arslan

ARSLAN de M.J ENGH - Traduction de Jacques COLLIN - 2016 - Editions DENOEL - 388 pages

Ce qu'en dit l'éditeur

Ancien président du Turkistan, général moitié ouïgour moitié ouzbek, Arslan a conquis le monde. Et c'est dans l'insignifiante petite ville américaine de Kraftsville qu'il a décidé de fêter sa victoire finale. Mais le plus important ce n'est pas tant qu'Arslan ait conquis le monde, mais bien ce qu'il va faire avec. Une perspective effrayante quand on voit les nouvelles règles qu'il impose aux habitants de Kraftsville. Publié pour la première fois en 1976, Arslan est l'oeuvre la plus connue de l'auteure américaine M.J. Engh (elle a signé un autre roman remarqué : Rainbow Man ). Ce classique de la science-fiction, puissant, terriblement dérangeant, continue, quarante ans après sa première publication, de susciter de violentes polémiques.

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Les premières phrases

Quand son nom commença à apparaitre aux nouvelles, il ne constitua qu'un sinistre patronyme étranger de plus, comme tant d'autres. Et comme tant d'autres, il prospéra à loisir, pour se hisser au rang de crise potentielle

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J.M ENGH a écrit ARSLAN son roman de politique-fiction en 1976, et bien que celui-ci ait été considéré presque comme un chef d'oeuvre, il n'arrive à nous que quarante ans plus tard.

Le général Arslan, jeune chef d'état Turkmène débarque à Kraftville, une petite ville de l'Ilinois accompagné de ses troupes armées. Il a conquis le monde entier et contre toute attente décide d'établir son quartier général dans cette bourgade perdue. Pour mieux asseoir son autorité et montrer l'étendue de son pouvoir, il organise le soir même une fête à l'école à l'issue de laquelle il choisit deux élèves -un garçon et une fille - et les viole devant les professeurs, les élèves, et tous ses soldats. Il s'installe ensuite chez le directeur de l'école Franklin Bond et sa femme Luella, à qui il impose aussi la présence et les viols répétés de Hunt le jeune garçon dont il a fait son jouet et de Betty Hanson une jeune professeur.

Le récit est à deux voix et c'est à travers elles que nous allons découvrir qui est Arslan. La première est celle de Franklin. C'est lui qui nous narre l'entrée du tyran à Krraftville. Comme il loge chez lui, il est aux premières loges pour recueillir ses confidences. Le but d'Arslan n'est pas simplement de gouverner le monde, il veut le guérir, le sauver de lui-même. Pour cela il veut supprimer la société capitaliste existante pour la remplacer par des petites communautés indépendantes et autosuffisantes. Plus de technologie, plus d'électricité, les hommes devront vivre de chasse et des produits d'élevage et de la culture. La nature doit reprendre sa place. Si cela ne fonctionne pas, qu'à cela ne tienne, il a des plans B : la stérilisation des populations, où même plus rapide : leur éradication. En attendant il se sert du viol et du meurtre pour les "éduquer" !

Puis c'est Hunt qui prend la parole ; le style change devient plus lyrique et alors que je m'attendais à avoir une nouvelle vision des choses, en fait on n'apprend rien de plus, mis à part que Hunt, après plusieurs années d'esclavage sexuel éprouve une certaine admiration, voire de l'affection pour son bourreau. Grâce à lui, on suit quand même Arslan quand il quitte Kraftville pour Boukhara, mais je n'ai pas trouvé que cela ajoutait grand chose au récit.

Si la première partie - la situation vue à travers les yeux de Franklin - se lit aisément, il n'en est pas de même avec celles où Hunt prend la parole. J'y ai trouvé beaucoup de longueurs, beaucoup de répétitions.

Arslan est un être odieux : sûrement très intelligent mais cruel, violent ; c'est avant tout un violeur qui ne respecte ni les êtres, ni les lois. Les autres personnages ne sont pas très sympathiques non plus ou du moins pas attachants.  Il y a beaucoup d'autres aspects qui m'ont laissée dubitative ou qui m'ont déplu dans ce roman : La première chose c'est la façon dont Arslan arrive à Kraftville et y prend le pouvoir. Il a soi-disant conquis le reste du monde. Même s'il est tactiquement très habile et qu'il sait comment dominer les êtres, il est invraisemblable que personne n'ait réagi avant qu'il envahisse le pays, ni n'ait rien fait pour se protéger. La deuxième, c'est le rôle que l'auteure réserve à ses personnages féminins. Elles ne sont bonnes qu'à être violées ou à servir les hommes. Du reste certaines disparaissent du récit sans qu'on sache comment. Qu'est devenue Betty Hanson, la jeune professeur qu'Arslan gardait prisonnière chez Franklin ? Tout d'un coup on n'en entend plus parler.....

Mon avis sur cette lecture est plus que mitigé : Beaucoup de longueurs et de répétitions et en définitive, il y a très peu d'action.

En Bref

A réserver aux amateurs de politique-fiction

 

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  denoel