aux codes en vigueur. Par exemple si elle veut trouver du travail, il lui faut impérativement défriser ses cheveux ; en effet une personne ayant les cheveux lissés, comme ceux des femmes blanches, est considérée comme plus sérieuse, plus professionnelle. Ifemelu a laissé Obinze,son amoureux, au pays. Lui aussi rêve de l'Amérique, mais il se verra refuser l'entrée de ce pays et devra se contenter de l'Angleterre où il vivra une expérience plutôt décevante. Ifemelu, elle, entre ses différentes expériences professionnelles - elle va finir par tenir un blog -, ses liaisons amoureuses et les dîners chez des amis blancs où règnent le politiquement correct et la condescendance va finir par assez bien s'intégrer sans trop perdre de son identité. Mais elle retournera quand même au Nigéria au bout de treize années et y retrouvera Obinze son premier amour.

Nous suivons Ifemelu depuis sa vie au Nigéria, puis son séjour en Amérique et enfin son retour au pays. La plus grande partie du récit se passe aux Etats Unis où cette jeune femme au caractère bien trempé va finir par trouver ses marques malgré les attitudes racistes et condescendantes des américains qu'elle croise ou même qu'elle fréquente. Pas d'agression ni de provocations, simplement le racisme quotidien, ordinaire, et omniprésent. Avec souvent beaucoup d'humour, l'auteure dresse un portrait impitoyable de la société américaine et nous décrit si bien l'expérience d'Ifemelu que par moment on arrive très bien à s'identifier à elle. J'ai admiré son caractère fort et sa détermination à s'intégrer dans la société malgré tout ce qu'elle voyait et entendait autour d'elle. La plupart des personnages sont sympathiques et attachants : Ifemelu, Obinze, la tante Uju, Dike. Le récit est entrecoupé par des extraits du blog d'Ifemelu dans lesquels elle se livre sans retenue. L'histoire d'amour entre les deux personnages principaux est secondaire mais amène un peu de douceur dans le récit.

En Bref

 Americanah est un roman qui fait réfléchir aux thèmes du racisme, de l'exil et de l'intégration. Mais l'auteur y parle aussi d'amour, d'amitié et d'entr'aide. Malgré quelques longueurs, je l'ai beaucoup apprécié.

stars-10stars-4

 

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15 janvier 2017

APRES LA NUIT - Chevy STEVENS

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APRES LA NUIT de Chevy STEVENS - Traduction de Sebastian DANCHIN - 2015 - Editions POCKET 2016 - 459 pages

Ce qu'en dit l'éditeur

Adolescente, Toni Murphy avait des problèmes de son âge : une petite sœur avec laquelle elle ne s'entendait pas, une relation compliquée avec ses parents, des camarades parfois cruels. Mais lorsque sa sœur se fait sauvagement assassiner, sa vie et celle de son petit ami Ryan basculent. Le couple est accusé du meurtre. Ils passeront à l'âge adulte derrière des barreaux.
Aujourd'hui, Tony a 34 et rentre chez elle en liberté conditionnelle avec une seule idée en tête : ne pas s'attirer d'ennui. Mais, harcelée par celles-là même qui lui menaient la vie dure au lycée, soupçonnée par sa propre mère, elle doit d'abord rétablir la vérité sur cette terrible nuit, celle où elle a perdu sa sœur et sa jeunesse...

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Les premières phrases

J'ai suivi le gardien jusqu'au greffe, un carton contenant mes maigres affaires dans les mains. Quelques jeans, des T-shirts usés, des bricoles accumulées au fil des années, les bouquins auxquels je tenais, mon lecteur CD. Le type chargé de la levée d'écrou m'a tendu des papiers que j'ai signés d'une main tremblante. Les mots dansaient devant mes yeux.

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J'avais adoré Séquestrée le premier roman de Chevy Stevens et je n'ai donc pas manqué l'occasion de me plonger dans Après la nuit dès que je l'ai pu et je ne l'ai pas regretté, loin de là.

Toni, une adolescente, vit dans une petite ville de l'île de Vancouver entre ses deux parents et sa petite soeur Nicole. Comme beaucoup de jeunes de son âge elle traverse une période difficile ; en conflit avec son entourage, elle passe la majeure partie de son temps libre avec Ryan son petit ami dont elle est très amoureuse. Mais Ryan et surtout son père ont déjà eu affaire à la police ce qui fait que le garçon n'est pas vraiment apprécié par les parents de Toni et que celle-ci doive souvent faire le mur pour aller le rejoindre. Au collège aussi avec son caractère rebelle Toni s'attire l'inimitié des autres filles et bientôt les affrontements tournent au harcèlement. A la maison elle est sans cesse dépréciée par sa mère qui n'en a que pour Nicole qu'elle considère comme une fille modèle. Lorsqu'on retrouve le cadavre de Nicole une nuit au bord du lac ou les adolescents ont l'habitude de se retrouver pour faire la fête, c'est tout de suite Toni et Ryan qu'on accuse. Malgré leurs dénégations, ils vont être reconnus coupables du meurtre et condamnés à quinze ans de prison. Pendant toutes ces années, ils ne vont avoir qu'une idée : prouver leur innocence. Mais à leur libération, ils vont s'apercevoir que cela ne va pas être si facile qu'ils le pensaient. Certains ont tout intérêt à ce que la vérité reste à jamais enfouie.

