De Livre en Livres

16 août 2016

LA TREVE - S. PAKRAVAN

Trêve

LA TREVE de SaIdeh PAKRAVAN - Aout 2016 - Editions BELFOND - 428 pages

Ce qu'en dit l'éditeur

Plus aucun crime, plus de violence, plus de suicides, plus de crises cardiaques, de viols, de meurtres, d'accidents de voiture, d'agressions. Plus d'appels dans les commissariats, et les urgences des hôpitaux restent vides. La foule enthousiaste danse dans les rues, s'embrasse et scande : " Trêve éternelle ! " Pourtant, deux individus sont hantés par une question : la trêve va-t-elle durer, et si oui... jusqu'à quand ?
À travers le destin prodigieux de ses personnages, La Trêve nous fait vivre vingt-quatre heures aux États-Unis, dans la vie d'un pays transformé en... miracle ? conspiration mondiale ? terrain de jeu extraterrestre ?
Quelle que soit la réponse, Saïdeh Pakravan, l'auteur-monde, nous montre une réalité sans fard, peut-être éloignée de notre quotidien, mais qui est bel et bien la nôtre...

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Les premières phrases

Comme à chaque fois qu'il sombrait dans le sommeil, Simon Urqhart en fut tiré par un sursaut brutal - ce sursaut qui lui faisait redouter chaque nuit de se mettre au lit, ce sursaut qui l'arrachait d'un gouffre au fond de vase que son corps touchait à peine avant de remonter d'un bond pour exploser à la surface tel un lion de mer.

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Imaginez qu'un beau matin en vous réveillant, vous appreniez que depuis minuit, il n'y a eu aucune mort violente ou naturelle, ni agression, ni accident de circulation ou domestique. Vous allumez la télé ou la radio, vous n'entendez parler que de ça, sur toutes les chaines par tous les intervenants, que ce soit des journalistes, des politiques ou des représentants religieux. La trêve, tout le monde n'a que ce mot à la bouche ! Tout le monde en parle mais personne ne connaît sa cause. Les gens sont dans la rue, se congratulent, s'embrassent, klaxonnent.

C'est ce qu'imagine l'auteure dans son dernier livre La Trêve. Les personnages principaux sont un inspecteur de police et une journaliste. De par leur fonction, ce sont eux qui sont le mieux placés pour être au courant de tout ce qui se passe. Au commissariat, les policiers sont désoeuvrés, bien sûr cela ne leur était jamais arrivé jusqu'à maintenant et l'inspecteur Simon Urqart a tout son temps pour renouer avec la journaliste dont il avait fait la connaissance quelques années auparavant.

De 0H à 0H05 le lendemain, chaque chapitre du livre est consacré a un moment que vivent ce jour là plusieurs personnes différentes, comme de petites anecdotes. A un moment de leur quotidien, tout bascule : l'homme violent ne bat pas son épouse et la laisse partir, la femme qui traque le meurtrier de sa famille depuis des mois renonce au dernier moment à le tuer, les cambrioleurs quittent la maison qu'ils s'apprétaient à dévaliser les mains vides. Quelques personnages réapparaissent à plusieurs reprises. En particulier Sam que Jennifer son amie quitte pour Kim son amant. Elle tente de fuir Sam, mais ce n'est pas si simple car celui-ci n'abandonne pas et fait suivre le couple par un détective. Comme quoi certains sont plus récalcitrants que d'autres face à l'esprit de paix et à la sérénité qui s'abat sur le pays ! Bien sûr les personnages se posent des questions : la trêve va t-elle durer ? si oui, combien de temps ? Qui est derrière tout cela ? Et pourquoi particulièrement aux Etats Unis ? Chacun apporte sa réponse qui entraine encore plus de questions : il n'y a plus de morts, mais il n'y a plus non plus de naissances. Les femmes enceintes vont bien devoir accoucher un jour ou l'autre !

Le lecteur, un peu laissé à lui même faute de pistes, ne peut pas s'empêcher de se poser lui aussi ces questions s'il se retrouvait dans cette situation, même si imaginer un tel événement n'est pas chose facile tellement on est habitué à voir la violence monter crescendo dans le monde. Comme les personnages du roman, chacun pourra apporter sa réponse - ou pas.

Je suis restée un peu déstabilisée par ce récit à cause du manque de rythme et de rebondissements et du peu d'épaisseur des  principaux intervenants : le policier et la journaliste, mais j'ai aimé la galerie des personnages très différents les uns des autres. Finalement le personnage principal de ce roman n'est autre que la trêve elle même.

En bref

Un roman atypique, bien écrit. J'ai passé un bon moment de lecture.

A paraitre le 25 Aout 2016

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belfond

 

 

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13 août 2016

TROIS FEMMES PUISSANTES - M. NDIAYE

TROIS

TROIS FEMMES PUISSANTES de Marie NDIAYE - 2009 - Editions GALLIMARD - 317 pages -

Ce qu'en dit l'éditeur

Trois récits, trois femmes qui disent non. Elles s'appellent Norah, Fanta, Khady Demba. Chacune se bat pour préserver sa dignité contre les humiliations que la vie lui inflige avec une obstination méthodique et incompréhensible. L'art de Marie NDiaye apparaît ici dans toute sa singularité et son mystère. La force de son écriture tient à son apparente douceur, aux lentes circonvolutions qui entraînent le lecteur sous le glacis d'une prose impeccable et raffinée, dans les méandres d'une conscience livrée à la pure violence des sentiments.

