TROIS

TROIS FEMMES PUISSANTES de Marie NDIAYE - 2009 - Editions GALLIMARD - 317 pages -

Ce qu'en dit l'éditeur

Trois récits, trois femmes qui disent non. Elles s'appellent Norah, Fanta, Khady Demba. Chacune se bat pour préserver sa dignité contre les humiliations que la vie lui inflige avec une obstination méthodique et incompréhensible. L'art de Marie NDiaye apparaît ici dans toute sa singularité et son mystère. La force de son écriture tient à son apparente douceur, aux lentes circonvolutions qui entraînent le lecteur sous le glacis d'une prose impeccable et raffinée, dans les méandres d'une conscience livrée à la pure violence des sentiments.

Prix Goncourt 2009

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Les premières phrases

Et celui qui l'accueillit ou qui parut comme fortuitemant sur le seuil de sa grande maison de béton, dans une intensité de lumière soudain si forte que son corps vêtu de clair paraissait la produire et la répandre lui-même, cet homme qui se tenait là, petit, alourdi, diffusant un éclat blanc comme une ampoule au néon, cet homme surgi au seuil de sa maison démesurée n'avait plus rien, se dit aussitôt Norah, de sa superbe, de sa stature, de sa jeunesse auparavant si mystérieusement constante qu'elle semblait impérissable.

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Trois femmes, trois portraits, trois récits reliés entre eux par un lieu géographique : Dara Salam un village du Sénégal, ou succinctement par certains personnages . En tous cas, ce sont les femmes et l'Afrique qui sont au coeur de ce roman.

La première des trois femmes, Norah, revient en Afrique à la demande de son père qu'elle n'a pas revu depuis de longues années. Il les a abandonnées en France, elle et sa soeur, alors qu'elle n'avait que huit ans, en emmenant avec lui son jeune frère, et n'a dès lors presque jamais donné de ses nouvelles. Alors qu'elle s'attendait à retrouver un homme despotique mais fier et élégant, elle retrouve un vieillard négligé et ruiné, détruit par un drame familial. Norah est devenue avocate, et c'est de ses talents qu'il va avoir besoin.

La seconde, Fanta a grandi au Sénégal et est devenue professeur de français. Elle a rencontré Rudy et l'a suivi en France, mais a du abandonner son activité faute d'avoir trouvé un poste dans un lycée et elle est contrainte à passer ses journées entières à la maison où elle s'ennuie à mourir. C'est Rudy et ses états  de conscience qu'on suit dans ce récit, Fanta n'apparaissant qu'en filigrane. Rudy est un homme lâche, veule, mauvais mari, mauvais père et il le sait. Spécialiste en littérature médiévale, il n'a pas su se réadapter à la vie française où, faute de mieux, il s'est reconverti en commercial. Il a peur que Fanta le quitte, mais il n'arrive pas à changer son comportement. Pendant les deux cents pages qui lui sont consacrées, il ressasse ses erreurs et ses blessures d'amour propre.

La troisième de ces femmes c'est Khadi Demba. On l'a déjà rencontrée dans la première partie où elle était employée chez le père de Norah. Dans la partie qui lui est consacrée, elle vient de perdre son mari. Sans famille, sans enfant, elle est mise à la porte par sa belle-mère qui veut l'envoyer en France chez sa cousine Fanta. Mais la route de l'exil est parsemée d'embûches et Khadi va en faire l'amère expérience.

Ces trois femmes n'ont pas, comme le titre pourrait le faire penser,  un pouvoir, une possibilité d'agir sur les autres. Le pouvoir c'est sur elles-mêmes qu'elles l'ont : celui de prendre conscience, de pardonner, de se transformer, d'aller jusqu'au bout d'elles-mêmes pour vaincre les épreuves qui leur sont imposées, ou du moins pour en retirer quelque chose qui les grandira. A l'inverse, tous les hommes de ces récits sont présentés comme des êtres veules, lâches, fourbes même, incapables de triompher de l'adversité.

Je me suis profondément ennuyée à la lecture de ce livre.....La première partie, celle où apparaît Norah est assez intéressante et vivante, ce qui m'a poussée à persévérer, mais si le récit avait commencé par le chapitre consacré à Fanta - le plus long- j'aurai sûrement abandonné le livre au bout d'une cinquantaine de pages. En fait je n'ai pu m'attacher à aucune de ces femmes (à part peut être à Norah) qui me sont restées complètement étrangères. C'est sombre, lent, je dirais même inintéressant. Pour ne rien arranger, le style de l'auteur est lourd du fait des phrases longues et alambiquées qu'elle emploie. A plusieurs reprises j'ai été obligée d'en relire certaines parcequ'arrivée à la fin, abreuvée de mots, j'en avais déjà oublié le début.

En bref

Des récits peu intéressants et surtout un style indigeste.

stars-65grises

 

Challenge ABC 2016 : lettre N

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