petit bleu

LE PETIT BLEU DE LA COTE OUEST de J-P MANCHETTE - 1976 - Editions FOLIO - 188 pages

Quatrième de couverture

«Jamais auparavant, ou depuis, je n’ai si ouvertement rendu hommage à un auteur qui m’a influencé au point que nos souffles ne fassent plus qu’un. Les intrigues de Manchette - les squelettes à l’intérieur desquels le cœur de ses ouvrages est accroché - sont dépouillées, essentielles, archétypales. Vengeance, fuite, les ultimes boulots de tueurs, des quêtes désespérées, des gens ordinaires tombant par des trappes dans des mondes insoupçonnés et violents… Il raconte des histoires simples : voilà ce qui est arrivé. À l’ère de l'hyperbole et de la poudre aux yeux, les romans de Manchette ont la décence et la grâce peu ordinaires de paraître beaucoup plus simples qu’ils ne le sont : de signifier beaucoup plus qu’ils en disent.» James Sallis.

*******************************************

Georges Gerfaut et un cadre commercial d'une quarantaine d'années, marié, père de deux fillettes. Il a une vie tout à fait ordinaire, s'apprête à partir en vacances à la mer avec sa famille comme tous les étés. Une nuit où il roule sur une nationale, il remarque une voiture accidentée sur le bas côté, il s'arrête ; il y a un blessé qu'il charge dans sa voiture ; il le dépose à l'hôpital de la ville voisine et part sans laisser de nom ni d'adresse. Quelques jours après, alors qu'il est en vacances, il se fait agresser par deux hommes : apparemment, on cherche à l'éliminer. Pour échapper aux tueurs, il quitte sa villégiature incognito, et c'est alors que commence une longue poursuite jalonnée de violence,  entre St George de Didonne, Paris, Macon et La Vanoise......Gerfaut n'en sortira pas tout à fait indemne, mais le fait d'avoir échappé plusieurs fois à la mort ne suffira pas à transformer son existence. Quelques meurtres plus tard, il retournera à sa petite vie monotone.

Dans ce récit, pas de détective, pas d'enquête, pas d'intrigue. On suit les mésaventures d'un homme complètement ordinaire qui a seulement la malchance d'être au mauvais moment au mauvais endroit. Un anti-héros, un monsieur-tout-le-monde qui ne comprend  absolument pas ce qui lui arrive, dépassé par les évènements, il réagit uniquement guidé par son instinct de survie ; il n'est même pas très sympathique. Les deux tueurs, eux, paraissent un peu simplets, naïfs. Lancés à la poursuite de leur cible, ils ne s'arrêteront que lorsque l'un d'eux sera tué.

En lisant ce livre, j'ai eu l'impression d'être en présence d'un scénario de film. Tout se passe dans l'action, dans le moment présent. Pas de descriptions superflues. Les personnages n'ont pas de passé, on ne connaît de leur personnalité que ce qu'il est utile d'en savoir pour comprendre l'action présente. Pour accentuer tout cela, le style de l'auteur est sec, les phrases sont courtes, il n'y a pas de mots inutiles. Par contre Manchette est très prolixe quand il s'agit de citer les marques de voitures, de whisky et les titres des morceaux de jazz qu'écoute Gerfaut. On ne peut ignorer qu'on est en plein dans les années 70.

En bref

Je n'ai pas aimé cette lecture ; j'ai lu le livre très vite, emportée par l'action et parceque j'avais envie de connaître le pourquoi de cette histoire, mais j'ai éprouvé une sorte de frustration devant la sécheresse du récit.

stars-8star 0star 01

Lu dans le cadre du challenge PETIT BAC 2015 : couleur

petit bac

 

 

Ce roman a été adapté en BD en 2005 par Jacques Tardi.

Et au cinéma par Jacques Deray en 1980 sous le titre de TROIS HOMMES A ABATTRE.