De Livre en Livres

26 avril 2017

LE MIEL D'HARAR - Camilla GIBB

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Titre : LE MIEL D'HARAR

Auteur : Camilla GIBB

Traduction (Canadien) : Paule NOYART

Edition : Actes Sud (Babel) 2008

Nombre de Pages : 431 Pages

Quatrième de couverture

   Lilly, née de parents anglais globe-trotters, se retrouve orpheline au Maroc et se voit confiée à un maître soufi qui l'élève dans l'amour de l'islam. Quelques années plus tard, elle se réfugie en Ethiopie à Harar, la quatrième ville de l'Islam. Confrontée au rejet et à la méfiance, la jeune Blanche musulmane ne cessera de chercher une place qu'elle devra se créer sur mesure, puisant chaleur auprès des enfants auxquels elle enseigne le Coran, et tendresse auprès d'Aziz qu'elle fréquente discrètement. C'est de Londres que Lilly fait le récit de ses exils, tissant un cocon d'odeurs et de saveurs évoquant l'Ethiopie. Entre déracinements incessants et constance spirituelle, Lilly traverse les espaces religieux et politiques et entrelace les atmosphères dans le passionnant récit de sa vie.

Les premières phrases

Venu de l'Arabie, le soleil trace son chemin orange au-dessus de la mer Rouge., survole un désert et des terres volcaniques, inonde des champs de khats et de cafeiers et les collines noires de la vallée fertile qui entoure notre cité fortifiée. La nuit s'éloigne sur les talons des hyènes ; l'approche du soleil retentit à leurs oreilles comme un son hostile qu'elles sont les seules à percevoir. Lèvres barbouillées de sang et saisies de panique, elles fuient vers leurs cavernes.

Mon avis

Dans Le Miel d'Harar l'auteur nous conte l'histoire de Lily, fille d'un couple de hippies en quête de liberté et de découvertes. Orpheline très tôt elle va être plongée dans le milieu très fermé des soufis et embrasser leur religion. A l'âge de seize ans, pour sa sécurité, son maître va l'envoyer à Harar avec Hussein, un autre de ses disciples qu'elle considère comme son frère. Mais à Harar, en tant que femme et blanche elle va être exclue du sanctuaire et confiée à une famille très pauvre de la ville. Habituée à être trimballée de pays en pays durant son enfance par ses parents, elle va essayer tant bien que mal d'y trouver sa place et de s'adapter à la vie locale. Elle partagera la misère et les difficultés de la famille harari qui l'a recueillie. Plus tard à cause de la situation politique du pays, elle sera contrainte de s'exiler en Angleterre, le pays de son père (sa mère est irlandaise). Là elle sera encore une étrangère, une exilée.

Le Miel d'Harar est un roman très documenté (il ne faut pas oublier que l'auteure est anthropologue et a vécu en Ethiopie) on en apprend beaucoup sur l'histoire de l'Ethiopie de la deuxième moitié du 20ème siècle, sur l'Islam, sur le Coran, sur les traditions et les moeurs du pays. L'auteure nous décrit une jeune fille à la fois forte et fragile, sensible, et à travers elle un aspect de l'islam qui n'a rien à voir avec l'intégrisme actuel.

Camilla Gibb fait alterner les chapitres, l'histoire se déroulant tour à tour à Harar et à Londres ce qui renforce l'impression que Lilly n'est jamais chez elle nulle part. Une fois à Londres elle se sentira plus proches de la communauté des émigrés éthiopiens que de ses compatriotes anglais.

Un très beau roman, plein de personnages hauts en couleurs, d'odeurs, mais qui évoque aussi l'exil, la vie spirituelle et la tolérance.

Ma Note : 8/10

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18 avril 2017

LA VOIX - Arnaldur INDRIDASON

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Titre : LA VOIX ( Röddin 2002)

Auteur : A. INDRIDASON

Traduction (islandais) : Eric BOURY

Edition : Points 2008

Parution : METAILLIE 2007

Nombre de Pages : 400 Pages

Quatrième de couverture

Mauvaise publicité pour l'hôtel de luxe envahi par les touristes ! Le pantalon sur les chevilles, le Père Noël est retrouvé assassiné dans un sordide cagibi juste avant le traditionnel goûter d'enfants. La direction impose la discrétion, mais le commissaire Erlendur Sveinsson ne l'entend pas de cette oreille. Déprimé, assailli par des souvenirs d'enfance douloureux, il s'installe dans l'hôtel et en fouille obstinément les moindres recoins...