Prix Goncourt 2009

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Les premières phrases

Et celui qui l'accueillit ou qui parut comme fortuitemant sur le seuil de sa grande maison de béton, dans une intensité de lumière soudain si forte que son corps vêtu de clair paraissait la produire et la répandre lui-même, cet homme qui se tenait là, petit, alourdi, diffusant un éclat blanc comme une ampoule au néon, cet homme surgi au seuil de sa maison démesurée n'avait plus rien, se dit aussitôt Norah, de sa superbe, de sa stature, de sa jeunesse auparavant si mystérieusement constante qu'elle semblait impérissable.

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Trois femmes, trois portraits, trois récits reliés entre eux par un lieu géographique : Dara Salam un village du Sénégal, ou succinctement par certains personnages . En tous cas, ce sont les femmes et l'Afrique qui sont au coeur de ce roman.

La première des trois femmes, Norah, revient en Afrique à la demande de son père qu'elle n'a pas revu depuis de longues années. Il les a abandonnées en France, elle et sa soeur, alors qu'elle n'avait que huit ans, en emmenant avec lui son jeune frère, et n'a dès lors presque jamais donné de ses nouvelles. Alors qu'elle s'attendait à retrouver un homme despotique mais fier et élégant, elle retrouve un vieillard négligé et ruiné, détruit par un drame familial. Norah est devenue avocate, et c'est de ses talents qu'il va avoir besoin.

La seconde, Fanta a grandi au Sénégal et est devenue professeur de français. Elle a rencontré Rudy et l'a suivi en France, mais a du abandonner son activité faute d'avoir trouvé un poste dans un lycée et elle est contrainte à passer ses journées entières à la maison où elle s'ennuie à mourir. C'est Rudy et ses états  de conscience qu'on suit dans ce récit, Fanta n'apparaissant qu'en filigrane. Rudy est un homme lâche, veule, mauvais mari, mauvais père et il le sait. Spécialiste en littérature médiévale, il n'a pas su se réadapter à la vie française où, faute de mieux, il s'est reconverti en commercial. Il a peur que Fanta le quitte, mais il n'arrive pas à changer son comportement. Pendant les deux cents pages qui lui sont consacrées, il ressasse ses erreurs et ses blessures d'amour propre.

La troisième de ces femmes c'est Khadi Demba. On l'a déjà rencontrée dans la première partie où elle était employée chez le père de Norah. Dans la partie qui lui est consacrée, elle vient de perdre son mari. Sans famille, sans enfant, elle est mise à la porte par sa belle-mère qui veut l'envoyer en France chez sa cousine Fanta. Mais la route de l'exil est parsemée d'embûches et Khadi va en faire l'amère expérience.

Ces trois femmes n'ont pas, comme le titre pourrait le faire penser,  un pouvoir, une possibilité d'agir sur les autres. Le pouvoir c'est sur elles-mêmes qu'elles l'ont : celui de prendre conscience, de pardonner, de se transformer, d'aller jusqu'au bout d'elles-mêmes pour vaincre les épreuves qui leur sont imposées, ou du moins pour en retirer quelque chose qui les grandira. A l'inverse, tous les hommes de ces récits sont présentés comme des êtres veules, lâches, fourbes même, incapables de triompher de l'adversité.

Je me suis profondément ennuyée à la lecture de ce livre.....La première partie, celle où apparaît Norah est assez intéressante et vivante, ce qui m'a poussée à persévérer, mais si le récit avait commencé par le chapitre consacré à Fanta - le plus long- j'aurai sûrement abandonné le livre au bout d'une cinquantaine de pages. En fait je n'ai pu m'attacher à aucune de ces femmes (à part peut être à Norah) qui me sont restées complètement étrangères. C'est sombre, lent, je dirais même inintéressant. Pour ne rien arranger, le style de l'auteur est lourd du fait des phrases longues et alambiquées qu'elle emploie. A plusieurs reprises j'ai été obligée d'en relire certaines parcequ'arrivée à la fin, abreuvée de mots, j'en avais déjà oublié le début.

En bref

Des récits peu intéressants et surtout un style indigeste.

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Challenge ABC 2016 : lettre N

abc2016

 

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07 août 2016

LA CITE DES JARRES - A. INDRIDASON

cité

LA CITE DES JARRES d'Arnaldur INDRIDASON - Traduction d'Eric BOURY - 2005 - Editions POINTS 2006- 327 pages

Ce qu'en dit l'éditeur

Un nouveau cadavre est retrouvé à Reykjavik. L'inspecteur Erlendur est de mauvaise humeur : encore un de ces meurtres typiquement islandais, un " truc bête et méchant "
qui fait perdre son temps à la police... Des photos pornographiques retrouvées chez la victime révèlent une affaire vieille de quarante ans. Et le conduisent tout droit à la " cité des Jarres ", une abominable collection de bocaux renfermant des organes...

