Bleu

LE BLEU ENTRE LE CIEL ET LA MER  de Susan ABULHAWA - Traduction de Nordine HADDAD - Janvier 2016 - Editions DENOEL - 418 pages

Ce qu'en dit l'éditeur

1947. La famille Baraka vit à Beit Daras, village paisible de Palestine entouré d’oliveraies. Nazmiyeh, la fille aînée, s’occupe de leur mère, une veuve sujette à d’étranges crises de démence, tandis que son frère Mamdouh s’occupe des abeilles du village. Mariam, leur jeune sœur aux magnifiques yeux vairons, passe ses journées à écrire en compagnie de son ami imaginaire. Lorsque les troupes israéliennes se regroupent aux abords du village, Beit Daras est mis à feu et à sang, et la famille doit prendre la route, au milieu de la fumée et des cendres, pour rejoindre Gaza et tenter de se reconstruire dans l’exil.
Seize ans plus tard, Nur, la petite-fille de Mamdouh, s’est installée aux États-Unis. Tombée amoureuse d’un médecin qui travaille en Palestine, elle décide de l’y suivre. Un voyage au cours duquel elle découvrira que les liens du sang résistent à toutes les séparations – même la mort.

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Les premières phrases

De tout ce qui a disparu, les oeufs Kinder sont ce qui me manque le plus. Quand les murs se sont refermés sur Gaza, et que les conversations des adultes sont devenues plus passionnées et plus tristes, j'ai mesuré la sévérité de notre siège au nombre décroissant de ces fragiles oeufs en chocolat, enveloppés dans une fine feuille d'aluminium colorée, et à l'intérieur desquels incubaient de magnifiques jouets surprises.

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J'ai une grande attirance pour les récits qui se passent dans les pays du Moyen Orient, et j'adore les histoires de famille, surtout quand elles s'étendent sur plusieurs générations et que les femmes y ont une grande place. Alors quand les éditions Denoël m'ont proposé Le Bleu entre le ciel et la mer, je me suis empressée d'accepter.

L'histoire débute juste avant la fondation d'Israël, à Beit Daras un village de Palestine. C'est là, dans le quartier le plus pauvre que vit la famille Baraka : la mère Oum Mamdouh connue comme la folle du village et ses trois enfants Nazmiyé, Mamdouh et Mariam, petite fille aux yeux vairons, qui discerne les auras des gens et communique avec un ami que personne ne voit : Khaled. C'est Khaled qui raconte l'histoire la plupart du temps. Il vit "dans le bleu" là où vont et viennent les esprits des morts. Quand les armées d'Israël attaquent Beit Daras, la famille est contrainte de s'exiler à Gaza, dans un camp de réfugiés où elle va tenter de continuer à vivre, entre périodes de répit et attaques aériennes. Les enfants grandissent, les aïeuls disparaissent, les petits enfants naissent. La plupart restent à Gaza, mais certains s'exilent pour tenter de trouver une vie meilleure. Le récit couvre toute la période de la deuxième partie du 20ème siècle jusqu'à nos jours qui verront la famille complètement réunie. 

En nous introduisant dans la famille Baraka sur quatre générations, Susan Abulhawa nous fait découvrir "de l'intérieur" les traditions de leur pays mais aussi le conflit israélo-palestinien et nous fait voyager de la Palestine aux Etats Unis en passant par l'Egypte.

Je suis restée complètement admirative devant la joie de vivre et l'attitude positive qui anime ce peuple malgré tous les malheurs qui s'abattent sur lui. Les hommes sont emprisonnés de très longues années pour avoir résisté aux assaillants, les femmes et les enfants doivent quitter leurs foyers, se retrouver enfermés dans des camps qui bientôt deviendront des ghettos et quand ils auront enfin reconstitué leur environnement, recommencer leur vie. Quand ils ont enfin repris espoir dans l'avenir, les attaques aériennes reprennent, plus meurtrières les unes que les autres et ils doivent tout reprendre à zéro. Et pourtant, entre les larmes, malgré la douleur ils continuent à rire et à chanter. La grande force de ces personnages c'est la famille et l'amour qui les lie entre eux. Et pour ceux qui n'ont plus de famille, il reste les amis, les voisins. 

Tous les membres de cette famille nombreuse sont attachants. Depuis Oum Mamdouh la grand mère un peu folle jusqu'à Khaled et Ratchel ses arrière-petits enfants, en passant par Nazmiyé qui est le pivot de ce récit et Nour tiraillée entre deux cultures. Les personnages sont très nombreux et on s'y perd un peu au début, surtout que certains sont désignés par plusieurs noms différents. Heureusement l'arbre généalogique qui figure au début du livre permet de s'y retrouver. A cette histoire de famille sur fond historique, l'auteure ajoute une petite touche de poésie et de merveilleux avec "le Bleu", cet endroit mystérieux que peu ont le privilège de connaître....

En Bref

Ce livre est parmi les rares qu'on voudrait qu'ils ne s'arrêtent jamais. Un roman plein de poésie et de tendresse sur fond de guerre.

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denoel

 

Cette lecture entre dans le cadre du Challenge Petit Bac 2016 : Couleur

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