L'intérêt de ce thriller, ce n'est pas de savoir qui a tué Nicole : cela on le devine tout de suite. Ce qu'on ne sait qu'à la fin du récit, c'est pourquoi, et ça jamais au cours de ma lecture je ne m'en suis doutée. Chevy Stevens maintient une tension psychologique extrême du début à la fin du récit. Les personnages principaux sont attachants : on souffre vraiment avec Toni qui s'enfonce de plus en plus dans le rejet de son entourage ainsi que lors de son séjour en prison. Après avoir subi tous ces affrontements avec ses camarades de collège et sa famille, elle doit de nouveau se battre avec ses codétenues pour pouvoir s'imposer et trouver sa place. Quinze ans d'enfermement c'est long et c'est un travail de tous les jours qu'elle doit entreprendre pour ne pas sombrer dans le désespoir. Et quand enfin elle sort de prison, personne ne lui fait plus confiance.

Malgré une fin amenée un peu facilement : je me suis toujours demandée dans ces cas là pourquoi les coupables faisaient leurs aveux à leurs victimes, même s'ils étaient sûrs de s'en tirer, j'ai beaucoup aimé ce thriller. La psychologie des personnages, même secondaires, est très habilement décrite, l'intrigue haletante, la tension permanente. C'est encore un page turner très réussi.

En bref

Une lecture incontournable pour les amateurs de thrillers psychologiques.

stars-10stars-7

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08 janvier 2017

LES LUMIERES DE SEPTEMBRE - Carlos RUIZ ZAFON

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LES LUMIERES DE SEPTEMBRE de Carlos RUIZ ZAFON - 2012 - Editions Robert LAFFONT- 279 pages.

Ce qu'en dit l'éditeur

1937.
La mort de son mari l’ayant laissée sans revenus, Simone Sauvelle accepte de quitter Paris pour occuper un emploi de secrétaire particulière en Normandie. Lazare Jann, son employeur, est un génial inventeur de jouets. Il vit dans une immense propriété en compagnie de sa femme, très malade.  Simone Sauvelle, sa fille Irène, quinze ans, et Dorian, son jeune fils, sont immédiatement séduits par la grande gentillesse de Lazarus.
Ils tombent aussi sous le charme de Cravenmoore, son extraordinaire demeure. Composée d’innombrables pièces et corridors qui se perdent dans l’obscurité, elle est peuplée de marionnettes qui semblent mener une existence indépendante. Hannah, la jeune domestique de Lazarus, devient vite l’amie d’Irène, à laquelle elle présente Ismaël, son beau cousin. Et très naturellement les deux adolescents tombent amoureux l’un de l’autre, tandis qu’une douce amitié rapproche Lazarus et Simone.
C’est alors qu’une force criminelle prend possession de Cravenmoore.........

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Les premières phrases

Paris 1936

Ceux qui se souviennent de la nuit où est mort Armand Sauvelle jurent qu'un éclair pourpre a traversé la voûte du ciel, traçant une traînée de cendres embrasées qui s'est perdue à l'horizon ; un éclair que sa fille Irène n'a pas pu voir, mais qui par la suite a hanté ses rêves des années durant. C'était par un petit matin d'hiver, et les vitres de la salle numéro quatorze de l'hôpital Saint-Georges étaient voilées d'une fine pellicule de givre qui dessinait des aquarelles fantomatiques de la ville dans les ténèbres dorées de l'aube.

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Etant donné que j'avais adoré la trilogie du Cimetière des livres oubliés, j'avais très envie de découvrir celle dont fait partie Les Lumières de Septembre. Erreur de jugement ! Je savais pourtant que cette dernière avait été écrite par l'auteur pour un public "jeune", une dizaine d'années auparavant et que c'étaient ses premiers ouvrages......Du reste, l'auteur en avertit ses lecteurs dans une note au début du récit. Je ne regrette pas vraiment ma lecture, mais je reconnais que j'ai été un peu déçue.

L'histoire débute en 1936. Armand Sauvelle vient de mourir laissant sa famille dans le besoin. Mais Simone Sauvelle, sa veuve, reçoit bientôt une offre d'emploi inespéré. Un ancien fabriquant de jouets, Lazarus Jann, lui propose de quitter Paris pour venir s'établir sur la côte normande avec ses deux enfants Irène et Dorian. Lazarus a besoin d'une personne capable d'occuper les postes de secrétaire et de bibliothécaire. Le salaire semble raisonnable et ils seront logés dans une petite maison qui fait face à celle de leur employeur. La famille s'adapte bien à sa nouvelle vie : Simone aime son travail, Dorian se passionne pour les jouets de Lazarus et Irène tombe amoureuse d'un jeune et beau marin. Le fabriquant de jouets a tout d'un bienfaiteur et pourtant la famille Sauvelle s'aperçoit bien vite qu'une étrange atmosphère pèse sur le domaine de Cravenmoore. Le manoir est peuplé d'une multitude d'automates qui semblent avoir leur propre vie. A cela s'ajoute l'interdiction formelle de pénétrer dans l'une des ailes du château où vit Alexandra, l'épouse de Lazarus, victime d'un terrible accident une dizaine d'années auparavant. Puis, un meurtre étrange achève de semer le doute dans les esprits.