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Les premières phrases

Les mots avaient été écrits au crayon à papier  sur une feuille déposée sur le cadavre. Trois mots, incompréhensibles pour Erlendur.

Le corps était celui d'un homme qui semblait avoir dans les soixante dix ans.

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Première enquête du commissaire Erlendur, La Cité des Jarres est la cinquième que je viens de lire et certainement celle que j'ai préférée.

 On retrouve le cadavre d'un vieil homme, assassiné dans son appartement d'un coup de cendrier sur la tête, et sur son corps un message : "Je suis lui". Est-ce l'oeuvre d'un fou ? Un crime gratuit ? Celui d'un rôdeur ? d'un illuminé ? Et à quoi correspond cette photo représentant la tombe d'une petite fille retrouvée cachée dans un tiroir. L'homme était chauffeur routier, solitaire. Il ne recevait jamais personne, mais en fouillant un peu, Erlendur découvre vite que l'individu avait un passé chargé. De fil en aiguille, une piste va le mener jusqu'à la cité des jarres, ce local de l'hôpital où sont gardés les bocaux contenant les organes prélevés sur les cadavres. 

Erlendur va mener l'enquête tout en se débattant avec les soucis qui empoisonnent sa vie privée : père divorcé, ses deux enfants sont toxicomanes. Eva Lind, sa fille essaie de se rapprocher de lui, mais il a du mal a trouver les bons mots et les bons gestes envers celle qu'il n'a pas vu grandir. Il patauge dans son enquête, il dort tout habillé, mange mal et le cadre dans lequel il évolue n'est pas fait pour lui remonter le moral. En automne, à Reykjavik, il pleut sans cesse, sauf quand il neige, le vent souffle et il fait froid. Bref, tout est sombre dans ce thriller et ce que va découvrir l'inspecteur Erlendur, bien aidé par Sigurdur Oli et Elinborg, les membres de son équipe, va le plonger encore un peu dans le sordide.

J'ai une certaine affection pour ces thrillers nordiques ou le cadre et les personnages ont autant d'importance que l'intrigue. Ici on découvre un pays dont les habitants ne se confient pas beaucoup, où les communications aussi bien géographiques qu'humaines sont parfois difficiles et l'atmosphère un peu glauque à cause du climat. L'intrigue manque un peu de force et le dénouement est un peu prévisible, mais j'ai aimé tout ce qu'il y avait autour : la personnalité des personnages, l'absence de violence, et comme à chaque lecture j'ai plongé directement dans l'ambiance que l'auteur sait si bien évoquer.

En bref

Un bon Indridasson, bien écrit et agréable à lire.

stars-10stars-4

Challenge Les Couleurs de l'été

couleurs

 

Challenge Petit bac 2016 : Objet

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02 août 2016

BILAN de LECTURE de JUILLET

vaches    filles    PERRY1

 

arslan    NUIT    rever

 

coeur    cité

 

Parmi les huit livres lus ce mois-ci :

COUP DE COEUR : Les filles de Hallows Farm d'Angela HUTH

                le coeur cousu de Carole MARTINEZ

                Rêver de Franck THILLIEZ

J'ai beaucoup aimé : Dans la nuit Mozambique de Laurent GAUDE

J'ai aimé : L'étrangleur de Cater Street d'A PERRY

            La Cité des Jarres d'A. INDRIDASSON

J'ai moins aimé : Arslan de J.M ENGH

 

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01 août 2016

LE COEUR COUSU - Carole MARTINEZ

coeur

LE COEUR COUSU de Carole MARTINEZ - 2007 - Editions FOLIO 2009 - 442 pages

Ce qu'en dit l'éditeur

Dans un village du sud de l'Espagne, une lignée de femmes se transmet depuis la nuit des temps une boîte mystérieuse...
Frasquita y découvre des fils et des aiguilles et s'initie à la couture. Elle sublime les chiffons, coud les êtres ensemble, reprise les hommes effilochés. Mais ce talent lui donne vite une réputation de magicienne, ou de sorcière. Jouée et perdue par son mari lors d'un combat de coqs, elle est condamnée à l'errance à travers une Andalousie que les révoltes paysannes mettent à feu et à sang. Elle traîne avec elle sa caravane d'enfants, eux aussi pourvus - ou accablés - de dons surnaturels.
Carole Martinez construit son roman en forme de conte: les scènes, cruelles ou cocasses, témoignent du bonheur d'imaginer. Le merveilleux ici n'est jamais forcé: il s'inscrit naturellement dans le cycle de la vie.

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Les premières phrases

Mon nom est Soledad.

Je suis née dans ce pays où les corps sèchent, avec des bras morts incapables d'enlacer et de grandes mains inutiles.

Ma mère a avalé tant de sable, avant de trouver un mur derrière lequel accoucher, qu'il m'est passé dans le sang.

