COURONNE

UNE DEMI-COURONNE de Jo WALTON - Traduction de Florence DOLISI - 2016 - Edition DENOEL (Lunes d'encre) - 342 pages.

Ce qu'en dit l'éditeur

Londres. 1960. Dix ans ont passé depuis l’attentat contre Hitler déjoué par Peter Carmichael. L’homme qui fut un brillant inspecteur de Scotland Yard dirige maintenant le Guet, la redoutable police secrète créée par Mark Normanby pour juguler l’opposition et traquer les Juifs. Il a adopté Elvira Royston, la fille de son ancien adjoint. Alors que la jeune Elvira se forge lentement mais sûrement une conscience politique et découvre avec effroi les coulisses d’une Angleterre vendue au fascisme, de nouveaux mouvements sur l’échiquier politique secouent le pays. Le retour du duc de Windsor, fasciné par Hitler, n’étant pas le moindre. En danger, plus que jamais, Carmichael va être confronté au plus grand défi de son existence. Avec Une demi-couronne, Jo Walton clôt en beauté sa trilogie du Subtil changement (Le Cercle de Farthing, Hamlet au paradis) et nous rappelle que les Justes, aussi, peuvent écrire l’Histoire.

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Les premières phrases

"Une semaine avant mon entrée dans le monde sous l'égide de Mrs Maynard, je l'entendis sans le faire exprès déclarer à mon propose que je n'étais pas "tout à fait........" Ce sont ses mots : "Elvira n'est pas tout à fait...."

Quand Mrs Maynard laissait ses phrases en suspens, je savais très bien ce que cela voulait dire"

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Dix ans après l'attentat manqué contre Hitler, l'Angleterre vit toujours dans l'idéologie nazie sous la férule du premier ministre Normanby. Pourtant des émeutes éclatent et des slogans tels que " l'Angleterre aux anglais " se font entendre. Ailleurs dans le monde, ce n'est pas mieux. L'URSS n'existe plus, conquise par les japonais qui détiennent l'arme atomique et qui lorgnent désormais sur les possessions britanniques en Asie. On soupçonne aussi Edouard VIII de retour d'exil de fomenter un coup d'état pour reprendre le trône d'Angleterre. Une conférence pour la paix dans le monde rassemblant tous les partis s'impose et c'est à Londres qu'elle doit avoir lieu. C'est Carmichael qui est chargé de son organisation. Il est maintenant à la tête du Guet, la police politique surnommée par certains la Gestapo. Grâce à son poste, il peut agir en secret à contre-courant des directives du pouvoir : sauver de nombreux juifs et les envoyer dans des endroits où ils seront en sécurité plutôt que dans des camps de concentration.

Dans ce troisième opus, Jo Walton reprend la construction narrative des deux précédents : un chapitre sur deux est consacré à l'inspecteur Carmichael, alors que les autres sont racontés par Elvira sa pupille. (Souvenez vous : son père le sergent Royston, ami de Carmichael a été tué lors d'une intervention alors qu'elle n'avait que huit ans et ce dernier a décidé de l'adopter).

Jo Walton a donné ici une grande importance à ses personnages, ce que j'ai beaucoup apprécié mais qui nuit un peu à l'intrigue. Elvira est le personnage féminin de ce récit. Son "oncle" a voulu la protéger et la garder éloignée des manoeuvres politiques qui agitent la capitale et surtout lui cacher ses propres agissements. Maintenant en âge d'être présentée à la reine et de faire ses débuts dans le monde, Elvira est une jeune fille naïve et un peu superficielle comme toutes celles qui ont reçu la même éducation qu'elle. Carmichael quant à lui, relégué dans son statut de chef du Guet a du délaisser ses enquêtes. Il se démène pour éviter d'envenimer ses rapports avec Normanby et continuer à mener à bien ce qui lui tient à coeur : sauver le maximum de personnes menacées par le régime. Ce que j'ai apprécié ici, c'est qu'on en apprend beaucoup plus sur Jack, alors que dans les deux autres tomes, son personnage était à peine esquissé.

Je ne vais pas parler vraiment de déception concernant ce récit, mais je l'ai trouvé beaucoup moins fort que les deux premiers. Et surtout le personnage d'Elvira m'a paru assez peu crédible. Décrite comme naïve et innocente au début, elle ne parait pas s'offusquer de la fouille au corps qu'elle subit de la part de matons goguenards et alors que quelques jours auparavant elle ignorait tout de la situation politique réelle, elle trouve les mots justes pour l'exposer à la reine. La fin, un peu expédiée, m'a laissée dubitative également. Comme si l'auteure n'avait pas trouvé d'autre moyen de conclure.

En Bref

Malgré certains éléments qui m'ont un peu dérangés Une demi-Couronne reste une bonne uchronie. J'y ai retrouvé avec plaisir la plupart des personnages et le style de Jo Walton est toujours aussi agréable à lire.

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