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LA SONATE DE L'ANARCHISTE d'Etienne GUEREAU - Septembre 2015 - Editions DENOEL - 358 pages

Ce qu'en dit l'éditeur

Avril 1894.

Tandis que les bombes des anarchistes ensanglantent Paris, la réputation d'un jeune pianiste ne cesse de grandir. Fédor, virtuose tourmenté, compose une musique aux pouvoirs extraordinaires. Joie, tristesse, colère : les émotions générées par son instrument se répercutent sur son public et le plongent dans un dangereux état de dépendance.
Lorsque Fédor est accusé de préparer un attentat, il est contraint d'accepter le marché que lui soumet le commissaire Chavreuil. Qui lui a tendu ce piège? Qu'attend-on de lui? Que cache son incroyable don? Troublé par la fougueuse Solange que le destin a placée sur son chemin, Fédor va devoir mettre ses talents au service d'une puissance occulte. Il découvrira qu'une sonate peut parfois provoquer... un massacre.

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Les premières phrases

"Il lui fallut une bonne demi-journée pour comprendre. Incapable d'entrevoir l'origine du problème, il ressassait les mêmes passages. Encore et encore. Chaque fois, les notes se décalaient, le tempo se rebellait. Soit c'était un arpège qui devançait sa résolution de manière imperceptible, soit c'était un accord frondeur qui défiait la mesure, défiait son ancrage supposé."

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A Paris, en 1894. Fédor, jeune pianiste passionné par son art ne pense qu'à une chose : jouer, et surtout composer. Ce qu'il ne sait pas, c'est que lorsqu'il interprète ses compositions, ses auditeurs sont complétement investis par sa musique, allant jusqu'à perdre le contrôle d'eux mêmes. Certains d'entre eux vont bien vite faire le rapprochement entre leurs intérêts peu avouables et l'effet produit par le jeu du pianiste. Un piège va être tendu à Fédor. Accusé d'être un anarchiste, victime de chantage de la part du commissaire Chavreuil, il ne peut qu'accepter ce que lui propose le policier. Il va alors avoir affaire d'un côté avec une bande de politiciens véreux englués jusqu'au cou dans le scandale du Canal de Panama, de l'autre avec de véritables anarchistes. En mauvaise posture, il fera la connaissance de Solange, une jeune terroriste. Bien qu'il ne sache pas au premier abord dans quel camp elle est, il lui fera confiance et ils s'entraideront pour identifier leurs ennemis et tenter de faire éclater la vérité au grand jour.

L'auteur, Etienne GUEREAU est lui même musicien, pianiste. Dans ce roman à la fois historique et musical, et en extrapolant un peu, il veut mettre en avant l'ascendant que la musique exerce sur nos esprits, de par les émotions qu'elle suscite. Heureusement que dans la réalité elle ait plutôt tendance à nous rendre joyeux et calmes.... Ici, en agissant sur les plus bas instincts des êtres, sa musique peut devenir une véritable arme de masse.

Etienne GUEREAU a su rendre ses personnages très attachants. Fédor que l'on suit alors qu'il progresse dans son art, prenant peuà peu conscience de son pouvoir. Il est jeune, un peu naïf ; il ne vit que pour sa musique, dans une espèce de bulle faite de notes et d'arpèges. Cela va être un véritable choc pour lui quand il va se rendre compte qu'on veut le manipuler. C'est Solange, une jeune fille fraiche, mais pleine de courage, déterminée à lutter pour la liberté, qui va lui ouvrir les yeux sur ce qui se passe autour de lui, alors que Constance, la mère de son élève, va lui servir de confidente et l'aider du mieux qu'elle peut. Il aura bien besoin d'elle ainsi que de Léon, son maître pour échapper à l'horrible Baldeck et au commissaire Chavreuil.

L'auteur a brossé de manière très réussie un portrait de Paris dans les années 1890, alors que des bombes éclataient un peu partout dans la capitale et que les gens voyaient des anarchistes partout. Mais l'ambiance du récit est surtout musicale : chaque chapitre porte un nom  qui donne une idée de ce que l'on s'apprête à y lire : "Moderato" : mouvement modéré, "Adagio ma non troppo" : le mouvement ralentit, ou "Prestissimo" : très rapide, quand le rythme de l'intrigue s'emballe.

La plume d'Etienne GUEREAU est très agréable à lire, le récit très documenté et très imagé. L'intrigue tient en haleine du début à la fin. Un bon moment de lecture.

Merci aux Editions DENOEL.

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