Le lecteur se retrouve plongé dans l'univers si particulier de Zaffon, où le réel et l'imaginaire se rencontrent et parfois se confondent. Un manoir gothique aux couloirs interminables, des êtres mécaniques qui semblent obéir à une mystérieuse entité, des passages secrets, une grotte souterraine, une ombre maléfique qui plane au dessus du domaine : tout est là pour tenir le lecteur en haleine. On y retrouve aussi l'écriture imagée de l'auteur

Et pourtant j'ai été déçue : Les lumières de Septembre n'a pas - et de loin- l'envergure, la force des romans de la trilogie du Cimetière des livres oubliés. C'est vraiment un livre pour ados et je pense que la plupart de ceux qui aiment le fantastique l'adoreraient. Les jeunes héros sont attachants, tous deux au seuil de leur vie d'adultes : Irène à la fois sage mais curieuse de tout et très attirée par Ismaël ; celui-ci courageux au fort caractère mais tendre et loyal. Dorian, plus jeune est plus en retrait. Quant à Lazarus, on ne sait quoi trop en penser tout au long du récit : il semble tantôt diabolique, tantôt victime d'une étrange malédiction.

Tous les ingrédients sont là pour faire un récit passionnant : l'amour, l'aventure, le mystère, le fantastique, mais il ne m'a accroché à aucun moment.

En Bref

Du bon Zaffon, mais à réserver à un public ado et jeune adulte.

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04 janvier 2017

EN QUELQUES MOTS - Décembre 2016 -

 

EN QUELQUES MOTS

Etant donné que je n'ai pas le temps de chroniquer toutes mes lectures, j'ai décidé de consacrer quand même quelques mots à celles qui jusque là étaient simplement mentionnées dans mes bilans mensuels afin d'en garder une trace. C'est pourquoi j'ai créé cette rubrique....

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ULTIME TEMOIN de Jilliane HOFFMAN - Traduction de Jean ESCH - 2006 - Editions FRANCE LOISIRS - 478 pages

Ce qu'en dit l'éditeur

Des flics en patrouille sont traqués, puis sauvagement assassinés. Pour Dominique Falconetti, l’agent spécial chargé de l’enquête, les indices semblent établir un lien avec le milieu de la drogue : toutes les victimes étaient mêlées à des activités illicites. Mais C.J. Townsend, la procureure de Miami, a une tout autre explication. Seulement, elle ne peut rien dire sans courir le risque de remettre un fou en liberté…

Les premières phrases                                            

Les lourdes portes en bois de la salle de tribunal s'ouvrirent et l'un des battants cogna contre le dossier de la chaise sur laquelle le surveillant de prison jouait avec le bouton-pression de son coupe-vent vert. L'inspecteur entra dans la salle et remonta lentement l'allée centrale ; ses chaussures cirées produisaient un bruit sourd sur la moquette beige élimée.

Un bon polar américain sans temps morts. L'intrigue est bien construite. Bon point : je n'ai pas découvert qui était le coupable avant la fin.

Note : 7.5/10

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RUTLAND PLACE d'Anne PERRY - Traduction de Anne Marie CARRIERE -  1998 - Editions 10/18 - 315 pages

" Anne Perry prend un formidable plaisir (et nous aussi) à imaginer des enquêtes policières à la fin du siècle dernier dans une Angleterre victorienne.
Elle en profite pour faire, sans avoir l'air d'y toucher, une enquête sociologique, une revue de mode (chaque robe est décrite avec minutie) et une critique redoutable de cette société enfermée dans ses principes, ses traditions, ses habitudes. L'auteur évoque aussi parfois les bas-fonds à la Dickens. Et le tout fait des polars haletants, amusants, excitants. Même quand on n'aime pas d'habitude la littérature policière.
" Marie-Françoise Leclerc, Marie-France.

Les premières phrases

Charlotte Pitt dévisagea avec surprise le garçon de courses et lui prit la lettre des mains. Les yeux ronds et vifs du jeune homme lui rendirent son regard. "Pourvu qu'il n'attende pas un pourboire", songea-t-elle. Leur récent emménagement    
                                     dans  cette nouvelle maison, plus spacieuse et plus aérée que la précédente, avec sa chambre d'amis et son minuscule
                                     jardin, avait mobilisé toutes leurs économies.

Cinquième volet des enquêtes de Thomas et Charlotte Pitt, Rutland Place met la famille Ellison au coeur d'une affaire de vols. La mère de Charlotte a quelques petits secrets et tremble de les voir dévoilés. L'enquête en sera encore plus délicate pour Charlotte et sa soeur Emily.

Anne Perry excelle vraiment dans ses descriptions de la bonne société londonnienne du 19ème siècle. Je me régale à chaque lecture de ses ouvrages.

Note : 7/10

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L'OISEAU DE MAUVAIS AUGURE de Camilla LÄCKBERG - Traduction de Lena GRUMBACH et Catherine MARCUS - 2014 - Editions ACTES SUD - 365 pages.