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Le Coeur Cousu, c'est une saga familiale racontée par Soledad, la benjamine de la fratrie. Cette histoire, elle ne l'a pas vécue mais elle l'a entendue de nombreuses fois de la bouche de son aînée. Soledad est née quelque part en Afrique du Nord, entre le désert et la mer Méditerranée, mais tous les autres membres de la famille viennent d'une petite ville du sud de l'Espagne. Elle nous raconte comment dans cette famille toute nimbée de magie, lors de leurs premières règles, les femmes reçoivent une boîte de la part de leur mère ou de leur soeur aînée ainsi que la connaissance de prières capables de guérir les maux ou même de réveiller les morts. Elles devront garder précieusement cette boite pendant neuf mois avant de l'ouvrir et de découvrir leur don. L'histoire commence avec Frasquita la mère de Soledad. C'est une couturière hors du commun : à partir de quelques chiffons elle peut réaliser des robes somptueuses, elle sait aussi raccommoder les âmes et raccorder les hommes avec leur ombre. Elle épousera José le charron qui lui donnera quatre filles : Anita muette à la naissance mais qui recevra le don de conteuse, Angela qui chante comme un oiseau, Martyrio, qui porte la Mort en elle et Clara, la lumineuse qui se nourrit de la lumière du soleil.  Elle aura aussi un garçon : Pedro surnommé El Rojo à cause de ses cheveux rouges qui couvrira de ses dessins les murs de chaque endroit où la famille résidera. José traversera plusieurs périodes de folie : il passera deux ans dans son poulailler, nu et muet. Lors de la dernière crise il s'adonnera avec déraison aux combats de coqs et y perdra sa femme et tous ses biens. Frasquita se lancera alors sur les routes avec sa ribambelle d'enfants, toujours plus loin, incapable d'arrêter son errance jusqu'à ce qu'une vieille femme la recueille et l'aide à mettre au monde sa dernière fille, Soledad.

Le Coeur Cousu est le premier roman de Carole Martinez. Et quel roman ! Une sorte de conte, un récit empreint de merveilleux, peuplé de sorcières, de fantômes et d'ogres. Mais c'est surtout une histoire de femmes, de traditions, de secrets qu'elles se transmettent de mère en fille, de l'amour infini qu'elles sont capables de donner, qu'elles soient filles, soeurs, mères, épouses ou amantes, ou tout cela à la fois. Cela parle aussi de douleurs, de peurs, de bravoure, de désespoir, de pauvreté et de richesse, de révolution. Les personnages sont atypiques, tous plus attachants les uns que les autres. Il y a des odeurs, des couleurs, des images à foison. Ce roman où l'on ne cesse de traverser la frontière entre réalité et merveilleux est d'une richesse incroyable. Il est impossible de savoir ce qui va se passer d'une page à l'autre, l'imagination de Carole Martinez est sans limite.

En bref

Un roman fort, vibrant, haletant même. Incontournable.

 

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26 juillet 2016

REVER - Franck THILLIEZ

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REVER de Franck TILLIEZ - 2016 - Editions FLEUVE NOIR - 597 pages

Ce qu'en dit l'éditeur

Si ce n'étaient ses cicatrices et les photos étranges qui tapissent les murs de son bureau, on pourrait dire d'Abigaël qu'elle est une femme comme les autres.
Si ce n'étaient ces moments où elle chute au pays des rêves, on pourrait jurer qu'Abigaël dit vrai.
Abigaël a beau être cette psychologue qu'on s'arrache sur les affaires criminelles difficiles, sa maladie survient toujours comme une invitée non désirée. Une narcolepsie sévère qui la coupe du monde plusieurs fois par jour et l'emmène dans une dimension où le rêve empiète sur la réalité. Pour les distinguer l'un de l'autre, elle n'a pas trouvé mieux que la douleur.

Comment Abigaël est-elle sortie indemne de l'accident qui lui a ravi son père et sa fille ? Par quel miracle a-t-on pu la retrouver à côté de la voiture, véritable confetti de tôle, le visage à peine touché par quelques bris de verre ? Quel secret cachait son père qui tenait tant, ce matin de décembre, à s'exiler pour deux jours en famille ? Elle qui suait sang et eau sur une affaire de disparitions depuis quelques mois va devoir mener l'enquête la plus cruciale de sa vie. Dans cette enquête, il y a une proie et un prédateur : elle-même.

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Les premières phrases

" D'une main tremblante, Abigaël Durnan sortit une Malboro de son paquet et la planta entre ses lèvres. Le déclic provoqué par le briquet zippo monopolisa son attention. Elle ne fumait pas, mais elle avait appris à voir, écouter, sentir comme nul autre , et cette fois encore, chaque détail de son environnement revêtait son importance."

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Vous ne retrouverez pas les enquêteurs Sharko et Hennebelle dans ce roman. Mais comme dans tous ses thrillers Franck Thiliez aborde ici un domaine scientifique. Cette fois ci, c'est la narcolepsie. Abigael Durcan, une jeune psychologue qui travaille avec la police souffre de ce trouble du sommeil depuis son enfance. Elle peut ressentir à tout moment le besoin incontrôlable de s'endormir. Ces endormissements ne durent en général pas très longtemps, mais la plongent directement dans le sommeil paradoxal, c'est à dire celui pendant lequel on rêve. La plupart du temps, elle ne se rend même pas compte qu'elle s'est endormie, et le rêve qu'elle a fait pendant ce temps là devient pour elle la réalité. En plus de cela, elle souffre d'hallucinations et de  cataplexie surtout dans les moments de stress intense : ses muscles se paralysent et elle s'effondre, consciente mais incapable du moindre geste.

