force

DE FORCE de Karine GIEBEL - Mars 2016 - Editions BELFOND - 522 pages

Ce qu'en dit l'éditeur

« Le temps de l'impunité est révolu. Le temps des souffrances est venu. » Elle ne m'aimait pas. Pourtant, je suis là aujourd'hui. Debout face au cercueil premier prix sur lequel j'ai posé une couronne de fleurs commandée sur internet. Car moi, j'ai voulu l'aimer. De toutes mes forces. De force. Mais on n'aime pas ainsi. Que m'a-t-elle donné ? Un prénom, un toit et deux repas par jour. Je ne garderai rien, c'est décidé. A part le livret de famille qui me rappelle que j'ai vu le jour un 15 mai. De mère indigne. Et de père inconnu. Lorsque j'arrive devant la porte de mon ancienne chambre, ma main hésite à tourner la poignée. Je respire longuement avant d'entrer. En allumant la lumière, je reste bouche bée. Pièce vide, tout a disparu. Il ne reste qu'un tabouret au centre de la pièce. J'essuie mes larmes, je m'approche. Sur le tabouret, une enveloppe. Sur l'enveloppe, mon prénom écrit en lettres capitales. Deux feuilles. Ecrites il y a trois mois. Son testament, ses dernières volontés. Je voulais savoir. Maintenant, je sais. Et ma douleur n'a plus aucune limite. La haine. Voilà l'héritage qu'elle me laisse..

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Les premières phrases

"Elle ne m'aimait pas.

Pourtant, je suis là aujourd'hui.

Debout, face au cercueil premier prix sur lequel j'ai posé une couronne de fleurs commandée sur Internet."

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Cela ne fait pas très longtemps que je connais Karine Giebel, mais elle fait partie de mes auteurs de thrillers préférés. Le dernier livre d'elle que j'ai lu : Meurtres pour rédemption m'a conforté dans l'idée qu'elle était un auteur à suivre. Alors quand les éditions Belfond m'ont proposé De Force, - et  je les en remercie beaucoup - je n'ai pas hésité une seconde.

Maud promène son chien au bord de la rivière comme tous les jours, quand elle est agressée par un individu qui semblait l'attendre auprès d'une ruine. Heureusement, un jogger intervient et met l'agresseur en fuite. Luc, son sauveur est garde du corps. Entrainé au combat, il n'a pas eu de mal à  terrasser l'individu mais n'a pu le retenir ; celui-ci prend la fuite. Maud Reynier vit dans une grande et belle maison située sur les hauteurs de Grasse avec son père, chirurgien, et sa belle-mère. Inquiété par cette agression, et reconnaissant envers Luc d'avoir évité le pire à sa fille pour laquelle il éprouve une véritable adoration, Armand Reynier décide d'engager le jeune homme à plein temps pour la protéger. Mais malgré la vigilance de ce dernier, les provocations, les incidents tous plus inquiétants les uns que les autres se succèdent et il devient évident que c'est au père de famille qu'on en veut et que c'est lui qu'on cherche à atteindre à travers ses proches.

Dès le prologue, les questions s'accumulent, et ne cessent pas jusqu'à la fin du récit. L'agresseur multiplie les intimidations, envoie des messages que seul le professeur Reynier peut comprendre. Mais ils font référence à de tels secrets que celui-ci refusera longtemps d'en donner la clef, au péril de sa vie et de celle de sa famille. Quel est le but de cet individu ? En a t-il seulement un ? Est-ce un psychopathe qui a fait une fixation sur le chirurgien ? Qui ment ? Qui manipule qui ? Avec cette lecture, on est pris dans un tourbillon d'interrogations, de suspicions, de suppositions. A cela s'ajoutent l'ambiance étouffante du huis clos, les rebondissements et les révélations, tous plus spectaculaires les uns que les autres qui ne nous laissent pas de répit.  Il y a peu de personnages, mais tous sont habilement détaillés. On s'attache à certains et on adore détester les autres..... On comprend vite qu'ils ont tous quelque chose à cacher, un secret inavouable, une part d'ombre qu'ils dissimulent.

Karine Giebel sait ménager le suspens comme personne. Et la fin est à la hauteur du reste ! Epoustouflante !

En bref

Un thriller machiavélique qu'on a du mal à refermer.

stars-10stars-8