L'inspecteur Patrik Hedström est sur les dents. Il voudrait participer davantage aux préparatifs de son mariage avec Erica Falck, mais il n'a pas une minute à lui. La ville de Tanumshede s'apprête en effet à accueillir une émission de téléréalité et ses particiapants avides de célébrité, aussi tout le commissariat est mobilisé pour éviter les débordements de ces jeunes incontrôlables. Hanna Kruse, la nouvelle recrue, ne sera pas de trop. D'autant qu'une femme vient d'être retrouvée morte au volant de sa voiture, avec une alcoolémie hors du commun. La scène du carnage rappelle à Patrik un accident similaire intervenu des années auparavant. Tragique redite d'un fait divers banal ou macabre mise en scène ? Un sombre pressentiment s'empare d' l'inspecteur. Très vite, alors que tout le pays a les yeux braqués sur la petite ville, la situation s'emballe. L'émission de téléréalité dérape. Les cadavres se multiplient. Un sinistre schéma émerge...

Les premières phrases

"Il se souvenait surtout de son parfum. Celui qu'elle rangeait sur l'étagère de la salle de bains. Le flacon mauve scintillant à l'odeur lourde et sucrée. Adulte, il était un jour entré dans une parfumerie pour le retrouver et avait souri en découvrant le nom : Poison."

Encore une série policière que je suis et que j'aime bien. L'Oiseau de mauvais Augure est le quatrième tome des enquêtes de Patrick Hedström, mais ce n'est pas celui qe j'ai préféré. On continue à suivre la vie de l'inspecteur et de sa femme Erika. Anna, la soeur de cette dernière s'est installée chez eux avec ses enfants après la mort de son mari. De son côté, Hedström enquête parallèlement sur des meurtres qui ne paraissent avoir aucun liens entre eux et sur celui d'une participante à un jeu de téléréalité.

J'ai moins aimé ce volet que les précédents, il m'a paru plus embrouillé, il m'a moins accroché que les autres.

Note : 6.5/10

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01 janvier 2017

BILAN de LECTURE de DECEMBRE

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Bien que Décembre ne soit pas en général un mois très propice à la lecture, j'ai quand même lu huit romans ce mois-ci....Pas vraiment de coups de coeur mais plusieurs livres que j'ai beaucoup aimés.

J'ai beaucoup aimé : Le Sang versé d'Asa LARSSON

                     Le grand Jeu de Céline MINARD

                     Les portes du néant de Samar YAZBEK

J'ai aimé          : Ultime Témoin de J. HOFFMAN

                     Rutland Place d'Anne PERRY

                     Orphelins de Dieu de Marc BIANCARELLI

J'ai moins aimé    : L'Oiseau de mauvais augure de C. LÄCKBERG

                     Les Lumières de Septembre de C.RUIZ ZAFFON

Je suis très en retard pour mes chroniques, je mettrais les liens quand je les aurais publiées.

 

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18 décembre 2016

LES PORTES DU NEANT - S. YAZBEK

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LES PORTES DU NEANT - Traduction de Rania SAMARA - Mars 2016 - Editions STOCK - 306 pages

Ce qu'en dit l'éditeur

Figure de l’opposition au régime de Bachar al-Assad, Samar Yazbek est contrainte de quitter son pays tant aimé en juin 2011. Depuis son exil, elle ressent l’urgence de témoigner. Au mépris du danger, elle retourne clandestinement dans son pays, en s’infiltrant par une brèche dans la frontière turque. Trois voyages en enfer dans la région d’Idlib où elle vit de l’intérieur l’horreur de la guerre civile, aux côtés des activistes. Des premières manifestations pacifiques pour la démocratie, à la formation de l’Armée Syrienne Libre, jusqu’à l’émergence de l’État islamique, Samar Yazbek livre un témoignage courageux sur le quotidien des combattants, des enfants, des hommes et des femmes ordinaires qui luttent pour survivre. Elle dit l’odeur de la terre après l’explosion d’une bombe, l’effroi dans le regard des mères, les corps mutilés ; elle dit l’une des plus grandes tragédies du xxie siècle.

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Les premières phrases

Les barbelés me lacérèrent el dos. J'étais secouée de tremblements incontrôlables. Après de longues heures passées à attendre la tombée de la nuit pour éviter d'attirer l'attention des doldats turcs, je levai enfin la tête et regardai le ciel qui virait au noir. Sous les barbelés qui délimitaient la frontière, on avait creusé un fossé juste assez grand pour une personne.

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Samar Yazbek est une journaliste et écrivaine syrienne. En 2011 elle prend part aux manifestations pacifiques contre la dictature de Bachar El Assad ; elle est arrêtée et emprisonnée. A sa libération, menacée de mort par les services secrets syriens, elle décide de se réfugier en France avec sa fille, mais elle vit très mal cet exil. Elle pense que la révolution sera de courte durée, que la Syrie deviendra alors un pays laïc. Elle décide alors à plusieurs reprises de retourner clandestinement en Syrie pour apporter son aide et préparer "l'après El Assad" . Pour cela elle fonde une association destinée à mettre en place des écoles pour les enfants et des centres de formation pour apprendre aux femmes à créer des micro-projets destinés à assurer leur indépendance et leur survie. En effet, beaucoup sont maintenant veuves avec de nombreux enfants.

