EN QUELQUES MOTS

Etant donné que je n'ai pas le temps de chroniquer toutes mes lectures, j'ai décidé de consacrer quand même quelques mots à celles qui jusque là étaient simplement mentionnées dans mes bilans mensuels. C'est pourquoi j'ai créé cette rubrique....

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couv30062907LE CADAVRE DE BLUEGATE FIELDS de Anne PERRY - Traduction d'Anne Marie CARRIERE - 1999 - Editions 10/18 - 382 pages

Ce qu'en dit l'éditeur

Fidèle à son instinct de fin limier, l’inspecteur Pitt ne tarde pas à trouver la noyade d’Arthur Waybourne suspecte : issu de la gentry londonienne et atteint de la syphilis à seize ans, le jeune homme semblait avoir plus d’un secret à cacher… Mais après avoir arrêté et fait condamner à mort le précepteur antipathique de la victime, Pitt commence à douter. N’aurait-il pas envoyé un innocent à la potence ? Derrière les murs des salons cossus et les discours de façade, la vérité devient plus que jamais urgente à débusquer !

Les premières phrases

L'Inspecteur Pitt frissonna légèrement. L'air malheureux, il regarda le sergent Froggatt, tandis que celui-ci soulevait le couvercle du trou de visite pour en dégager l'ouverture. Des échelons de fer descendaient dans un abîme pierreux au fond duquel se repercutait l'écho lointain du ruisselement de l'eau.......

Le Cadavre de Bluegate Fields est le sixième volet de la série des enquête de l'inspecteur Pitt. Cette fois-ci Anne Perry nous plonge dans un quartier mal famé de Londres, dans les égouts duquel la police découvre le corps d'un adolescent. Celui-ci est mort de noyade, mais dans ses poumons, ce n'est pas de l'eau polluée que l'on retrouve, mais celle, un peu savonneuse, qu'on s'attendrait à trouver dans une baignoire. 

On retrouve avec plaisir dans ce sixième tome les personnages habituels. J'ai beaucoup aimé que l'auteure nous fasse entrer dans un autre univers que celui des quartiers huppés de Londres. En effet Bluegate Fields en plus d'être un quartier ou règne la misère est le haut lieu de la prostitution masculine ce qui permet à Anne Perry d'aborder ce sujet ainsi que celui de l'homosexualité qui, à l'époque victorienne ,était interdite et même passible de prison.

C'est le volet de la série que j'ai préféré jusqu'à maintenant.

Note : 7.5/10

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41xThfoJp9LL'INAPERCU de Sylvie GERMAIN - 2008 - Editions ALBIN MICHEL - 294 pages

Ce Qu'en dit l'éditeur

Les Bérynx : une famille ordinaire, avec son patriarche autoritaire, ses mères affairées, ses enfants fragiles, ses secrets non partagés et son lot de drames. Et il y a Pierre, qui vient de se greffer sur cette famille comme une sorte d'ange gardien dont on ignore presque tout, homme à tout faire, mais aussi à tout défaire. Jusqu'au jour où il disparaît sans laisser d'autres traces que les brèches qu'il a ouvertes en chacun. Roman des origines autant que de la construction de soi, L'inaperçu, comme Magnus, fait coexister le plus sombre de l'Histoire et des tragédies individuelles avec l'imprévisible, la puissance de l'imaginaire, les rêves les plus fous, tout ce qui échappe à l'emprise du temps et permet d'inventer son destin.

Les premières phrases

Une femme marche à pas rapides le long des berges du fleuve. Elle avance légèrement vcourbée pour se protéger du vent qui souffle dru en ce soir de décembre. Elle est vêtue d'un manteau d'astrakan noir dont le col relevé forme une large corolle autour de sa tête penchée en avant qu'enserre un foulard gris à motifs mauves.

Un inconnu fait irruption dans une famille encore bouleversée par la mort du chef de famille. Il va en bousculer les codes, permettant à chaque membres de mieux se connaitre et à certains de s'affirmer. Puis il va disparaitre....Un récit sur les secrets, ceux qui nous empêchent de grandir, sur la mémoire, la résilience, la quête de l'identité.

Pour moi une petite déception par rapport aux autres ouvrages de Sylvie Germain lus jusqu'à maintenant. Je n'ai jamais pu entrer vraiment dans l'histoire.

Note 5/10

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couv33594815  LE TESTAMENT FRANCAIS d'AndreÏ MAKINE  - 1995 - Editions FOLIO 2002 - 343 pages

Ce qu'en dit l'éditeur

Je me souvenais qu'un jour, dans une plaisanterie sans gaîté, Charlotte m'avait dit qu'après tous ses voyages à travers l'immense Russie, venir à pied jusqu'en France n'aurait pour elle rien d'impossible [...]. Au début, pendant de longs mois de misère et d'errances, mon rêve fou ressemblerait de près à cette bravade. J'imaginerais une femme vêtue de noir qui, aux toutes premières heures d'une matinée d'hiver sombre, entrerait dans une petite ville frontalière. [...]. Elle pousserait la porte d'un café au coin d'une étroite place endormie, s'installerait près de la fenêtre, à côté d'un calorifère. La patronne lui apporterait une tasse de thé. Et en regardant, derrière la vitre, la face tranquille des maisons à colombages, la femme murmurerait tout bas : "C'est la France... Je suis retournée en France. Après... après toute une vie".

Les premières phrases

Encore enfant, je devinais que ce sourire très singulier représentait pour chaque femme une étrange petite victoire. Oui, une éphémère revanche sur les espoirs déçus, sur la grossiéreté des hommes, sur la rareté des choses belles et vraies dans ce monde. Si j'avais su le dire, à l'époque, j'aurais appelé cette façon de sourire "féminité"....

Un jeune garçon russe écoute avec passion et admiration sa grand mère raconter ses souvenirs de sa France natale. L'enfant se forge une image idyllique de la France, mais à l'adolescence il ressent le besoin d'être comme ses camarades, de se fondre dans la masse et tentera de rejeter cette "greffe française".
 En pleine quête identitaire, il sera écartelé entre deux langues, deux cultures. Des années plus tard, il quittera définitivement son pays pour la France.

Un beau roman, de beaux portraits ; on en apprend beaucoup sur l'histoire de la Russie. Le style est fluide et agréable. J'ai bien aimé.

Note 8/10

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