Les premières phrases

Elinborg les attendait à l'hôtel. Un imposant arbre de Noël trônait dans le hall et partout, il y avait des décorations, des sapins et des boules scintillantes. D'invisibles hauts -parleurs entonnaient le Douce nuit, sainte nuit. De grands autobus étaient garés devant l'hôtel et leurs passagers s'attroupaient à la réception.

Mon avis

Le troisième volet des enquêtes du commissaire Erlendur, La Voix, se déroule quelques jours avant Noël, dans le huis-clos d'un hôtel de luxe de Reykjavik. On vient d'y découvrir le corps sans vie de Gudlaugur, dans une position tout à fait scabreuse. Qui est cet homme, employé de l'hôtel depuis plusieurs dizaines d'années, à la fois portier, homme à tout faire et Père Noël au moment des fêtes de fin d'année ? Pourquoi vit-il dans ce cagibi sans fenêtre au sous-sol de l'hôtel ? Curieusement personne parmi ses collègues ne sait rien sur lui, c'est un peu comme si il faisait partie des meubles.

Erlendur va s'installer à demeure dans une chambre de l'hôtel, à la fois pour être en osmose avec les lieux et aussi pour fuir son petit appartement où il sait que comme chaque année il va passer Noël seul. Aidé de ses collègues Elinborg et Sigurdur Olli, il va interroger les clients et le personnel et remonter jusque dans l'enfance de Gudlaugur, là où se trouve la clef de l'intrigue.

Parallèlement à l'enquête, Elinborg doit assister au procès d'un homme accusé de maltraitance sur son enfant et toutes ces histoires malheureuses de petits garçons replongent Erlendur dans la tragédie de son enfance. Celle qui a coûté la vie à son jeune frère. Et curieusement, c'est à sa fille Eva Lind, avec laquelle il entretient pourtant des relations compliquées, qu'il choisit de se confier, dévoilant ainsi ce qui l'empoisonne depuis des années.

En plus d'être un très bon thriller La Voix est un roman sur la paternité, sur l'enfance perdue ou volée. La psychologie des personnages est très fouillée. On en apprend un peu plus sur Erlendur, son passé et l'événement traumatisant de son enfance, ainsi que sur son équipe. L'intrigue est simple, bien menée, détaillée sur chacun des six jours nécessaires pour la résoudre. C'est un roman sombre où transparaît le côté noir des protagonistes, où ce qu'ils ne veulent pas s'avouer est dévoilé aux yeux de tous. Même si le rythme est lent, de fausses pistes en découvertes, l'auteur nous tient en haleine jusqu'aux dernières pages.

Ma Note : 8/10

 

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14 avril 2017

CADRES NOIRS - Pierre LEMAITRE

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Titre : CADRES NOIRS

Auteur : Pierre LEMAITRE

Edition : LE LIVRE DE POCHE 2011

Parution : CALMANN LEVY 2010

Nombre de pages : 442 Pages

Quatrième de couverture

   Alain Delambre est un cadre de cinquante-sept ans anéanti par quatre années de chômage sans espoir.
Ancien DRH, il accepte des petits jobs démoralisants. À son sentiment de faillite personnelle s’ajoute bientôt l’humiliation de se faire botter le cul pour cinq cents euros par mois…
Aussi quand un employeur, divine surprise, accepte enfin d’étudier sa candidature, Alain Delambre est prêt à tout, à emprunter de l’argent, à se disqualifier aux yeux de sa femme, de ses filles et même à participer à l’ultime épreuve de recrutement : un jeu de rôle sous la forme d’une prise d’otages.
Alain Delambre s’engage corps et âme dans cette lutte pour regagner sa dignité.
S’il se rendait soudain compte que les dés sont pipés, sa fureur serait sans limite.
Et le jeu de rôle pourrait alors tourner au jeu de massacre.