Le récit nous emmène dans deux intrigues parallèles. Alors qu'Abigaël tente avec l'équipe policière "Merveille 51" de débusquer le criminel qui a déjà enlevé trois enfants, son père dont elle n'avait plus de nouvelles depuis de longs mois lui propose de passer quelques jours de vacances avec lui. Sur la route qui les mène au Center Park, leur voiture s'encastre dans un arbre. L'accident fera deux victimes : Léa, la fille d'Abigaël et Yves son père. La jeune femme est retrouvée indemne mais inconsciente à quelques mètres de la voiture fracassée. Elle ne se souvient de rien, ses souvenirs prennent fin quelques minutes avant le choc. As t-elle révé ?......Parallèlement à l'enquête sur les enfants kidnappés, elle va tenter de comprendre ce qui s'est passé au moment de l'accident ce qui va lui faire découvrir ce que son père lui cachait.

Pour compliquer les choses et brouiller les pistes, Franck Thilliez ne nous livre pas le récit dans l'ordre chronologique. L'histoire se déroule entre le 6 décembre 2014 et le 15 Juin 2015. La date des faits figure en tête de chaque chapitre, mais ceux-ci sont mélangés, ce qui fait que le lecteur doit de lui même reconstituer la chronologie. Un petit exercice de gymnastique du cerveau qui nous force à être un peu plus attentif dans notre lecture et qui nous met au diapason des questions que se pose Abigaël sur la réalité des événements qu'elle vit et sur sa propre crédibilité. Dans ce qu'elle nous raconte comment reconnaître le rêve de la réalité ? Ne se leurre t-elle pas elle-même ? N'est-ce pas elle qui fabrique ses preuves ?

Ce va et vient dans le temps amène beaucoup de dynamisme et une grande originalité à l'histoire qu'on suit un peu comme un jeu de piste dans lequel on se serait égaré. Comme d'habitude, la plume de Franck Thilliez est d'une grande efficacité, précise et imagée. Un vrai plaisir qui perdure pendant presque six cents pages durant lesquelles on va essayer de ne pas perdre pied pour ne pas plonger complètement dans l'univers d'Abigaël.

En bref

Du grand Thilliez ! A mettre dans toutes les mains des amateurs de thrillers.

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20 juillet 2016

DANS LA NUIT MOZAMBIQUE - Laurent GAUDE

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DANS LA NUIT MOZAMBIQUE de Laurent GAUDE - 2007 - Editions ACTES SUD - 120 pages

Ce qu'en dit l'éditeur

C'est par la traque puis la vengeance d'un fugitif que débute ce recueil de récits, et c'est dans l'énigme d'un meurtre inexpliqué qu'il se referme. Comme si une part de la vérité du monde - la plus inhumaine, celle qui stigmatise l'histoire intime ou collective - devait à jamais défier notre raison. De toutes époques et de tous lieux, les personnages de ce livre ont cette expérience en partage, qu'ils assument dans la proximité de la mort. Désespérés ou lucides, ils revisitent leurs illusions, admettent leurs fautes ou retiennent un instant encore les ultimes bonheurs de l'existence. Animé d'une empathie et d'une oralité puissantes, ce volume composé entre 2000 et 2007, marqué par les thèmes de Cris, de La Mort du roi Tsongor, du Soleil des Scorta ou d'Eldorado, a grandi dans les interstices d'une œuvre romanesque désormais traduite et lue dans le monde entier.

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Les premières phrases

" Vous me dévisagez. Vous avez peur. J'ai quelque chose de fiévreux dans le teint qui vous inquiète. Je souris. Je tremble. Un homme brûlé, pensez-vous. Je ne lève pas les yeux. Je sursaute souvent, au moindre bruit, au moindre geste."

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Les fidèles de ce blog et ceux qui me connaissent un peu savent que je n'aime pas beaucoup les nouvelles. En général, elle me laissent un peu frustrée parcequ'elles sont trop courtes pour que j'ai le temps de rentrer dans l'histoire. Malgré tout, je fais quand même des exceptions pour certains auteurs et Laurent Gaudé est un de ceux-là.

Dans chacune de ces nouvelles, le personnage principal est confronté à la mort, aux souvenirs et à la culpabilité.

Dans Sang Négrier : Sur un bateau transportant des esclaves noirs, au large de Gorée, le second du capitaine Bressac décide de rapatrier le corps de celui-ci à Saint Malo plutôt que de l'immerger en mer comme le voudraient les traditions. A leur arrivée, cinq esclaves s'échappent semant la panique dans la population. Quatre seront capturés. Mais le cinquième restera introuvable et les traces qu'il laissera au fil des mois hantera à jamais la conscience du Second jusqu'à le précipiter dans la folie.

Dans Gramercy Park Hotel : A New York dans les années 70, un vieil homme au bord de la mort évoque ses souvenirs d'antan : la vie qu'il a mené avec Ella, son grand amour et les jours heureux passés dans cet hôtel. Tout autour de lui change et se modernise ; lui sombre peu à peu dans les regrets.