Dans "Les portes du néant", Samar Yazbek relate les trois incursions qu'elle a effectuées en Syrie entre 2012 et 2013. Le récit est partagé en trois parties : 3 Portes, 3 cercles d'un enfer de feu et de sang. Trois séjours durant lesquels elle va donner la parole à des familles mais surtout à des combattants des différentes factions, appartenant aussi bien à l'armée syrienne qu'à l'armée des rebelles ou aux groupes islamistes plus ou moins radicaux.

Elle fait une promesse à tous ces laissés pour compte : ceux qui n'ont pu fuir faute de moyens, et à ceux qui se battent pour un monde meilleur, ignorés par la communauté internationale. Elle écoute leur histoire, leurs préoccupations, leurs espoirs et elle va en faire un livre pour que le monde entier sache ce qu'ils vivent. Pendant quelques semaines à chacun de ses séjours, elle va partager avec eux les dangers, l'angoisse devant les pluies ininterrompues d'obus ou les larguages de barils d'explosifs par hélicoptères, l'horreur quand les attaquent prennent fin et qu'ils découvrent les nombreux blessés et les cadavres. La mort est omniprésente et peut survenir à tout moment. La population est prise en otage entre le régime qui les anéantit et les groupes islamistes qui veulent leur ôter leur identité et qui les terrorisent. La seule chose qui lui réjouisse le coeur, c'est l'innocence et la bonne humeur d'Aala, la petite fille de la famille chez qui elle a résidé lors de son premier voyage et qu'elle a revue ensuite à plusieurs reprises. La fraîcheur de cette enfant et la chaleur de l'hospitalité de ses compatriotes qui offrent tout même quand ils n'ont plus rien ont aidé Samar Yazbek à vivre toutes ses épreuves et a supporter le récit de tous ces malheureux pour le restituer dans son livre.

Dans les portes du néant, Salmar Yazbek nous apporte un témoignage indispensable pour tenter de comprendre ce qui se passe en Syrie et pourquoi les syriens fuient leur pays au prix de leur vie. A nous européens à qui les informations sur ce drame n'arrivent qu'au compte goutte.

En Bref

Un livre pas si facile à lire parcequ'il nous fait prendre conscience de l'horreur que vit ce peuple depuis plusieurs années. Mais il m'a beaucoup appris sur cette guerre qui ne dit pas son nom.

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17 décembre 2016

ORPHELINS DE DIEU - Marc BIANCARELLI

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ORPHELINS DE DIEU de Marc BIANCARELLI - 2014 - Editions ACTE SUD - 236 pages

Ce qu'en dit l'éditeur

Résolue à venger son frère, à qui quatre répugnantes crapules ont tranché la langue sans oublier de le défigurer, Vénérande, jeune paysanne au coeur aride, s'adjoint les services de L'Infernu, tueur à gages réputé pour sa sauvagerie, et s'embarque avec lui dans une traque sanguinaire à travers les montagnes corses du XIXe siècle.

Au gré de leur chevauchée vers la tanière des Santa Lucia - la fratrie à abattre -, L'Infernu raconte à sa « disciple » son engagement, jadis, dans l'armée des insoumis, meute de mercenaires sans foi ni loi prompte à confondre patriotisme, geste guerrière et brigandage éhonté, semant terreur et chaos de vallées escarpées en villages désolés, de tavernes et bordels immondes en marécages infestés. L'abandon avec lequel L'Infernu se livre à Vénérande, au terme d'une existence passée à chercher en vain son humanité au-delà du chaos des armes, confère au sanglant baroud d'honneur de ce vaincu de l'Histoire les vertus d'une ultime et poignante transmission, qui culmine lors de l'assaut final.

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Les premières phrases

Une maison en pierres séches posée sur la plateforme arasée, au sommet de la colline. Aucune branche haute des oliviers des coteaux ne parvenait à la masquer rééllement, elle n'avait pas d'âge. La base des murs semblait d'une plus grande ancienneté, indeterminée, composée au fruit de blocs rustiques et quasi cyclopéens qui s'élevaient sur un pan en rétrécissant et en laissant deviner la première existence d'une tour de guet.

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Marc Biancarelli situe l'action de son roman au coeur des montagnes corses, à la fin du 19ème siècle, au moment de la chute du second Empire. Vénérande, une jeune paysanne qui vit avec son frère dans une ferme isolée se met en quête d'un tueur à gages. En effet, alors qu'il gardait ses moutons, le garçon a été attaqué quelques temps auparavant par une bande de malfrats. Non contents de le laisser pour mort, ils lui ont coupé la langue. Le jeune homme a survécu mais les coups qu'il avait reçus à la tête l'ont laissé un peu demeuré et surtout il ne peut plus parler. Pendant deux ans, Vénérande a interprété ses balbutiements et ses gestes pour avoir une description précise de ses agresseurs. Maintenant qu'elle peut à son tour les décrire elle va  s'adresser à Ange Colomba, dit l'Infernu. Ancien mercenaire, puis bandit de grand chemin, devenu tueur à gages autant par nécessité que par goût, réputé dans toute l'île et même au-delà pour sa cruauté et sa sauvagerie, c'est maintenant un homme malade, vieillissant, rongé par l'alcool. Il accepte pourtant le contrat que lui propose la jeune femme ; ce sera le dernier, celui qui lui permettra de se retirer dans un monastère - non pour demander l'absolution de ses crimes - mais pour y mourir dignement.