Mon avis

Dans Cadres Noirs, Pierre Lemaitre prend comme toile de fond le chômage et plus particulièrement celui des hommes en fin de carrière. Ceux qu'on refuse d'embaucher parcequ'ils sont trop âgés, ou trop qualifiés, ou les deux. Comme beaucoup, Alain Delambre refuse de se résigner à l'inaction ou aux petits boulots sans lendemains. Il travaille quelques heures par jour aux Messageries Pharmaceutiques où il trie des cartons sous la férule d'un petit chef qui le harcèle, l'humilie. Alors, quand on lui propose un emploi stable, un vrai travail, contre sa complicité dans un jeu de rôle peu orthodoxe, petit à petit il abandonne le peu d'honneur qui lui reste, son intégrité. Il est même prêt à se discréditer aux yeux de sa famille. Il est tellement aveuglé par la récompense qu'il ne pense pas un instant qu'on puisse se jouer de lui. Alors bien sûr quand il s'en rend compte, il bascule complètement et commet l'irréparable.

Pierre Lemaitre pousse à l'excès le désespoir de son héros, il nous plonge dans la réalité de l'univers de ces hommes prêts à tout pour ne pas être privés de travail et de ce fait, à leurs yeux, rejetés par la société. Pour cela, certains n'hésitent pas à travailler pour rien, à gagner tellement peu qu'ils sont obligés de vivre dans leur voiture ou à trahir leurs collègues en échange d'une promotion.

Les personnages de ce roman sont bien décrits, très vrais, très crédibles. L'auteur met son personnage principal à nu, nous dévoilant sans retenue sa psychologie, ses émotions, ses doutes et ses faiblesses, si bien qu'on ne peut pas rester insensible à sa situation et à ses décisions. On aime ou on déteste Alain Delambre. J'ai aussi particulièrement aimé le personnage de Charles, l'ami inconditionnel. L'intrigue est bien construite : le récit est partagé en trois parties : Avant (le drame), Pendant et Après. La première partie permet de bien comprendre la situation d'Alain et ses motivations et les deux autres sont plus particulièrement consacrées à l'action. De plus l'alternance des points de vue entre Fontana et Delambre permet de mieux cerner la situation.

Cadres Noirs est un bon thriller basé sur une tragédie tout à fait actuelle. Malgré une fin un peu trop tirée par les cheveux, j'ai bien aimé.

Ma Note : 8/10

 

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09 avril 2017

ECUME DE SANG - Elisabeth HAYNES

 

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Titre : ECUME DE SANG (Revenge of the Tyde 2012)

   Auteur : Elisabeth HAYNES

   Traduction (Anglais) : Valérie MALFOY

    Edition : Le Livre de Poche 2013

   Parution : PRESSES DE LA CITE 2012

                    447 pages

   Quatrième de couverture

Gennie a enfin réalisé son rêve: quitter Londres et un métier stressant de commerciale pour emménager dans le Kent sur la Revenge of the Tide, une péniche qu'elle retape peu a peu. Après une soirée passée sur son bateau avec des voisins et des amis, un peu ivre, elle se laisse bercer par le clapotis de l 'eau contre la coque, quand un bruit sourd la sort de sa torpeur. Près du ponton, un corps enveloppé dans une toile remonte a la surface. Ce corps que Gennie reconnaît aussitôt, c'est celui de Caddy qui, comme elle, travaillait chaque soir dans un club de pôle dance pour arrondir ses fins de mois. Un - job de nuit - dont Gennie n'a jamais parlé a personne. Les jours passent et les incidents se multiplient: un chat mort devant sa porte, une agression... Terrorisée, Gennie ne sait vers qui se tourner.

Les premières phrases

Il était là quand j'ouvris les yeux, ce vague malaise. Le léger roulis indiquait le reflux, et le vent du sud, en remontant le fleuve, venait buter en plein contre le flanc de la Revenge of the Tyde. Couchée dans mon lit, j'entendais clapoter les vaguelettes tout près de ma tête et ce clapotis se répercutait contre le métal de la coque, assourdi par le bardage en bois.

