vongo

VONGOZERO de Yana VAGNER - Traduction de Raphaëlle PACHE - 2014 - Editions POCKET 2016 - 540 pages

Ce qu'en dit l'éditeur

Moscou ne répond plus. À quelques kilomètres de la capitale, mise en quarantaine, le village d'Anna et Sergueï s'attend au pire. Bientôt, les pillards, bientôt, le chaos... L'épidémie qui a frappé les grandes villes et paralysé le monde marche droit sur eux. Il faut fuir, le plus vite possible. Avec une poignée de voisins et l'ex-femme de Sergueï, le convoi s'organise : vivres, essence... Rester soudés, malgré les dissensions, l'égoïsme, la panique, et l'instinct de survie qui reprend ses droits et lève les masques. En ligne de mire, un lac perdu et un refuge coupé du monde : Vongozero.

**********************************

Les premières phrases

Maman est morte le mardi 17 Novembre. J'ai appris la nouvelle par une voisine. Quelle ironie : Ni maman ni moi n'avons été proches de cette femme acariâtre, toujours maussade, dont le visage ingrat semblait taillé dans la pierre. Nous avons vécu quinze ans sur le même palier et à une époque, pendant plusieurs années, je me dispensais même de la saluer.

*****************************

Un terrible virus contamine peu à peu les habitants de Moscou. Anna et Sergueî qui habitent dans un village à quelques kilomètres de la capitale ne peuvent bientôt plus se rendre à leur travail La ville a été mise en quarantaine ; plus personne ne peut y entrer ni en sortir. Et il ne s'agit pas uniquement de Moscou. Ils apprennent par la télévision que l'Europe entière est touchée, mais aussi les autres continents. Cependant les habitants gardent bon espoir : la science et les autorités vont trouver une solution à cette menace.....Sauf que bientôt c'est le chaos : les lignes téléphoniques sont coupées, les soldats chargés de garder les accès à la ville désertent et commencent à piller les maisons. Des hordes d'individus porteurs du virus ne vont pas tarder à quitter la cité ou depuis quelques temps on ne trouve plus ni alimentation, ni médicaments. Avec un groupe d'amis et de voisins, Anna, son fils Micha, et Sergueï son compagnon, auxquels se joignent sa première femme et son petit garçon ainsi que Boris son père, vont tenter de rejoindre Vongo Zero, un lac de Carélie à la frontière finlandaise, tout au nord du pays, sur lequel se trouve une île où ils pourront vivre, protégés de la pandémie par l'isolement qu'elle leur procurera. Et ce sont quatre voitures chargées à bloc et transportant onze personnes qui vont s'élancer sur les routes enneigées vers une destination aussi lointaine qu'incertaine.

Vongo Zero, c'est à la fois un road movie sur fond de catastrophe mondiale et un passionnant thriller psychologique. C'est Anna la narratrice qui nous conte leur odyssée. Leur première préoccupation est la recherche du carburant pour leurs quatre voitures qui doivent parcourir plusieurs milliers de kilomètres. La plupart des stations qu'ils rencontrent sur leur route sont vides, abandonnées. Et quand elles sont encore ouvertes, ils craignent de tomber dans un piège. Ils doivent se méfier de toutes les personnes qu'ils rencontrent : certaines sont peut être malades, d'autres mal intentionnées, ou les deux à la fois. Toutes leurs voitures chargées jusqu'à la gueule éveillent la convoitise.

La tension mise en place dès les premières pages monte au fur et à mesure que les kilomètres défilent. Comme Anna et ses compagnons on ne sait jamais ce qui peut arriver, on s'attend au pire..... Ils traversent des villages déserts, d'autres transformés en cimetières. Chacun est confronté à la peur mais aussi à la nécessité de partager ce voyage forcé avec des gens avec qui ils ne s'entendent pas forcément et de les supporter. Anna voit ainsi faire intrusion dans sa vie la première femme de son compagnon. Elle est assez individualiste et la pensée de devoir vivre à onze personnes dans deux toutes petites pièces sur cette île pendant un temps indéterminé -si jamais ils atteignent leur but - l'épouvante. Et la question qui se pose à tout moment, c'est : Jusqu'où suis-je capable d'aller pour assurer ma survie ? Lorsqu'ils quittent leur foyer et leur petite vie tranquille, ils sont des hommes et des femmes comme vous et moi. Seront-ils transformés par les épreuves qu'ils vont traverser ? Pourront-ils rester eux-mêmes, des gens "normaux", civilisés, face à tous ces dangers. Résisteront-ils à la tentation de considérer l'autre comme un concurrent à la survie ?

L'auteur a très bien su entretenir la tension qui vient à la fois des dangers extérieurs, mais aussi des efforts que font chacun des protagonistes pour éviter que le groupe soit déchiré par des dissensions, pour qu'il reste uni, ce qui est indispensable pour leur survie. Tension encore accrue par les immenses étendues couvertes de neige qu'il doivent parcourir

En Bref

Un vrai coup de coeur. Un premier roman très réussi. J'ai été tenue en haleine tout le long de ma lecture et j'ai hâte de découvrir la suite dès qu'il sera paru en poche : Le Lac paru aux Editions Mirobole en 2016

 

stars-10stars-9