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LA MORT SUR UN CHEVAL PÂLE de Daniel VASSEUR - 2014 - Editions NOUVEAU MONDE - 206 pages

Quatrième de couverture

Paris, mars 1855. Victor Grumel, commissaire au service de surveillance des chemins de fer, traque dans les ruelles de l'île de la Cité Alfred Devaux, un bagnard en fuite, condamné pour meurtre deux ans auparavant. Au même moment, à la Sainte-Chapelle, l'équipe du maître verrier Lusson reprend les travaux de rénovation des verrières. Alfredo Scassini, un peintre italien sur verre, s'inquiète de l'urgence et des difficultés de l'enjeu. La tension monte sur le chantier que Napoléon III a projeté de visiter. Quelques jours plus tard, on découvre aux abords de la Sainte-Chapelle le cadavre d'un souteneur connu des services de police. Comme dans le meurtre attribué à Devaux, la victime a été sauvagement égorgée et les soupçons se portent sur le bagnard en fuite. Grumel est sommé de le retrouver d'urgence. La crise atteint son paroxysme quand une nouvelle victime échappe de peu au tueur.

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"Et je vis un cheval  pâle, et celui qui était monté dessus s'appelait la Mort, et l'enfer le suivait  : et on lui donna puissance sur les quatre parties de la terre pour  faire mourir les hommes par l'épée, par la famine, par la mortalité et par les  bêtes sauvages" APOCALYPSE VI

Nous sommes à Paris en Mars 1855. Les travaux de restauration des vitraux de la Sainte Chapelle, commencés depuis quelques années se terminent dans la hâte ; en effet l'Exposition Universelle va ouvrir ses portes dans quelques mois : elle va attirer beaucoup de monde. De plus l'empereur Napoléon III a annoncé sa visite. Les artisans : peintres, verriers, serruriers s'activent autour de la verrière et des vitraux dont l'un spécialement est l'objet de tous leurs soins, celui qui représente La Mort sur un Cheval Pâle, le quatrième cavalier de l'Apocalypse. Plusieurs crimes vont être perpétrés dans les rues aux alentours de la Sainte Chapelle. Tous commis de la même manière et apparemment avec la même arme. Suite au premier en 1853, le meurtrier Alfred Devaux a été  arrêté et condamné à dix ans de bagne. Il s'en évade deux ans plus tard, et les crimes recommencent. C'est le commissaire Victor Grumel, nouvellement affecté au service de surveillance des chemins de fer qui est chargé de l'enquête. Pressé par ses supérieurs, aidé de son second, Ragon, il va tout faire pour retrouver l'évadé et éviter ainsi que les crimes se multiplient.

Grumel et son équipe enquêtent, filent les suspects. Alfred Devaux est-il vraiment coupable du premier crime ? A-t-il également commis les suivants ? Si oui est-il fou ? Sinon, pourquoi tous ces crimes ? Quel en serait le mobile ? Autant de questions qui se posent à Grumel et son équipe. Cela arrangerait bien ses supérieurs qu'il retrouve Devaux, qu'on le déclare coupable sans plus enquêter, qu'on le ramène au bagne et qu'on n'en parle plus. L'empereur pourrait visiter le chantier sans crainte et inaugurer l'Exposition Universelle ; tout rentrerait dans l'ordre - même si cela ne serait qu'en apparence. Bien qu'on lui ait envoyé plusieurs hommes pour le seconder, Grumel devra plus compter sur son bon sens que sur les aptitudes de ces policiers.

Daniel VASSEUR nous emmène dans le dédales des rues étroites et malodorantes de l'ile de la Cité, entre le Marché aux fleurs, la Sainte Chapelle et les quais de la Seine. On reconnait sans peine le Paris de Victor Hugo et de Zola avec ses maisons insalubres, ses coupe gorges et ses bistrots. L'action est bien menée, le suspense adroitement distillé. Le récit est bien documenté, les personnages s'expriment avec les termes de l'époque, et l'auteur a ajouté leur traduction en pied de page, ainsi qu'à la fin de l'ouvrage un plan du quartier ou se déroulent les faits.

Au final, j'ai beaucoup apprécié cet ouvrage, autant comme roman historique que roman policier.

Merci beaucoup à BABELIO et aux Editions NOUVEAU MONDE de m'avoir donné l'occasion de découvrir ce livre.

Note : 8/10

Les premières phrases :

"Pas une chance sur cent pour que ça marche ! Pas une sur cent.

Il se répète les mots comme une litanie. Il en tire une amère satisfaction, le constat de l'inéluctable, quand il n'est plus de choix."

Les dernières phrases :

"Rue Saint Jacques. Il monta dans un fiacre. Il était pressé maintenant. Il avait rendez-vous chez lui rue de Bretagne, avec Isabelle qui voulait parler de "choses sérieuses".

"Sérieuses ?" Ce sera difficile, pensa t-il."

Challenge ABC 2014 : Lettre V