Mon avis

Gennie ne supportait plus son métier de commerciale avec ce que cela impliquait de pressions, de course aux résultats, sans compter le harcèlement permanent de son patron. Elle ne rêve que d'une chose : avoir suffisamment d'argent pour prendre une année sabbatique, acheter une péniche et la retaper. Pour arrondir ses fins de mois, elle passe la plupart de ses soirées à danser autour d'une barre dans un club de nuit. Puis elle accepte de faire un peu plus que de danser ; les soirées (très) privées qu'organise Fiz, le tenancier du club, font monter sa cagnotte, mais cela ne suffit toujours pas. Alors quand Dylan, un employé du club lui promet une grosse somme en échange d'un service tout simple, elle ne peut pas refuser. Elle va enfin pouvoir réaliser son rêve.

Gennie est une jeune fille audacieuse mais un peu insouciante, un peu naïve (voire quelquefois un peu nunuche). Quand elle commence à danser au "Barclay", elle ne pense pas une seconde qu'elle a mis le pied dans un milieu peu recommandable et qu'en acceptant exceptionnellement de participer à une soirée privée, elle ne pourra plus refuser les suivantes où on lui en demandera de plus en plus. Et alors qu'elle pense être débarrassée de toutes ses obligations et pouvoir vivre tranquille sur sa péniche, elle va se rendre compte que les conséquences vont être terribles.

C'est Gennie elle-même qui raconte. Les passages relatant sa vie sur la péniche et ceux concernant son passé alternent, ce qui fait qu'on découvre peu à peu ce qui a provoqué le drame. J'ai bien aimé le personnage de Gennie que l'auteur a bien cerné ;toute entière tendue vers la réalisation de son rêve, elle ne se rend pas compte de ce que son comportement a pu déclencher. Comme dans "Comme ton ombre", l'auteure entretient le suspens jusqu'à la fin. Jusqu'à la dernière page je me suis demandée ce que pouvait bien contenir ce mystérieux paquet et qui était réellement Dylan. J'ai du reste regretté que la personnalité de celui-ci ne soit pas plus développée dans le roman.

Ecume de Sang est un bon thriller dans la même veine que Comme ton Ombre. On ne s'ennuie pas un instant.

Ma note : 8/10

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04 avril 2017

UNE LANGUE VENUE D'AILLEURS - Akira MISUBAYASHI

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      Titre : Une Langue venue d'ailleurs

      Auteur : Akira MIZUBAYASHI

      Edition : FOLIO ( 2013)

     Parution : GALLIMARD 13.01.2011

                      263 pages

Quatrième de couverture

" Le jour où je me suis emparé de la langue française, j’ai perdu le japonais pour toujours dans sa pureté originelle. Ma langue d’origine a perdu son statut de langue d’origine. J’ai appris à parler comme un étranger dans ma propre langue. Mon errance entre les deux langues a commencé… Je ne suis donc ni japonais ni français. Je ne cesse finalement de me rendre étranger à moi-même dans les deux langues, en allant et en revenant de l’une à l’autre, pour me sentir toujours décalé, hors de place. Mais, justement, c’est de ce lieu écarté que j’accède à la parole ; c’est de ce lieu ou plutôt de ce non-lieu que j’exprime tout mon amour du français, tout mon attachement au japonais.
Je suis étranger ici et là et je le demeure."

Les premières phrases

En 1983, je fis la connaissance de Maurice Pinguet, l'auteur de La Mort volontaire au Japon (Gallimard 1984). Je venais de rentrer de Paris où j'avais vécu trois ans et quelques mois.

Chronique (en bref)

Une Langue venue d'ailleurs est une histoire vraie. Celle de ce jeune japonais qui, à la sortie de l'adolescence, prend conscience qu'il ne se sent pas à l'aise ni dans son pays - à cause du passé politique de celui-ci - ni dans sa langue. A peu près à ce moment là, en attendant son entrée à l'université il suit des cours de français diffusés sur la radio nationale japonaise et il tombe complètement amoureux de cette langue. Il va commencer ses études universitaires au Japon et découvrir Jean Jacques Rousseau qui deviendra son modèle. Puis il passe un concours pour obtenir une bourse afin de poursuivre ses études en France, à Montpellier, parce que c'est là qu'enseigne un spécialiste du 18ème siècle. Là il s'immerge complètement dans la langue, rédige en français un mémoire sur Rousseau, rencontre celle qui deviendra sa femme. Tous deux vont partir enseigner le français au Japon puis après quelques années passées à Paris, optent pour un retour définitif à Tokyo.

