fossoyeur

 LE FOSSOYEUR d'Adam STERNBERGH - Traduction de Florence DOLISI - Mai 2015 - Editions DENOEL - 264 pages

Ce qu'en dit l'éditeur

«Tous les cimetières sont pleins, depuis longtemps.» Il se fait appeler Spademan, le Fossoyeur, presque un nom de super-héros. Vous ne saurez jamais son vrai nom. Il a été éboueur. Un jour, il a trouvé un bébé dans un sac-poubelle. Quelques années plus tard, sa femme est morte dans la série d'attentats radioactifs qui a vidé New York de ses habitants. C'était il y a longtemps : une autre vie. Maintenant, Spademan est tueur à gages. Il est resté dans les ordures, mais son salaire a considérablement augmenté. Il n'est pas sexiste : homme, femme, il s'en fout. Vos raisons, il s'en fout. D'ailleurs, le fric aussi il s'en fout. Et quand on lui demande de tuer la fille du richissime prédicateur T K Harrow, une gamine qui vient tout juste d'avoir dix-huit ans, il n'y voit aucun problème. Mais dans la toile de Harrow, pour la première fois de sa sinistre carrière, Spademan n'est pas la plus grosse araignée.

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Les premiers mots

Je m'appelle Spademan. Je suis éboueur.

....ce connard, il...

Je m'en fous,

Vous ne voulez pas ....?

Son nom, c'est tout ce qu'il me faut.

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Dans un New York post-apocalyptique, à demi détruit par les attentats et par les bombes sales, déserté par bon nombre de ses habitants, Spademan a trouvé un bon moyen pour assurer sa survie. D'éboueur, il est devenu tueur à gages. Il suffit de lui passer un coup de fil, de lui donner le nom de la personne à supprimer et il s'occupe du reste. Seulement un nom et hop !! personne n'entend plus parler de la victime. Son rasoir et l'accès aux incinérateurs, prérogative qu'il a gardé de son ancien métier, lui suffisent. Il a quand même une sorte de code d'honneur : il ne tue pas les enfants. Alors quand on lui désigne sa prochaine cible : une gamine qui a à peine dix huit ans et qui en plus est enceinte, non seulement il refuse le contrat, mais il prend la jeune fille sous sa protection. A partir de ce moment là, il va se retrouver avec tous les sbires de son commanditaire à ses trousses. Celui-ci n'est autre que le père de la jeune fille, télévangéliste, immensément riche et créateur d'un univers virtuel dans lequel il va entraîner le Fossoyeur pour mieux l'éliminer.

J'ai vraiment été attirée par ce livre, à la fois à cause de sa magnifique couverture, dont Aurélien Police est l'illustrateur et de ce que nous promettait le résumé : une sorte de thriller cyberpunk sur fond de post-apocalypse. et en définitive je n'ai pas été totalement déçue.

Le narrateur, c'est Spademan et malgré les phrases courtes, les sauts à la ligne fréquents et souvent le manque de guillemets dans les dialogues ce qui m'a un peu désarçonnée au début, cela donne une bonne dynamique au récit. Le style de Sternbergh est sec mais fluide souvent empreint d'humour noir ; les rebondissements sont nombreux, le récit se lit vite.

Spademan est l'anti-héros par excellence : intelligent, courageux mais suffisamment dénué de morale pour tuer sans état d'âme. Son seul code d'honneur est de refuser de tuer les enfants : l'un d'entre eux hante encore ses souvenirs. Sombre, torturé par son passé, il n'a plus grand chose à perdre. En fait la seule chose qui le rattache à la vie, c'est de tuer. Pour lui, l'argent qu'il gagne n'est pas une fin en soi, il aurait pu quitter New York comme beaucoup d'autres habitants l'ont fait, s'installer dans une autre région, refaire sa vie, mais il a décider de rester dans cette ville qui n'a pourtant plus aucun attrait, où les pauvres se terrent et où les riches n'ont plus d'autres plaisirs que de s'étendre sur un lit et d'acheter des voyages virtuels qu'ils ont programmés à leur goût. L'auteur sait nous le rendre sympathique ainsi que les autres personnages : Perséphone, Mark, Rick et nous faire détester Harrow et sa clique.

Un aspect du récit m'a quand même un peu gênée : si la présence des mondes virtuels dans lesquels peuvent voyager, et quelquefois se perdre ceux qui désirent fuir la réalité est le point fort de l'univers d'Adam Sternbergh, le monde réel dans lequel évoluent tous ses personnages m'a paru très limité. New York a été touchée par les attentats, la civilisation y a été pratiquement détruite, mais apparemment pas le reste du pays ni le reste du globe. Ce qui donne l'impression que l'action se déroule dans une bulle totalement isolée du reste du monde et à cause de cela, un sentiment d'inachevé, comme si l'auteur n'avait pas pris le temps de finaliser son univers.

Une suite à ce roman est annoncée : je pense que je me laisserai tenter.

En bref

Un univers sombre, des personnages atypiques, beaucoup d'action, un récit intense. Malgré quelques défauts Le Fossoyeur est un bon roman.

Merci aux Editions DENOEL.

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