Banquises

BANQUISES de Valentine GOBY - 2013 - Editions LE LIVRE DE POCHE - 210 pages

Quatrième de couverture

En 1982, Sarah, 22 ans, quitte la France pour Uummannaq au Groenland. Elle monte dans un avion qui l'emporte vers la calotte glaciaire où elle disparaît corps et âme. Sa famille ne l'a jamais revue. Vingt-sept ans plus tard, Lisa décide de partir sur les traces de sa sœur. Elle découvre un territoire dévasté et une population qui voit se réduire comme peau de chagrin son domaine de glace. L’auteur de Qui touche à mon corps je le tue nous emporte sur ces terres qui s’effacent dans un grand et beau livre sur le désenchantement du monde et l’impossibilité du deuil.

****************************************

Sarah est passionnée de musique classique. Elle pense qu'en matière d'acoustique chaque musique correspond à un lieu bien défini et elle a décidé de visiter les conservatoires des plus grands pays. Lorsque son amie Diane avec qui elle partageait cette passion, meurt, elle tombe en dépression, puis décide de partir quelques semaines au Groenland. Sa famille n'aura jamais aucune nouvelle ; elle disparaît sans laisser de traces. Elle laisse derrière elle ses parents, désespérés et incapables de faire leur deuil, et sa petite soeur Lisa âgée de quatorze ans. Vingt sept ans plus tard, Lisa est mariée et mère de deux enfants ; elle décide de partir à son tour à Uummanaq sur les traces de Sarah.

C'est le premier roman que je lis de Valentine GOBY : je l'ai acheté parceque je trouvais la couverture magnifique : ces montagnes, cette glace, cela me faisait rêver.......Le récit, lui, n'a rien à voir avec un rêve, c'est plutôt un cauchemar. Il s'agence autour de la disparition inexpliquée de Sarah : comment faire son deuil quand un enfant - même s'il est majeur- disparaît sans qu'on sache ce qui lui est arrivé et qu'on imagine tout et n'importe quoi : accident ? suicide ? enlèvement ? disparition volontaire ? Toutes ces questions auxquelles personne ne peut répondre rongent les parents, surtout la mère qui refuse de croire que sa fille ne reviendra jamais. Que doit faire Lisa pour que ses parents, malgré leur chagrin, s'aperçoivent qu'elle est là, elle, bien vivante, et en quête d'attention et de tendresse? La souffrance de cette mère l'empêche de vivre, la mène au bord de la folie. Lisa, après une période d'anorexie, arrivera à retrouver une vie normale ; elle voyagera beaucoup : une manière comme une autre de fuir la souffrance et le déni de ses parents. C'est plus de vingt ans après la disparition de sa soeur, que son souvenir revient la hanter. Ou plutôt, c'est le Groenland qui vient à elle : des photos dans la vitrine d'une Agence de Voyages, un festival sur la culture nordique, une émission sur le réchauffement climatique. Lisa part à Uummannaq  pour tenter de revivre les derniers jours de Sarah. Hébergée par une femme médecin elle va partager pendant quelques semaines la vie de ces villageois du nord dont l'existence est menacée par la fonte des glaces. Plus de glace, les poissons migrent vers le nord, donc plus de pêche, plus de déplacements possibles en traîneau ; il faut abattre les chiens devenus inutiles, on ne peut plus les nourrir.

Le récit alterne entre le passé : la disparition de Sarah et le présent : le séjour de Lisa au Groenland. J'ai préféré de beaucoup cette dernière partie ;  j'ai été beaucoup plus touchée par la détresse de ces hommes dépouillés de leur vie par les conditions climatiques que par celle des parents suite à la disparition de leur fille. Je n'ai pas vraiment réussi à éprouver de l'empathie pour eux, surtout pour la mère qui se contente de pleurer et d'attendre.

J'ai eu aussi un peu de mal avec le style de l'auteure, haché, des phrases souvent très longues, des passages ennuyeux.

En bref

Mon avis reste un peu mitigé devant cette lecture. Le sujet et les thèmes abordés sont intéressants : comment survivre à la disparition inexpliquée d'un proche, au changement radical de notre environnement, à la perte de nos repères. Les personnages sont très bien campés, les descriptions très belles, mais le style de l'auteure et des longueurs dans le texte m'ont un peu dérangée.

stars-10stars-1

"(La mère) propose à Lisa une cigarette, et l'ordre de l'univers explose : tiens, ma chérie, tu veux une cigarette, goudronne-toi les poumons, forge-toi un petit cancer, je suis d'accord, je t'aide, Lisa fume, sa mère doit l'engueuler, moi je fume et toi tu m'engueules, ça ne doit pas être autrement, c'est où je suis et là que tu dois être, mais peut être qu'elle n'est plus une mère......Elle (Lisa) est seule devant ce parc. Seule quand elle remonte chez elle. Elle a un désir de catastrophe. Il faut qu'il lui arrive quelque chose. De moche. De grave. Qu'on l'engueule. Qu'on la regarde. La protège. La sauve. Elle veut une mère." (P152)

Cette lecture entre dans le cadre du challenge

Petit bac 2015 : Titre en un seul mot

petit bac