Akira Mizubayashi nous explique que contrairement à ce que l'on pourrait penser il n'a pas abandonné sa langue ; il est devenu parfaitement bilingue, presque français et plus tout à fait japonais. Il n'a pas choisi de privilégier l'une par rapport à l'autre : sa langue maternelle  par rapport à celle qu'il appelle sa langue paternelle, faisant référence au fait que c'est son père qui l'a beaucoup aidé à réaliser son rêve.

Un très beau livre, merveilleusement bien écrit. On a du reste du mal à croire que l'auteur n'est pas d'origine française.

 

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02 avril 2017

BILAN DE LECTURE DE MARS 2017

 

Voici mon bilan de lecture du mois de Mars : un peu moins que d'habitude excepté le mois dernier.

 

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Pas de coup de coeur ce mois ci.

J'ai beaucoup aimé : Le Fils de la Lune de Gabriel KATZ

                            Selfies de J. ADLER OLSEN

                           Les Sirènes de Bagdad de Y. KHADRA

                           Ecume de sang d'E. HAYNES

J'ai aimé :             Sécessions d'Olivier SEBBAN

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LES SIRENES DE BAGDAD - Yasmina Khadra

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Titre : LES SIRENES DE BAGDAD

Auteur : Yasmina KHADRA

Editeur : JULLIARD

Date de parution : 2006

Nombre de pages : 317 pages

Résumé

Irak début des années 2000. Le narrateur de cette histoire, un jeune étudiant est contraint d'abandonner les études qu'il poursuit à Bagdad. Suite à l'invasion américaine, l'Université à fermé ses portes. Il retourne dans son village natal, Kafr Karam, où il reprend sa vie d'avant, entre ses parents vieillissants et ses soeurs. Dans ce bled perdu au fin fond du désert irakien, les villageois végètent, à l'écart du monde et de ses bouleversements. Leur vie n'est rythmée que par les appels du muezzin à la prière et les discussions au café au sujet du conflit armé dont les nouvelles leur parviennent au compte goutte. Les américains sont censés apporter la paix dans ce pays, tous ou presque en sont convaincus. Jusqu'au jour où ceux-ci bombardent une maison dont les occupants fêtent un mariage, où les soldats arrêtent les véhicules, tuant leurs occupants, puis quand une escouade débarque de nuit, à la recherche de d'armes cachées, molestant les habitants, humiliant le père de notre jeune héros. Cette fois-ci c'est est trop, l'honneur de la famille est bafouée et pour un Bédouin il n'y a qu'une solution à cela : la vengeance, même au prix de sa propre mort. Voici comment un jeune homme ordinaire, ne demandant qu'à faire des études puis mener la même vie que tout le monde : avoir un métier, fonder une famille va rejoindre les rangs des terroristes promis au martyre.

Mon avis

Après Les Hirondelles de Kaboul et l'Attentat, Yasmina Khadra poursuit son exploration des conflits armés opposant orient et occident. Ici il met en avant  les atrocités de la guerre qui ont suivi l'arrivée des troupes américaines en Irak, l'incompréhension,  le décalage culturel et religieux entre ces deux peuples. Le choc des civilisations, la violence, la misère vont peu à peu pousser ce jeune Bédouin au désespoir et le lancer dans une fuite en avant jusqu'à ce qu'il pense être un acte libérateur. Il se décrit lui-même comme un homme hypersensible à la souffrance des autres mais reste très attaché à sa religion et à ses traditions. Dont la vengeance par le sang fait partie intégrale. Il n'en faut pas plus à certains individus pour attirer ces jeunes dans leurs filets, attiser leur haine et les transformer en kamikazes et en poseurs de bombes.

Yasmina Khadra est un de mes auteurs favoris ; comme à son habitude, avec une écriture riche et imagée, il nous livre ici un témoignage émouvant et profond sur un conflit entre orient et occident qui malheureusement n'en finit pas de s'étendre .