Dans Le Colonel Barbaque : Quentin Ripoll, un poilu rescapé des tranchées n'a pas pu se réadapter à la vie civile. Il a été sauvé de la mort par un soldat noir M'Bossolo, mais à sa sortie de l'hôpital, il a appris que celui-ci était mort de la grippe espagnole et que son corps avait été enterré sur place, sur cette terre qui n'est pas la sienne et que pourtant il avait défendu avec courages. Ripoll fuit en Afrique où il se livre à toutes sortes de trafics et se retrouve à la tête d'une rébellion qui finira mal.

Dans : Dans la Nuit Mozambique : Quatre amis se retrouvent régulièrement dans un restaurant lisboète : trois marins et le patron du restaurant. Après le repas chacun raconte une histoire inspirée de leurs voyages. Mais cette fois-ci, il ne sont plus que trois, l'un d'entre eux a disparu, nul ne sait où ni comment. Que reste t-il de leurs soirées passées ensemble ?

Parmi ces nouvelles, Gramercy Park Hotel est celle qui m'a le moins plu. De plus, je trouve qu'elle détonne un peu à côté des autres et qu'à part le thème des souvenirs, elle n'a pas grand chose de commun avec les trois autres. Laurent Gaudé a un véritable talent de conteur et c'est toujours un grand bonheur de le lire. Bien que traitant de thèmes assez durs, ses récits sont toujours empreints d'humanité et de sensibilité. Souvent à la limite du fantastique, ils touchent l'imaginaire du lecteur.

En Bref

Quatre récits aux univers très différents dans lesquels l'auteur exploite des thèmes universels. Magistral !

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16 juillet 2016

LES FILLES DE HALLOWS FARM - Angela HUTH

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LES FILLES DE HALLOWS FARM de Angela HUTH - Traduction de Christiane ARMANDET et Anne BRUNEAU - Sortie 1997 - Editions de LA TABLE RONDE 2013 - 443 pages

Ce qu'en dit l'éditeur

Octobre 1941. Trois jeunes filles volontaires se retrouvent dans une ferme isolée du Dorset pour remplacer les hommes partis à la guerre : Prue l'effrontée, coiffeuse à Manchester ; Stella, la romantique, qui se croit amoureuse d'un enseigne de vaisseau ; Agatha, l'étudiante rêveuse de Cambridge. Leur intrusion bouleverse la vie des fermiers - et notamment celle de Joe, leur fils, réformé pour raisons de santé et très officiellement fiancé à Janet qui travaille dans une usine d'armement. Dans cet univers rustique déroutant, Prue, Stella et Agatha nouent entre elles et avec leurs hôtes des liens compliqués et intenses qui dureront toute la vie. Le décor d'une campagne apparemment paisible peut favoriser les jeux ou les feux de toutes sortes de passions.

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Les premières phrases

"Agatha vit Prue s'avancer sur la poutre de la grange les bras raides et tendus, maladroite mais déterminée et courageuse. Ses minces jambes pâles étaient éclairées par la lampe électrique braquée bien au-dessous d'elle. Ses épaisses chaussettes réglementaires et ses brodequins gisaient quelque part dans le foin."

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En Angleterre pendant la seconde guerre mondiale : les hommes sont partis au front. Le pays manque de bras, surtout dans les campagnes où ne restent plus que les vieillards, les femmes, et les réformés. Il faut bien nourrir la population, et ce sont des jeunes filles qui sont engagées comme volontaires pour travailler aux champs. Les Lawrence voient alors arriver chez eux trois jeunes citadines qui ont suivi une formation spéciale pour les aider à la ferme. C'est Faith, Mme Lawrence, qui a insisté pour recevoir ces jeunes filles ; son mari, lui, est plutôt dubitatif quant à l'efficacité que peuvent avoir ces trois paires de bras, plus habitués aux occupations et aux frivolités de la ville qu'au dur labeur que nécessite la ferme. Mais les Lawrence n'ont pas le choix, leurs ouvriers agricoles ont été engagés dans l'armée et même aidés par leur fils Joe qui a été réformé pour raison de santé et de Ratty leur régisseur qui se fait vieux, ils n'y arrivent plus.

Agatha, Prue et Stella, trois jeunes filles aussi différentes que possible les unes des autres vont peu à peu s'intégrer à la vie de la ferme et s'attacher à la famille qui les accueille. Elle vont découvrir peu à peu un monde qui leur était jusque là inconnu. Agatha, un peu froide et réservée qui rêve du grand amour va finir par faire l'admiration de John Lawrence pour son habileté à tailler les haies. Stella la romantique, qui ne conçoit pas de vivre sans être amoureuse. Et enfin Prue la petite coiffeuse qui continue à jouer la pin-up à la ferme, effrontée, un peu dévergondée, mais tellement attachante. Toutes les trois vont se mettre au travail avec courage, accepter de changer leurs habitudes de citadines et d'être confrontées à des tâches qu'elles n'auraient jamais imaginé devoir accomplir comme curer la porcherie ou participer à la chasse aux rats. Quant aux membres de la famille Lawrence, ils vont voir leurs habitudes et leurs sentiments bouleversés par leur présence.

