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LA MAISON EN PAIN D'EPICES de Carin GERHARDSEN - Traduction de Charlotte DRAKE et Céline BELLINI - 2011 - Editions FRANCE LOISIRS - 373 pages

Quatrième de couverture

La Suède est frappée par une série de meurtres barbares. Seul point commun entre les victimes, leur âge : 44 ans. À première vue ces personnes ne se connaissaient pas, mais à mieux y regarder, leurs chemins se sont bel et bien croisés, il y a longtemps, dans la petite ville de Katrineholm. À l'époque, tous fréquentaient la même école. Et le souffre-douleur de la classe s'appelait Thomas Karlsson. Aujourd'hui, Thomas est un homme effacé, asocial, aigri et… toujours en vie. Autant dire le coupable idéal. Surtout qu'il a été aperçu rôdant près du domicile des victimes.
Thomas l'avoue, il nourrit encore de la rancune, beaucoup de rancune même, à l'encontre de ses anciens tortionnaires. Seulement ce n'est pas lui qui les a tués, il le jure ! Ils l'ont pourtant roué de coups, humilié, insulté, tyrannisé… Ils ont brisé sa vie. Alors si ce n'est pas lui, qui ? Qui avait un meilleur mobile pour les assassiner ?

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Le premier chapitre de ce livre nous transportent dans une petite ville de Suède, en 1968, dans une cour d'école. Des enfants de 6, 7 ans s'acharnent sur le petit Thomas, leur souffre-douleur. Puis l'action se déplace à Stockolm en Novembre 2006 et on retrouve Thomas Karlsson adulte. Il mène une vie solitaire et terne et n'a jamais pu oublier les sévices qu'il a subi dans sa petite enfance. C'est aussi en Novembre 2006 qu'a lieu le premier crime : un agent immobilier de 44 ans, puis quelques jours après celui d'une femme du même âge et puis d'autre crimes. Toutes les victimes ont le même âge : il ne fait pas bon d'avoir 44 ans en Suède en cette fin d'année 2006......On fait alors la connaissance de l'équipe de police d'Hammarby, une banlieue de Stockholm. C'est le commissaire Conny Sjöberg qui mène l'enquête. Le premier crime a eu lieu dans une maison inoccupée temporairement, mais il n'y a pas eu effraction. Les autres agressions ont toutes été perpétrées au domicile de leur victimes et à chaque fois les circonstances sont différentes : l'enquête piétine pour la police. Pourtant le lecteur, lui, a accès à certaines informations grâce au journal du tueur......

 C'est un roman à deux voix : celle de la police et celle de l'assassin. On suit en même temps l'avancée de l'enquête ainsi que le parcours de l'assassin et la description qu'il fait de ses crimes. Il confie aussi à son journal sa souffrance, la haine et la rancune qu'il éprouve encore, au bout de presque quarante années contre les enfants qui l'ont maltraité autrefois et qui ont ruiné sa vie. L'auteur nous fait aussi entrer dans la vie conjugale du commissaire Conny Sjöberg  et une histoire secondaire vient se greffer sur l'intrigue principale.

Il n'y a pas vraiment de rebondissements dans ce récit sauf à la fin. Le rythme est assez lent. Pas vraiment de suspens non plus parceque tout est fait pour que le lecteur soit persuadé qu'il connaît le coupable. Mais la lecture est agréable, les personnages sont assez approfondis : Conny Sjöberg et sa vie conjugale, Jamal qui est tous les jours confrontés au racisme de ses collègues, Petra Westman qui mènera une enquête délicate jusqu'au bout, au risque de mettre sa carrière en danger.

La Maison en Pain d'Epices est un livre qui se lit bien ; ce n'est pas un page-turner, mais j'ai passé un très agréable moment avec cette lecture.

"Alors qu'on a tout juste fait ses premiers pas dans la vie, arrive une petite fille aussi jolie que tyrannique qui use de son influence pour vous placer tout au bas de l'échelle sociale, plus bas que terre. Et si, par malheur, on essaie de monter d'un cran, on est tout de suite renvoyé à sa place à coups de pied par les laquais qui se trouvent juste au-dessus. Et au sommet, tout là-haut, il y avait toi, le chef d'orchestre, l'inaccessible, l'intouchable. Tu aurais pu juste m'ignorer. Te contenter de ne pas m'aimer. Mais il te fallait à tout prix manifester ton dédain et faire savoir à tous combien j'étais minable."

 Note : 7/10