Ma Note plaisir : 9/10

 

 

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01 avril 2017

 

                                           DE LIVRE EN LIVRES a maintenant quatre ans.

C'est l'occasion de lui offrir une nouvelle jeunesse

DE LIVRE EN LIVRES devient donc MEMOIRES DE LIVRES

J'espère que vous me suivrez dans cette nouvelle aventure....

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31 mars 2017

LIBERATION - Sandor MARAI

 

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   Titre : Libération

   Auteur : Sandor MARAI

   Traduction (Hongrois) : Catherine FAYE

   Edition : Albin Michel

   Parution : 2007

   Nombre de pages : 223 pages

Quatrième de couverture (à ne surtout pas lire si vous envisagez de lire le roman)

En avril 1945, Budapest est libérée par l’armée russe, au terme d’un siège implacable. Cet épisode historique, que Sándor Márai évoquera vingt-cinq ans plus tard dans ses Mémoires de Hongrie, lui inspire, à chaud, ce roman qu’il achève en quelques mois. Libération évoque les dernières semaines du siège : dans les caves d’un immeuble se terrent une centaine de réfugiés. L’oreille tendue vers les tirs d’artillerie et le fracas des bombes au-dessus de leurs têtes, ils attendent l’issue d’un combat incertain. Autour de la jeune Élisabeth, fille d’un savant renommé, résistant au nazisme, se rassemblent des gens de toutes origines et de toutes opinions. Au fil des jours, dans l’atmosphère oppressante de ce huis-clos, la solidarité et la courtoisie initiale cèdent la place à la méfiance, à l’agressivité : les caractères se révèlent, les masques tombent. Et tandis que la situation au-dehors évolue, on ne sait ce qu’il faut redouter le plus : les « libérateurs » russes, ou les derniers sévices des nazis acculés... Dans cette oeuvre dont, par testament, il n’autorisera la publication que pour le centième anniversaire de sa naissance, Márai donne une magistrale leçon de littérature : le matériau brut du reportage se transforme sous sa plume en un récit somnambulique et puissant, empreint d’un profond scepticisme et bouleversant de bout en bout.

Les premières phrases

La troisième nuit qui suivit le nouvel an - au vingt-quatrième jour du siège de Budapest -, une jeune femme prit la décision de quitter l'abri d'un grand immeuble du centre ville assiégé où elle habitait, pour passer de l'autre côté de la rue transformée en champ de bataille et rejoindre, par n'importe quel moyen et à n'importe quel prix, l'homme qui se terrait depuis trois semaines avec six compagnons dans l'abri de l'immeuble d'en face, à l'intérieur d'une cave étroite et entièrement murée.

Mon avis (en bref)

Encore une quatrième de couverture qui dit absolument tout du récit. A la limite, une fois que vous l'avez lue, vous n'avez pas besoin de lire le livre. 220 pages sans presque aucun dialogue ; le narrateur décrit surtout ce que ressent Elisabeth pendant les jours qu'elle a passé enfermée dans cette cave dans l'attente de la libération de la ville par l'armée russe, ses attentes pour l'après. A-t-elle déjà vécu le pire, ou celui-ci reste t-il à venir ?

Je n'ai pas vraiment accroché à ce récit. Dans le résumé, l'éditeur parle de "reportage" et c'est un peu comme cela que je l'ai ressenti. Pas vraiment d'émotion, quelques longueurs et pas mal de répétitions dans la première partie du livre empêchent la fluidité de la lecture. Je voulais découvrir cet auteur, il n'est pas sûr que j'ai choisi le bon livre.

Ma Note : 6/10

 

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23 mars 2017

SELFIES - Jussi ADLER-OLSEN

 

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   Titre : SELFIES

   Auteur : Jussi ADLER-OLSEN

  Traduction (danois) : Caroline BERG

  Editeur : ALBIN MICHEL

  Parution : 29 Mars 2017

  Nombre de pages : 619

  

Quatrième de couverture

Elles touchent les aides sociales et ne rêvent que d’une chose : devenir des stars de reality-show. Sans imaginer un instant qu’elles sont la cible d’une personne gravement  déséquilibrée dont le but est de les éliminer une par une.
L’inimitable trio formé par le cynique inspecteur Carl Mørck et ses fidèles assistants Assad et Rose doit réagir vite s’il ne veut pas voir le Département V, accusé de ne pas être assez rentable, mettre la clé sous la porte. 
À condition que Rose, plus indispensable que jamais, ne se laisse pas assaillir par les fantômes de son propre passé...