L'Infernu connait les brigands qui ont attaqué Petit Charles, et entame alors avec Vénérande une longue chevauchée qui va les mener à leur repaire. Chemin faisant il raconte sa vie à la jeune paysanne, ses années de combats, de rapines et de pillage. Petit à petit son récit devient une confession et à l'écouter, Vénérande animée par cet esprit de vengeance, comprend que son propre destin vient de basculer, comme l'a fait autrefois celui d'Ange Colomba.

Orphelins de Dieu est un roman épique, âpre et violent. La plume de Marc Biancarelli tantôt lyrique, tantôt rude comme les chemins abrupts et caillouteux que parcourent ses personnages est toujours imagée. Il brosse si bien les paysages et les portraits que le lecteur se trouve emporté malgré lui aux côtés des personnages dans leur cheminement et même au coeur des batailles.

En Bref

Un récit très fort servi par une écriture puissante.

stars-10stars-6

 

 

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11 décembre 2016

LE GRAND JEU - C MINARD

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LE GRAND JEU de Céline MINARD - 2016 - Editions RIVAGES - 192 pages

Ce qu'en dit l'éditeur

Installée dans un refuge high-tech accroché à une paroi d’un massif montagneux, une femme s'isole de ses semblables pour tenter de répondre à une question simple : comment vivre ? Outre la solitude, elle s’impose un entraînement physique et spirituel intense fait de longues marches, d’activités de survie, de slackline, de musique et de la rédaction d’un journal de bord. Saura-t-elle « comment vivre » après s’être mise à l’épreuve de conditions extrêmes, de la nature immuable des temps géologiques, de la brutalité des éléments ? C’est dans l’espoir d’une réponse qu’elle s’est volontairement préparée, qu’elle a tout prévu. Tout, sauf la présence, sur ces montagnes désolées, d’une ermite, surgie de la roche et du vent, qui bouleversera ses plans et changera ses résolutions... Avec son style acéré, Céline Minard nous offre un texte magnifique sur les jeux et les enjeux d'une solitude volontaire confrontée à l’épreuve des éléments.

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Les premières phrases

Les cinq hommes sont repartis avant que le soleil ne passe derrière la montagne. Le pilote préfère éviter les vols de nuit et les huit voyages qu'il a effectué aujourd'hui avec ces longues minutes de stationnaire précis ont requis suffisamment de son attention pour qu'il ait envie de se détendre dans la vallée. Les quatre techniciens étaient dans cet état de fatigue euphorique que procure le travail accompli, ils ne pensaient qu'à redescendre, prendre un peu de repos, retrouver leur foyer.

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Une femme, la narratrice, dont on ne connaîtra ni le passé ni même le nom, s'isole au coeur de la montagne où elle a acheté un espace de 200 ha et fait construire un abri moderne et bien équipé. De son cocon accroché à la paroi rocheuse, surplombant le vide, elle a vue sur tout son territoire fait de roches, de bois et de prés. On ne connaîtra pas non plus les motivations qui l'ont poussée à cet isolement sinon qu'elle veut expérimenter une vie loin des autres, n'interagir qu'avec la nature et essayer de trouver des réponses aux questions qu'elle se pose sur elle-même, trouver des règles de vie et peut être un sens à son existence.

"Tous les matins, il faut se souvenir qu'on rencontrera un ingrat, un envieux, un imbécile -  tant qu'on est en position de croiser un homme. Tous les matins, il faut se demander : qui suis-je ? Un corps ? Une fortune ? Une réputation ? Rien de tout cela. Qu'ai-je négligé qui conduit au bonheur ?"

Elle commence à écrire un journal de bord, défriche un bout de terrain pour faire un potager, abat des arbres qu'elle débite en rondins qui délimiteront son jardin, joue du violoncelle de temps en temps, et surtout se lance dans de grandes courses en montagne pour reconnaître son domaine, partant souvent plusieurs jours et dormant à la belle étoile. Elle gère son quotidien de manière raisonnée : beaucoup d'activités physiques, peu de repos sauf quand le temps est si mauvais qu'elle ne peut pas sortir de son abri. Tout va bien pour elle, les seuls intrus sur son domaine sont les isards qu'elle aperçoit au loin et les oiseaux, jusqu'au moment où lors d'une de ses nombreuses marches, elle aperçoit une cabane, puis quelque chose qui ressemble à un tas de laine d'où sort un bras terminé par un doigt à l'ongle long de vingt centimètres. Elle avait calculé tous les paramètres nécessaire à sa vie en autarcie, mais n'avait pas prévu l'intrusion dans son domaine d'une autre personne, et celle-ci qui s'avère être une sorte de nonne ermite un peu envahissante va bouleverser tous ses plans.

