Petit joueur

PETIT JOUEUR de Jason STARR - Traduction de Frédéric BRUMENT - Février 2015 - Editions DENOEL - 247 pages

Quatrième de couverture

Plongée d'un réalisme criant dans le Brooklyn des années 80, Petit Joueur brosse l'implacable «portrait d'un jeune homme qui se noie».
Brooklyn, 1984. Alors que la mode disco est balayée par la déferlante hip-hop, le jeune Italo-Américain Mickey Prada, lui, n'a guère envie de danser. Avant même sa majorité, il doit trimer dans une poissonnerie pour subvenir à ses besoins et à ceux de son père, un ancien joueur invétéré malade d'Alzheimer.
Pourtant, Mickey a d'autres ambitions : il économise depuis des années pour payer ses études et vivre enfin sa vie. En attendant, il arrondit ses fins de mois en collectant des paris pour un bookmaker. Et, lorsqu'un client aux allures de mafioso lui demande de jouer pour lui, il n'ose pas refuser, quitte à mettre le doigt dans un engrenage dangereux...
Pour se libérer, enfin de l'odeur de poisson et de poisse qui lui colle à la peau, Mickey va alors miser sur un coup bien plus grand que ses économies : son avenir.

********************************************

Mickey Prada est un jeune homme comme les autres ou presque....Il a pris une année sabbatique à la sortie du lycée pour travailler dans une poissonnerie, afin de récolter suffisamment d'argent pour s'inscrire à la Fac. En fait, il économise depuis qu'il a neuf ans, depuis le jour où accompagné de son père, il a gagné aux courses. Il continue même à jouer de petites sommes pour arrondir ses fins de mois. Parfois, pendant qu'il le sert à la poissonnerie, il discute avec un des clients, Angelo Santoro. Il le soupçonne de faire partie de la Mafia et quand celui-ci lui demande de placer des paris pour lui, Mickey n'ose pas refuser. Le problème, c'est qu'il parie de plus en plus gros et déclare attendre de se refaire pour rembourser Mickey. Bientôt ses économies n'y suffiront plus. Le jeune homme a mis le doigt dans un engrenage inéluctable qui va amorcer une longue descente en enfer.

J'ai choisi ce livre, d'abord parcequ'il s'agissait d'un policier et aussi à cause du contexte et de l'époque. La vie n'est pas facile dans le Brooklyn des années 80 : petite et grande délinquance, racisme, sexisme, et les fins de mois qui sont difficiles à boucler. Mickey qui a perdu sa mère dans un accident de voiture alors qu'il était encore enfant vit avec son père malade d'Alzheimer dont il doit s'occuper seul. Mais il tient à son rêve : entrer à l'Université pour devenir comptable, et ce rêve dépend de son salaire de la poissonnerie où il travaille sous les ordres d'un patron odieux. Mickey est un garçon naïf, un peu timide. Son gros problème c'est qu'il n'ose pas. Il n'ose pas refuser les offres d'Angelo Santoro qui vont le ruiner, ni envoyer promener ses soi-disant amis qui le méprisent et se moquent de lui ; il n'ose pas non plus pousser plus avant sa relation avec Rhonda dont il est tombé amoureux. Malgré les quelques fois où il a réussi à m'attendrir, Mickey, l'anti-héros, ne m'a pas été très sympathique : trop mou, trop passif. J'ai attendu pendant les trois quarts du récit qu'il réagisse, qu'il fasse preuve de bon sens. Mais non, il croit bien faire, mais il s'enfonce inexorablement, jusqu'à la fin, jusqu'à sa dernière phrase. Finalement, c'est un récit très réaliste que nous livre là Jason Starr : le portrait d'un gamin vivant dans un milieu défavorisé et qui se laisse entraîner jusqu'à finir en prison.

Les personnages secondaires sont eux aussi très intéressants : Sal Prada le père de Mickey, malade d'Alzheimer, à moitié dément qui manquera d'égorger son fils un soir parcequ'il l'a pris pour un cambrioleur, Chris son seul vrai "ami", Ralph et Filippo ses faux copains, Charlie son collègue de la poissonnerie victime de racisme, Rhonda sa petite amie : seul personnage féminin du roman, Artie le bookmaker : le seul dans cette histoire qui semble avoir la tête sur les épaules.

Il n'y a pas vraiment d'intrigue ni de suspense dans ce roman : simplement l'histoire d'un garçon pris dans une longue spirale faite d'échecs et de désillusions : le rêve américain qui vire au cauchemar..... Un livre bien écrit, qui se lit vite et facilement. Pas très gai, mais j'ai bien aimé.

Merci beaucoup aux Editions DENOEL.

stars-10stars-6

Les premières phrases :

"Quand le grand baraqué en costume rayé, de type italien, entra dans la poissonnerie Vincent, au coin de Flatbush Avenue et de l'Avenue J, Mickey Prada reposa l'exemplaire du Daily News qu'il était en train de lire et demanda : - Comme d'habitude ? - Tout juste, petit gars, dit le client en souriant."

Lu dans le cadre des challenges

ABC 2015 : lettre S

Petit bac 2015 : Taille

ABC2015petit bac