honneurs

LES HONNEURS PERDUS de Calixthe BEYALA - 1996 - Editions ALBIN MICHEL - 405 pages

Ce qu'en dit l'éditeur

" Que ceci soit clair : je m'appelle bien Saïda Bénérafa.
Jusqu'à quarante et quelques années, je n'avais jamais quitté New-Bell Douala n° 5. Je n'étais pas encore la jeune fille de cinquante ans qui passionne Belleville. Pourtant, même à cette époque, je faisais déjà la Une du téléphone arabe ". Entre Couscousville, à la périphérie de Douala, et les hauteurs bigarrées de Belleville, la route est longue, pavée d'embûches, de petites joies et de grandes tragédies.
Saïda va mettre longtemps à la parcourir, avec pour seule richesse son inaltérable confiance en la race humaine et son honneur qu'elle ne veut pas perdre. Cet " honneur " c'est aussi celui de toutes les femmes, qu'elles soient blanches ou noires, servantes ou maîtresses, catholiques ou musulmanes. Jamais l'auteur d'Assèze l'Africaine n'avait décrit avec autant de verve sa belle et crasseuse Afrique, éclatante de vie, de couleurs et de gaieté malgré sa misère.
Jamais elle n'avait dit avec autant de force son attachement à une France envoûtante, fragile et parfois impitoyable. Les Honneurs perdus, une déchirante tragi-comédie de notre époque qui confirme Calixthe Beyala comme un des grands auteurs francophones internationalement reconnus.

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Les premières phrases

" Que ceci soit clair : je m'appelle bien Saïda Bénérafa.
Jusqu'à quarante et quelques années, je n'avais jamais quitté New-Bell Douala n° 5. Je n'étais pas encore la jeune fille de cinquante ans qui passionne Belleville. Pourtant, même à cette époque, je faisais déjà la Une du téléphone arabe .

Pourquoi ? Je suis née quelques années avant les indépendances. C'était en 40-45, mais les dates précises n'ont aucune importance"

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Saiïda est née à Couscousville, un bidonville de la banlieue de Douala au Cameroun, premier et dernier enfant d'un couple musulman. Son père mit longtemps à lui prêter de l'attention : au lieu du fils tant attendu, il se retrouvait avec une fille sur les bras. Saïda grandit dans la crasse et la misère, entre l'école coranique et son foyer, sous l'emprise de son père qui ne lui laisse que peu de liberté. Alors que les filles de son village ont des petits amis, puis se marient, Saïda reste seule et vierge. A plus de quarante ans, quand elle se décide à partir à Paris, elle l'est toujours. Avec son certificat de virginité "valable dix ans" établi par le pharmacien de Couscousville en poche, elle arrive à Belleville chez Aziza, une lointaine cousine qui va l'héberger quelques temps "par solidarité africaine". Lorsque celle-ci la mettra à la porte après l'avoir exploitée pendant plusieurs années, elle va faire la connaissance d'un clochard, Marcel Pignon Marcel qui va tomber amoureux d'elle et l'aider à trouver un nouvel emploi. Elle va alors s'installer chez Ngaremba, une femme indépendante qui vit avec sa fille Loulouze et gagne sa vie comme écrivain public. Saïda ne va pas tarder à se rendre indispensable auprès de cette femme et de sa fillette.

Saïda, prisonnière des croyances qu'on lui a inculquées, a passé plus de la moitié de sa vie à préserver sa virginité et à attendre un mari. Soumise d'abord à son père, puis à ses employeuses, elle est passée de la misère de l'Afrique, à celle de Belleville. Mais elle a évolué, a appris à lire, et surtout aux côtés de Ngaremba, elle a compris qu'une femme africaine n'avait pas absolument besoin d'un mari pour être heureuse, et que faire fi des conventions n'était pas si grave que cela loin de l'Afrique. En France, elle trouve la liberté qu'elle n'a pas eu dans son pays.

Calixthe Beyala, elle même originaire du Cameroun nous conte l'histoire poignante de Saïda avec humour. Sa plume est à la fois vivante et alerte. Elle a su rendre ses personnages attachants - surtout Saïda -, mais malgré cela je n'ai jamais vraiment pu entrer dans l'histoire.

En Bref

Une petite déception. J'avais lu il y a quelques temps La Plantation où l'auteure parle des blancs en Afrique. J'espérais retrouver dans Les Honneurs perdus un peu de ce que j'avais aimé dans ce roman. Mais malheureusement cela n'a pas été le cas.

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