Après plusieurs lectures plutôt sévères, même ennuyeuses pour certaines, celle des Filles de Hallows Farm a été une véritable bouffée de fraîcheur. Angela Huth nous dépeint les caractères de ces trois filles et de la famille qui les accueille avec beaucoup de psychologie, de finesse et de simplicité. Le regard qu'elle porte sur ses personnages est plein de tendresse et tellement chaleureux qu'elle réussit à tous nous les rendre attachants - à part peut être Edith l'épouse acariâtre de Ratty. Bien sûr il y a beaucoup de bons sentiments dans ce récit, mais pas de mièvrerie. L'écriture de l'auteure est fluide et on plonge dans l'histoire dès les premières pages du livre et on a du mal à le lâcher ensuite

En Bref

Un roman que j'ai lu avec beaucoup de plaisir et que je ne peux que recommander.

 

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12 juillet 2016

LES VACHES DE STALINE - Sofi OKSANEN

vaches

LES VACHES DE STALINE de Sofi OKSANEN - Traduction de Sébastien CAGNOLI - Sortie française 2011 - Editions LE LIVRE DE POCHE 2013 - 547 pages

Ce qu'en dit l'éditeur

Deux femmes, une mère et sa fille, dans la Finlande de la fin du XXe siècle. Katariina a tout tenté pour faire oublier ses origines estoniennes et taire les traumatismes de l’ère soviétique. Anna souffre de troubles alimentaires profonds et ne pense qu’à contrôler l’image de son corps. A travers leur douleur et leurs obsessions, c’est le destin tragique de l’Estonie, le pays de sa mère, que Sofi Oksanen évoque. Les « vaches de Staline » : c'est ainsi que les Estoniens déportés appelèrent les chèvres efflanquées qu'ils trouvèrent en Sibérie, dans une sorte de pied de nez à la propagande soviétique qui affirmait que ce régime produisait des vaches exceptionnelles. 

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Les premières phrases

Ma première fois. Je croyais que ce serait atroce, compliqué, sale et gluant. Je croyais que mes entrailles cracheraient du sang et que j'aurais deux fois plus mal au ventre.

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Les Vaches de Staline est le premier roman de Sofi Oksanen. Paru en France après Purge, il reprend le même cadre : la vie en Estonie, les rapports compliqués entre les peuples russes et estoniens. Auxquels vient s'ajouter ici la Finlande.

Cette fois-ci, ce sont deux femmes que nous allons suivre : une mère et sa fille. La première Katariina est estonienne. Elle a épousé un finlandais et est partie vivre avec lui en Finlande. A cette époque, l'Estonie communiste était complètement sous le joug de l'URSS et la Finlande, moderne, riche et prospère, considérée comme une terre promise. Les deux pays séparés seulement par un bras de mer sont un terrain propice au marché noir. Anna la fille est née en Finlande, mais sa mère lui interdit de révéler ses origines estoniennes : elles sont trop honteuses, la famille pourrait être considérée comme russe......Elle grandit donc dans le pays de son père mais se rend fréquemment en Estonie chez sa grand mère et chez sa tante. Enfant, elle voit bien les différences entre ces deux pays, mais elle se sent surtout estonienne, elle aime la vie qu'on y mène et certains produits qu'on ne trouve pas en Finlande. Elle sent aussi la nostalgie de sa mère qui a du abandonner son travail, sa langue et s'ennuie dans sa nouvelle vie d'autant plus que son mari travaille en URSS et mène une double vie. Anna est déchirée entre ces deux pays, ces deux cultures, mais elle ne peut en parler à personne. En grandissant, elle développe des troubles alimentaires : boulimie et anorexie combinées : ce qu'elle appelle "sa boulimarexie."

Dans ce roman, Sofi Oksanen décrit parallèlement la situation de l'Estonie placée sous le joug de l'URSS, la vie des deux femmes et surtout les troubles alimentaires d'Anna.

Elle évoque les déportations en Sibérie, les dénonciations qui permettaient aux envieux de s'approprier les biens de leurs voisins en toute impunité, au point que certains déportés préféraient rester sur les lieux de leur exil alors qu'ils étaient amnistiés, plutôt que de rentrer dans leur pays où on leur avait tout pris ; les échanges sous le manteaux : les finlandais se rendant en Estonie avec des baskets neuves aux pieds et plusieurs couches de vêtements sur le dos pour les vendre aux estoniens.

Et puis on suit l'évolution des désordres alimentaires chez Anna, et comment elle réussit à les cacher à tout le monde pendant de longues années. Rien du reste ne nous est épargné, ni les séances de gavages ni celles de vomissements.

Si j'avais énormément aimé Purge, il n'en a pas été de même des Vaches de Staline. Le contexte historique m'a intéressée et j'ai appris pas mal de chose mais le reste m'a profondément rebutée. A aucun moment je n'ai réussi à entrer dans l'histoire de Katariina et Anna, sauf peut être lors des passages qui décrivent leur vie en Estonie. Je n'ai absolument pas été touchée par cette jeune fille qui se détruit à petit feu ni par sa mère qui s'est employée toute sa vie à lui voler son identité.