Je me suis demandée à un certain moment de ma lecture (et je me le demande encore !) si cette ermite était réelle ou si c'était un produit de l'imagination de la narratrice, une sorte d'hallucination. Surtout qu'elle ne se refuse pas de temps en temps de sortir quelques bouteilles de rhum de sa réserve, qu'elle envisage de se faire des pulvérisations de cannabis pour soigner ses douleurs et compare le goût de l'eau qu'elle boit à celui du LSD. Si on rajoute à cela les effets de la solitude il y a de quoi se poser des questions. Mais hallucinations ou pas cela n'a pas vraiment d'importance... Cette femme, qui avait tout fait, tout prévu pour se ménager une expérience de vie pratiquement scientifique qui lui permettrait de définir comment vivre, se retrouve confrontée à ce personnage qui lui est diamétralement opposé. Fantasque, imprévisible, déjantée, l'ermite apparaît aux moments ou la narratrice s'y attend le moins et agit d'une manière complètement excentrique. C'est comme si, se croyant seule, elle rencontrait son double inversé. En allant vers elle, en la suivant, en osant partager ses jeux, la narratrice a t-elle trouvé son maître et par là même réponse à ses questions ? Est-ce cela le Grand Jeu ? Celui qu'on n'a jamais osé et qui permet de franchir le pas vers une nouvelle prise de conscience ?

C'est encore une fois un roman très bien écrit et très original que Céline Minard nous propose ici, une sorte d'ovni littéraire. C'est bien le journal de bord de cette femme que nous lisons. La première partie est plutôt froide, comme si la narratrice relatait des observations scientifiques, puis avec l'apparition de l'ermite, les émotions font leur apparition : on la sent peu à peu intriguée, en colère, puis carrément curieuse, prête à sortir de sa coquille, et finalement incapable de résister. Malgré le vocabulaire propre à l'alpinisme très présent dans le récit qui m'a un peu gênée, je l'ai lu pratiquement d'une traite.

En Bref

Encore une belle surprise qui me donne envie de découvrir les premiers ouvrages de cette auteure.

 

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07 décembre 2016

LA MAISON DU SOMMEIL - J. COE

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LA MAISON DU SOMMEIL de Jonathan COE - Traduction de Jean PAVANS - 1998 - Editions GALLIMARD - 425 pages

Ce qu'en dit l'éditeur

De bien curieux événements se déroulent à Ashdown, inquiétante demeure perchée sur une falaise des côtes anglaises. Naguère, c'était une résidence universitaire, où se sont croisés Sarah la narcoleptique, Gregory le manipulateur, Veronica la passionnée, Robert l'amoureux transi, Terry le cinéphile fou. Leurs destins ont divergé, mais les spectres du passé continuent de hanter Ashdown, devenue une clinique où le sinistre docteur Dudden se livre à de monstrueuses expériences sur les troubles du sommeil. Par quelles mystérieuses coïncidences tous les personnages vont-ils s'y retrouver ? Et quelles transformations vont-ils y subir ?
Une fresque foisonnante et rigoureuse, où l'illusion amoureuse va jusqu'à l'extrême limite de sa réalisation, et où la vérité sort toujours des rêves.

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Les premières phrases

" C'était leur dispute finale, ça c'était clair. Mais il avait beau s'y attendre depuis des jours, peut être des semaines, rien ne pouvait endiguer le flot de colère et de rancoeur qu'il sentait à présent monter en lui. Elle était dans son tort, et avait refusé de l'admettre. Chaque argument qu'il avait tenté d'avancer, chaque effort pour se montrer raisonnable et conciliant avait été déformé, distordu et retourné contre lui."

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Dans les années 80, un groupe d'étudiants partage une vieille demeure anglaise nommée Ashdown, perchée au bord d'une falaise à pic. Parmi eux, Sarah qui est neuroleptique sans le savoir, Grégory étudiant en médecine, Terry qui étudie le cinéma, dort quatorze heures par jour, mais ne peut se souvenir de ses rêves paradisiaques, Véronica passionnée par la littérature féministe et Robert amoureux en silence de Sarah. Douze ans après, Ashdown est devenue une clinique dirigée par le Dr Dudden, spécialiste du sommeil. Pour lui, le sommeil n'est qu'une maladie et il a entrepris des recherches et des travaux afin de l'éradiquer.

Leurs études terminées, les personnages vont se séparer, entrer dans la vie active et se perdre de vue pendant la douzaine d'années qui sépare ces deux périodes. En Juin 96, ils vont se retrouver par hasard à Ashdown. L'auteur a choisi de faire alterner les chapitres concernant ces deux époques. Les chapitres impairs se déroulent dans les années 83-84 où l'on suit les personnages alors qu'ils sont encore étudiants, et les chapitres pairs raportent les événements survenus à la clinique du sommeil pendant une période de deux semaines en Juin 1996 . Ainsi l'histoire est racontée chronologiquement mais en alternance entre ces deux époques, souvent répétée et vue sous plusieurs angles différents.

