Oran

TROIS JOURS A ORAN d'Anne PLANTAGENET - 2014 - Editions STOCK - 175 pages

Ce qu'en dit l'éditeur

J'ai toujours su qu'un jour il faudrait que j'aille en Algérie. Je suis fille, petite-fille, arrière-petite-fille de pieds noirs. Enfant, j'en étais fière, ensuite j'en ai eu honte. Longtemps je me suis trouvée là, entre ces deux rives. Et la relation complexe, douloureuse, que j'entretenais avec mes racines a dirigé ma vie malgré moi, dicté mes choix. Quand ma grand-mère est morte, j'ai pensé que ce jour était arrivé.
Le 15 septembre 2005, j'ai embarqué avec mon père sur un vol à destination d'Oran. J'ignorais ce que nous allions trouver là-bas, si la maison où il était né existait encore, comment nous serions accueillis. J'ignorais surtout si ce voyage, dont j'attendais beaucoup et que j'ai forcé mon père à accomplir avec moi, serait une victoire, ou une erreur. Il y avait un risque. Je l'ai pris.

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Après la mort de ses grands parents paternels, et alors que son couple vit un moment difficile, la narratrice ressent le besoin d'un voyage sur la terre natale de ses ancêtres : l'Algérie. Bien qu'elle n'ait jamais vécu là-bas, elle a besoin de faire ce retour aux sources, de retrouver ses racines. Mais ce voyage ne sera pas pas uniquement pour elle, non... elle persuade son père, cet homme renfermé, taiseux, qui n'évoque jamais aucun souvenir de sa jeunesse de l'accompagner. Tant que ses grands parents étaient vivants, elle pouvait poser des questions sur leur vie d'avant, se faire décrire la ferme familiale, bâtie par l'aïeul à son arrivée sur cette terre promise, sur l'appartement d'Oran. Maintenant qu'ils ne sont plus là, seul son père détient encore quelques souvenirs de ce pays qu'il a quitté avec bon nombre de ses compatriotes, alors qu'il était encore adolescent. Mais il n'aime pas évoquer tout cela. C'est comme si chez lui, une blessure ne s'était jamais refermée. C'est pourquoi Anne l'embarque dans cette aventure sans vraiment lui demander son avis : ils iront passer trois jours à Oran.

Anne Plantagenet nous livre ici le récit d'une partie de sa vie, de son enfance en Champagne, de sa famille paternelle rapatriée d'Algérie et installée à Dijon. Puis ce récit de voyage qui s'intercale avec sa propre histoire. Tiraillée entre son mari qu'elle vient de quitter et son amant, en perte de repères affectifs, elle cherche dans ce voyage un passé familial auquel se raccrocher, une identité à laquelle se rattacher.

Que d'émotions dans ce récit ! Anne, elle, n'a que les souvenirs évoqués par son aïeule pour comparer ce qu'elle voit : l'appartement d'Oran beaucoup plus petit, plus misérable que ce sa grand mère décrivait, la ferme de Misserghin qu'ils n'arrivent plus à localiser tellement le petit village autrefois si charmant s'est transformé en bidonville. Le père, lui, retrouve des bribes de souvenirs de lumières, d'odeurs.... Anne craignait beaucoup qu'il soit déçu, et pourtant non, il est même heureux, presque transfiguré.

Et puis il y a les hommes : leur jeune guide attentionné, heureux de partager avec "les français" son amour pour son pays, les occupants actuels de l'appartement d'Oran qui les accueillent avec chaleur. Et ceux de la ferme de Misserghin, tenue probablement par les descendants de l'ancien employé agricole, et qui se rappellent bien de la famille. Un très vieil homme a même connu Mémé, l'arrière grand-mère d'Anne.....

J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce récit autobiographique simple et émouvant. Avec pudeur, l'auteure nous fait fortement ressentir ses émotions et ses sentiments. Son amour pour son père aussi et son attachement à sa famille. Ce voyage va lui permettre de se relier à ses racines et de trouver des explications et une solution aux problèmes qu'elle rencontre dans sa vie de femme.

En bref

Une jolie lecture, un style simple et direct........ j'ai aimé voyager avec Anne et son père sur cette terre que je ne connais pas.

stars-10stars-8

Challenge Petit Bac 2016 : lettre isolée (à)

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