Kinder

KINDERZIMMER de Valentine GOBY - 2013 - Editions FRANCE LOISIRS - 254 pages

Quatrième de couverture

En 1944, le camp de concentration de Ravensbrück compte plus de quarante mille femmes. Sur ce lieu de destruction se trouve comme une anomalie, une impossibilité : la Kinderzimmer, une pièce dévolue aux nourrissons, un point de lumière dans les ténèbres. Dans cet effroyable présent une jeune femme survit, elle donne la vie, la perpétue malgré tout.
Un roman virtuose écrit dans un présent permanent, quand l’Histoire n’a pas encore eu lieu, et qui rend compte du poids de l’ignorance dans nos trajectoires individuelles.

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Les premiers mots

"Elle dit mi-avril 1944, nous partons pour l'Allemagne.

On y est. Ce qui a précédé, la Résistance, l'arrestation, Fresnes, n'est au fond qu'un prélude."

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Pour la énième fois, Suzanne Langlois, ancienne déportée, raconte son histoire à des élèves de Terminales. Toujours les mêmes mots, toujours la même histoire. Et lorsqu'une jeune fille lui pose une question inhabituelle, cela fait remonter en elle des souvenirs, des émotions, des sentiments qu'elle avait occultés. Suzanne, c'était Mila la résistante, Dénoncée, internée à Fresnes puis déportée à Ravensbrück, elle s'aperçoit qu'elle est enceinte. Elle ne sait pas du tout ce qui l'attend au camp, elle ne sait pas comment fonctionne un corps dans lequel se développe un enfant. Personne ne lui a appris. Très vite elle comprend qu'elle doit cacher son état le plus longtemps possible pour ne pas être amenée au Revier, l'infirmerie, qui ici est un lieu de mort. Elle va tout subir : le froid, la chaleur, la peur, la faim, le manque d'hygiène, la cruauté des gardiennes, le spectacle de la déchéance physique, la mort de ses codétenues. Heureusement que dans cet enfer il y a un peu d'humanité. Les détenues s'entraident pour survivre. Teresa, une polonaise qui deviendra l'amie de Mila la fait engager à l'atelier de couture où le travail est moins pénible. Et puis l'espoir subsiste : le bruit court que les alliés ont débarqués, qu'ils progressent vers l'Allemagne. Le bébé de Mila naitra et sera amené à la Kinderzimmer : la chambre des enfants : un lieu d'horreur absolue........

Avant cette lecture, j'ignorais tout de l'existence d'une "Kinderzimmer" à Ravensbrück, ou dans n'importe quel camp du reste. Cette "chambre des enfants " ne fait son apparition que dans la seconde moité du récit, après la naissance du bébé de Mila. Et là, on entre dans l'enfer. Dans la première partie, l'auteure, par la voix de Mila, nous décrit la vie au camp, les relations entre les prisonnières : l'entraide, mais aussi la rivalité entre elles : il faut survivre à tout prix tant qu'elles en ont encore la force. C'est l'instinct de conservation qui domine parceque ces femmes n'ont presque plus d'espoir. Le seul qui subsiste c'est la défaite de l'Allemagne, l'arrivée des alliés qui les délivreront.

C'est un récit très fort, cruel, que nous livre ici Valentine Goby. Malgré l'horreur de ce que vivent ces femmes, elle ne sombre jamais dans le pathos et j'ai apprécié cela. Mais bien que ce soit Mila qui raconte, l'auteure nous décrit les choses de l'extérieur, sans émotion, sans sentiments. J'aurai aimé ressentir ce que ces femmes ressentaient de l'intérieur, dans leur coeur et non pas rester simple spectatrice comme je l'ai été pendant toute ma lecture. J'ai eu du mal à entrer dans l'histoire à la fois à cause de cette distance mais aussi à cause du style de l'auteure, tantôt haché, sec, tantôt avec des phrases interminables. J'ai plusieurs fois été obligée d'en relire certaines pour les comprendre.

En bref

Je suis restée un peu sur ma faim. Je m'attendais à en apprendre plus sur cette "Kinderzimmer". La partie qui la concerne a été la seule à m'avoir vraiment accrochée, voire émue et choquée. Et je n'ai pas du tout aimé le style de l'auteure qui met une barrière entre le récit et le lecteur.

stars-10stars-3

Cette lecture entre dans le cadre du :

Challenge PETIT BAC 2015 : Titre en un seul mot 3.

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