Malgré les qualités indéniables de ce roman : originalité de la construction, richesse des caractères, intensité du rythme, sans omettre l'humour - très anglais - de Jonathan Coe, je n'ai pas du tout été séduite. Pourtant le thème, celui du sommeil est intéressant, de même que les réflexions sur l'amour obsessionel, la psychanalyse, le rêve et le destin que le récit inspire. J'ai eu un peu de mal avec la construction du récit et l'aternance du temps, et certains passages m'ont profondément ennuyée, comme ceux consacrés aux dissertations cinématographiques de Terry.

En Bref

La Maison du Sommeil est pour moi un roman à classer dans les déceptions. Dommage, il a beaucoup de qualités et le récit en lui-même n'est pas ininteressant, mais je n'y ai pas vraiment accroché. C'était le premier livre que je lisais de cet auteur mais malgré que je ne l'ai pas beaucoup aimé je retenterai avec un autre des romans de Jonathan Coe.

 

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LE SANG VERSE - A. LARSSON

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LE SANG VERSE d'Asa LARSSON - Traduction de Caroline BERG - 2014 - Editions LE LIVRE DE POCHE 2016 - 504 pages

Ce qu'en dit l'éditeur

À 145 kilomètres du cercle polaire, dans l’atmosphère crépusculaire du Grand Nord, un petit village aux environs de Kiruna, ville natale de l’avocate fiscaliste Rebecka Martinsson, est sous le choc : le pasteur de la paroisse – une femme – vient d’être assassiné : son corps a été sauvagement mutilé et pendu à l’orgue de son église. Après un long congé maladie, Rebecka, en mission là-bas pour son cabinet d’avocats, remonte la piste de cette affaire qui réveille le souvenir traumatisant d’un autre meurtre, celui d’un pasteur également, un an plus tôt.

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Les premières phrases

"Je suis recroquevillé sur l'étroite banquette de la cuisine. Incapable de dormir. En plein coeur de l'été les nuits sont trop claires et n'incitent pas au repos. La pendule en face de moi va bientôt sonner une heure."

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Mildred Nilsson, la pasteure du petit village de Jukkasjärvi est retrouvée assassinée, pendue à l'orgue de l'église. Nous sommes dans le nord de la Suède non loin du cercle polaire, au début du mois de Septembre époque de l'année où le soleil ne se couche pas. Le moins que l'on puisse dire, c'est que Mildred n'était pas appréciée de tous ses paroissiens. Féministe convaincue elle s'était mise à dos la presque totalité de la population masculine du village. Et en plus de pousser les femmes à s'émanciper, elle avait créé une association dont le but était de protéger une louve qui vivait dans les forêts avoisinantes, s'attirant ainsi les foudres des chasseurs. Trois mois après, les inspecteurs Sven Erick Stanalcke et Anna Maria Mella n'ont toujours pas avancé dans leur enquête. Pas de piste, pas d'indices et quant au mobile, il pouvait concerner à peu près tous les hommes de la paroisse, sans compter certaines de leurs épouses. C'est Rebecka Martinsson, une avocate, en arrêt maladie suite à une grave dépression, et originaire de la région, qui va se pencher sur l'affaire et tenter de découvrir le meurtrier.

Le Sang versé est le deuxième tome d'une série mettant en scène Rebecka, et comme je n'avais pas lu le premier, je me suis sentie un peu dépaysée au début du récit. En effet il est fait référence à plusieurs reprises aux événements qui se sont déroulés précédemment qui concernaient aussi un meurtre de pasteur et dans lesquels Rebecka avait une place importante. On comprend vite que c'est une femme brisée par ce qu'elle a vécu. Elle a du mal a reprendre pied dans la vie active malgré le fait que son cabinet continue à l'employer de temps en temps pour ne pas qu'elle s'isole trop. C'est du reste ce qui l'amène à Jukkasjärvi. Elle n'a pas l'intention de rester, juste de faire ce qu'on lui a demandé  : sommer le mari de Mildred de quitter le presbytère et récupérer les clefs, c'est tout. Mais elle se sent bien dans cet endroit et peu à peu, elle sympathise avec les habitants : Micke et Mimi les tenanciers du pub local, Lisa la mère de Mimi qui vit au milieu de ses chiens, Lars-Gunnar l'ancien policier et Nalle son fils handicapé mental. Certains aimaient Mildred, d'autres la détestaient, mais en les écoutant, Rebecka peut se faire une idée de qui elle était.

L'enquête est menée avec lenteur, mais quand on s'attaque à un thriller nordique, on s'y attend. L'auteur prend le temps de donner vie à  ses personnages, de les détailler ainsi que leur environnement. Jusqu'à consacrer certains des chapitres à la louve Gula Ben (pattes jaunes). Elle sait les rendre attachants, surtout Rebecka. J'ai quand même trouvé certaines longueurs, particulièrement dans les passages consacrés aux discussions des hommes d'église, mais cela ne m'a pas empêchée de lire avec beaucoup de plaisir ce thriller bien écrit, et d'être tenue en haleine par une intrigue bien menée.

En bref

Sans que ce soit un coup de coeur,  j'ai beaucoup apprécié ce thriller. Je conseille cependant à ceux qui voudraient le lire de commencer par le premier opus de la série : Horreur Boréale paru également chez FOLIO.

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