En Bref

J'ai eu du mal à arriver au bout de cette lecture pour les raisons évoquées plus haut, mais aussi parceque les événements ne sont pas relatés chronologiquement et que par moment cela m'a paru un peu confus.

stars-85grises

Challenge Petit Bac 2016 : Animal

107416690

 

 

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09 juillet 2016

ARSLAN - M.J ENGH

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ARSLAN de M.J ENGH - Traduction de Jacques COLLIN - 2016 - Editions DENOEL - 388 pages

Ce qu'en dit l'éditeur

Ancien président du Turkistan, général moitié ouïgour moitié ouzbek, Arslan a conquis le monde. Et c'est dans l'insignifiante petite ville américaine de Kraftsville qu'il a décidé de fêter sa victoire finale. Mais le plus important ce n'est pas tant qu'Arslan ait conquis le monde, mais bien ce qu'il va faire avec. Une perspective effrayante quand on voit les nouvelles règles qu'il impose aux habitants de Kraftsville. Publié pour la première fois en 1976, Arslan est l'oeuvre la plus connue de l'auteure américaine M.J. Engh (elle a signé un autre roman remarqué : Rainbow Man ). Ce classique de la science-fiction, puissant, terriblement dérangeant, continue, quarante ans après sa première publication, de susciter de violentes polémiques.

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Les premières phrases

Quand son nom commença à apparaitre aux nouvelles, il ne constitua qu'un sinistre patronyme étranger de plus, comme tant d'autres. Et comme tant d'autres, il prospéra à loisir, pour se hisser au rang de crise potentielle

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J.M ENGH a écrit ARSLAN son roman de politique-fiction en 1976, et bien que celui-ci ait été considéré presque comme un chef d'oeuvre, il n'arrive à nous que quarante ans plus tard.

Le général Arslan, jeune chef d'état Turkmène débarque à Kraftville, une petite ville de l'Ilinois accompagné de ses troupes armées. Il a conquis le monde entier et contre toute attente décide d'établir son quartier général dans cette bourgade perdue. Pour mieux asseoir son autorité et montrer l'étendue de son pouvoir, il organise le soir même une fête à l'école à l'issue de laquelle il choisit deux élèves -un garçon et une fille - et les viole devant les professeurs, les élèves, et tous ses soldats. Il s'installe ensuite chez le directeur de l'école Franklin Bond et sa femme Luella, à qui il impose aussi la présence et les viols répétés de Hunt le jeune garçon dont il a fait son jouet et de Betty Hanson une jeune professeur.

Le récit est à deux voix et c'est à travers elles que nous allons découvrir qui est Arslan. La première est celle de Franklin. C'est lui qui nous narre l'entrée du tyran à Krraftville. Comme il loge chez lui, il est aux premières loges pour recueillir ses confidences. Le but d'Arslan n'est pas simplement de gouverner le monde, il veut le guérir, le sauver de lui-même. Pour cela il veut supprimer la société capitaliste existante pour la remplacer par des petites communautés indépendantes et autosuffisantes. Plus de technologie, plus d'électricité, les hommes devront vivre de chasse et des produits d'élevage et de la culture. La nature doit reprendre sa place. Si cela ne fonctionne pas, qu'à cela ne tienne, il a des plans B : la stérilisation des populations, où même plus rapide : leur éradication. En attendant il se sert du viol et du meurtre pour les "éduquer" !

Puis c'est Hunt qui prend la parole ; le style change devient plus lyrique et alors que je m'attendais à avoir une nouvelle vision des choses, en fait on n'apprend rien de plus, mis à part que Hunt, après plusieurs années d'esclavage sexuel éprouve une certaine admiration, voire de l'affection pour son bourreau. Grâce à lui, on suit quand même Arslan quand il quitte Kraftville pour Boukhara, mais je n'ai pas trouvé que cela ajoutait grand chose au récit.

Si la première partie - la situation vue à travers les yeux de Franklin - se lit aisément, il n'en est pas de même avec celles où Hunt prend la parole. J'y ai trouvé beaucoup de longueurs, beaucoup de répétitions.

Arslan est un être odieux : sûrement très intelligent mais cruel, violent ; c'est avant tout un violeur qui ne respecte ni les êtres, ni les lois. Les autres personnages ne sont pas très sympathiques non plus ou du moins pas attachants.  Il y a beaucoup d'autres aspects qui m'ont laissée dubitative ou qui m'ont déplu dans ce roman : La première chose c'est la façon dont Arslan arrive à Kraftville et y prend le pouvoir. Il a soi-disant conquis le reste du monde. Même s'il est tactiquement très habile et qu'il sait comment dominer les êtres, il est invraisemblable que personne n'ait réagi avant qu'il envahisse le pays, ni n'ait rien fait pour se protéger. La deuxième, c'est le rôle que l'auteure réserve à ses personnages féminins. Elles ne sont bonnes qu'à être violées ou à servir les hommes. Du reste certaines disparaissent du récit sans qu'on sache comment. Qu'est devenue Betty Hanson, la jeune professeur qu'Arslan gardait prisonnière chez Franklin ? Tout d'un coup on n'en entend plus parler.....

Mon avis sur cette lecture est plus que mitigé : Beaucoup de longueurs et de répétitions et en définitive, il y a très peu d'action.

En Bref

A réserver aux amateurs de politique-fiction

 

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  denoel

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