41v6nSRtu-L__

JUL de Pawel GOZLINSKI - Traduction de Isabelle JANNES-KALINOWSKI - 2013 - Editions NOIR sur BLANC- 384 pages 

Quatrième de couverture

Paris, juillet 1845. À l’aube, un homme en feu dévale la rue Mouffetard. C’est un brasier qui court. Le réfugié polonais Adam Podhorecki lui tire une balle dans la tête pour mettre un terme à sa souffrance. Le commissaire Lang, de la Sûreté, y voit l’occasion de recruter un informateur, d’autant que la victime est un autre Polonais… Pour échapper à la prison, et pour vaincre les démons qui le hantent, Podhercki se lance sur la piste criminelle, bientôt jonchée d’autres cadavres. Tout porte à croire que Mickiewicz, le poète de la Nation, sera le prochain sur la liste. Qui donc agit dans l’ombre ? Towianski, le faux prophète ? Les espions de Moscou ? La secte des résurrectionnistes ? Et que vient faire ici le club des Haschichins ?

Un polar polonais dans le Paris d’Eugène Sue, de Nerval et de Baudelaire, comme une gravure à l’eau-forte, avec ses ruelles noires, ses catins syphilitiques, ses agents de toutes les polices, ses exaltés de la politique ou de la foi. Il y a sur Paris l’ombre portée des gargouilles de Notre-Dame et celle de la guillotine. Un roman sur la folie du messianisme.

********************************************** 

Le récit commence par le meurtre d'une prostituée dans un quartier sordide de Paris : personne ne s'en soucie : le décor est planté. Pour le contexte historique, c'est une autre histoire : au début je me suis demandée ce que faisaient tous ces polonais à Paris et quelles étaient l'origine de leurs querelles politiques. Un petit tour sur le web ont rafraichi mes connaissances depuis longtemps oubliées de l'Histoire de la Pologne. L'action se déroule en Juillet 1845. Quelques années auparavant, le royaume de Pologne a été donné au tsar de Russie ; s'en est suivie une insurrection dont la défaite a entrainé une grande vague d'émigration polonaise vers la France. Voilà pour le décor historique dans lequel l'auteur met en scène, ou évoque un grand nombre de personnages dont certains ont rééllement existé : Adam Mickiewicz le poète maudit, dont les écrits semblent guider le ou les assassins, Andrzej Towianski, philosophe et leader d'une secte messianiste.

Le commissaire Lang, policier relativement incompétent au langage fleuri, flanqué de Bergson son second, doit résoudre un premier meurtre : un pauvre homme en feu abattu par un de ses amis qui a voulu abréger ses souffrances. Les policiers pataugent et les crimes se succèdent. Tous semblent avoir un rapport plus ou moins proche avec les poèmes de Mickiewicz. Et toutes les victimes sont des connaissances d'Adam Podhorecki, si bien que celui-ci se voit contraint de mener aussi son enquête.

J'ai eu déjà beaucoup de mal à entrer dans l'action: d'abord le grand nombre de personnages qui tous ont des noms très difficiles à retenir : au début il m'a été impossible de me souvenir qui était qui, ce qui a pas mal freiné ma lecture. Ensuite le contexte historique dont j'ai parlé un peu plus haut : les personnages évoquent entre eux des souvenirs de rencontres, de trahisons, de luttes entre factions : tant que je n'ai pas pu rétablir les faits dans l'Histoire, je suis restée complétement perdue dans le récit. Et l'action proprement dite : il n'y a pas de temps mort, ce qui est plutôt bien mais souvent plusieurs événements surviennent en même temps : sur les pas de Podhorecki et de ses amis on croit sans cesse avoir débusqué le coupable : mais non, c'est seulement l'homme qui connait l'homme qui........qui connait l'assassin, ce qui lasse au bout d'un certain temps.

Les faits sont rapportés dans de courts paragraphes : jour par jour, heure par heure et souvent minute par minute, cela apporte une certaine clarté à l'action, mais isole les événements et rend le récit haché : on passe d'une heure à l'autre d'un lieu, d'un personnage à un autre sans aucune transition. De temps en temps l'auteur nous ramène dans le passé pour mieux éclaircir l'histoire de certains personnages.

Pourtant si je me suis lassée à plusieurs reprises, je n'ai jamais eu envie d'abandonner ma lecture, Pawel GOZLINSKI a su me donner envie de savoir qui était à l'origine de tous ces meurtres et la fin ne m'a pas du tout déçue. De plus, aucun des personnages bien campés et souvent truculents ne m'ont laissée indifférente : certains comme Marie la jeune prostituée m'ont attendrie, d'autres comme le commissaire Lang ou la Veuve Ramudy, la logeuse, m'ont bien fait rire, et le poète Mickiewicz m'a vraiment intriguée.

En résumé, une histoire racontée d'une manière un peu trop compliquée pour qu'on puisse vraiment l'apprécier. C'est dommage parceque l'action et les personnages sont vraiment interessants.

Merci à BABELIO et aux éditions NOIR SUR BLANC pour ce livre reçu dans l'opération MASSE CRITIQUE.

NOTE : 6/10

" Que vous aimiez Françoise Sagan. ou JK Rowling., Kierkegaard. ou Anna Gavalda., Babelio vous invite toute l’année à explorer les critiques de la presse. ou des lecteurs. en allant sur Babelio.com."