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L'ENVOL DU HERON de Katharina HAGENA - Traduction de Corinna GEPNER - 2013 - Editions  ANNE CARRIERE - 293 pages

Ce qu'en dit l'éditeur

Ellen est somnologue et souffre cruellement d'insomnie. Tandis que les rames du métro de Hambourg vibrent sous ses pieds, elle pense à son pays natal, entre Rhin et usine de gravier, aux secrets de sa famille, aux hommes de sa vie, à ce qu'elle a aimé et perdu, à sa fille Orla qu'elle veut à la fois protéger du monde et aider à devenir une femme libre. Marthe chante dans la même chorale qu'Ellen. Il y a bien longtemps, son fils Lutz a disparu sans laisser de traces. Depuis, elle observe le monde qui l'entoure avec l'immobilité silencieuse du héron gris. Elle observe particulièrement Ellen et sa fille. Et son désir de justice grandit.

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Les premières phrases

Les signes sont partout.

Rien qu'une enveloppe, déjà, avec les signes postaus, timbres, tampons et code-barres, l'écriture de l'expéditeur - imprimée ou manuscrite, avec imprimante laser, encre, stylo bille ou feutre.

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 Ellen, médecin somnologue et elle-même insomniaque est revenue d'Irlande après avoir rompu avec Declan, un musicien alcoolique et volage.  Elle s'installe à Gründ, un petit village allemand, avec sa fille Orla née à Dublin dix sept ans auparavant. C'est à Grûnd qu'Ellen a grandi. Elle y retrouve ses parents Joachim et Heidrum. Cette dernière est maintenant dans le coma suite à un AVC et après avoir souffert pendant plusieurs années de la maladie d'Alzeimer. Elle y retrouve aussi Andrea son ami d'enfance devenu le facteur du village, rendu muet par de vieux souvenirs. Ellen va s'inscrire à la chorale du village dirigée par son père et dont font partie les protagonistes de ce récit. En plus d'Ellen, Joachim et Andrea (il ne parle plus, mais il chante....) il y a Benno un ancien patient d'Ellen, étudiant en Histoire et Marthe une vieille femme arrivée un beau jour au village sans que personne ne sache d'où elle vient.

Le récit que fait Ellen de sa vie durant une nuit d'insomnie alterne avec celui de Marthe qui ne se console pas de la disparition de son fils dix huit ans auparavant. Tous les personnages de ce récit ont en commun la disparition ou la perte d'un être cher. Pour Joachim c'est celle de sa femme Heidrum, pour Ellen la disparition de Lutz, son amant suite à laquelle elle est partie en Irlande. Marthe n'a toujours pas compris pourquoi  ni comment son fils était parti un jour sans donner d'explications, Andrea a perdu Ellen dont il était amoureux lorsqu'elle a quitté l'Allemagne et Benno se perd dans l'histoire de la disparition d'un soldat allemand auquel il consacre sa thèse. Les souvenirs remontent à la surface de la mémoire d'Ellen pendant que de son côté, Marthe se lamente. Tous se cherchent, s'épient sans se faire voir, essayent de trouver ce qui se cache en chacun d'eux. Le roman est truffé de symboles tels que les toiles d'araignées qui s'accumulent sous les ponts et les labyrinthes qu'Orla aime à construire. C'est un récit sur le sommeil, la disparition, la mémoire, mais aussi sur l'oubli, les secrets. Ce n'est qu'à la fin du récit que ceux-ci, pourtant bien enfouis, seront révélés. 

J'ai trouvé ce récit très brouillon. Dès le début on ne comprend ni qui parle, ni à quelle époque on est. Les souvenirs d'Ellen arrivent sans chronologie, ce qui nuit au rythme de l'histoire. Ce n'est qu'à partir d'une centaine de pages que j'ai réussi à m'y retrouver. Je suis restée durant toute ma lecture à l'extérieur de l'histoire. C'est dommage parce que le style de l'auteure est très poétique : il y a de magnifiques descriptions de la nature dans le journal de Marthe. Mais le tout manque cruellement de chaleur...

En bref

Une lecture qui ne me donne pas vraiment l'envie de me plonger dans Le goût des pépins de pomme, autre ouvrage de l'auteure, dans ma PAL depuis un moment déjà. Et j'ai clairement l'impression d'être passée à côté de quelque chose.

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