Les premières phrases

Elle ne savait pas depuis combien de temps elle donnait des coups de pieds dans les amas gluants de feuilles mortes. Elle savait seulement que ses bras nus étaient devenus glacés et que les cris venant de la maison résonnaient de tant de colère et de méchanceté qu'elle en avait mal dans la poitrine. Elle avait envie de pleurer, mais ça, c'était hors de question.

Mon avis

Selfies est la septième enquête du Département V de la police de Copenhague. Jusque là je n'avais lu que les deux premières : Miséricorde et Profanation. J'avais donc déjà fait la connaissance des personnages principaux : l'inspecteur Carl Morck, son adjoint Assad et son assistante Rose, et même si j'ai du rater bon nombre de leurs péripéties, je ne me suis pas sentie trop perdue.

Le département V qui s'occupe de résoudre les "Cold Case", habilement dirigé par Carl Morck est sous pression. On leur en demande toujours plus : plus de cas à résoudre, plus de rapports à remettre ....et c'est Rose qui en fait les frais en premier. Rattrapée par un passé qu'elle a cru pouvoir oublier, de plus en plus délirante, elle est obligée de quitter son poste et se retrouve internée en hôpital psychiatrique. Heureusement Assad et Gordon sont là pour seconder Carl. L'assassinat d'une femme retrouvée morte dans un parc fait remonter à la surface un cas semblable vieux de presque vingt ans. Pendant ce temps un autre des services de police se débat avec la recherche d'un chauffard récidiviste : il semble qu'il ait comme cible de jeunes demandeuses d'emploi. C'est grâce à la perspicacité de Carl Mork et de ses adjoints que le rapprochement va être fait entre toutes ces affaires et qu'elle vont pouvoir être résolues.

Comme à son habitude, Jussi ADLER-OLSEN, construit son roman avec plusieurs affaires en parallèle. On part au début du récit avec plusieurs personnes, plusieurs événements qui apparemment n'ont rien à voir les uns avec les autres ; peu à peu les pièces du puzzle commencent à s'assembler et ce n'est qu'à la toute fin qu'on découvre la vérité. Par rapport aux premiers romans de l'auteur, j'ai trouvé celui-ci beaucoup plus étoffé, les personnages secondaires plus construits. On sent que l'auteur joue beaucoup plus facilement à tour à tour égarer son lecteur et le remettre habilement sur la bonne piste. Les personnages principaux ont leur propre vie en dehors de l'intrigue et continuent à évoluer. Il n'y a pas un seul temps mort dans ce pavé de plus de 600 pages qui nous tient en haleine du début à la fin. Une lecture qui m'a donné très envie de rattraper mon retard avec celles des quatre enquêtes que j'ai ratées.

Un grand merci à Babelio et aux éditions ALBIN MICHEL pour cette lecture dans le cadre d'une Masse Critique.

Ma Note : 8.5/10

L'Auteur

Jussi ADLER-OLSEN est né le 2 août 1950 à Copenhague au Danemark. Il a étudié la médecine, la sociologie, le cinéma et la politique. Il a été éditeur. Il a été élevé dans un hôpital psychiatrique où son père travaillait.

Il est tour à tour éditeur, imprimeur, libraire, puis écrivain et scénariste à temps complet. Il publie son premier thriller en 2003, puis après d'autres romans débute la série d'enquête du Département V avec la publication au Danemark de Miséricorde en 2007 . Celle-ci connaît en Europe un succès sans précédent, couronnée par les prix scandinaves. La série comportera normalement 10 tomes.

Jussi Adler-Olsen à reçu de très nombreux récompense pour ses romans dont le Prix d’honneur Boréales / Région Basse-Normandie du Polar nordique 2014.

 

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