tiphaine

TIPHAINE OU LE SILENCE DU MOI de Guillaume MONOD - 2013 - Editions ALBIN MICHEL - 186 pages

Quatrième de couverture

Tiphaine se tourne et se retourne dans son lit. Arrivée hier à l’hôpital, elle a été accueillie par des gens vêtus de blanc qui se sont affairés autour d’elle pendant des heures. Ce matin, elle a peur de ce qui va lui arriver : va-t-elle rentrer chez elle ? retourner à l’école ? Va-t-elle devoir redire ce qu’elle a déjà dit à l’école hier matin, à la police l’après-midi ? Comment expliquer à sa famille pourquoi elle a fait ce qu’elle a fait ? Face à ces questions, elle reste muette.
Tiphaine, huit ans et demi, ne pourra pas rester à l’hôpital. Il faudra la transférer dans une unité de pédopsychiatrie. Et là-bas, il y a déjà Jennifer, Vincent, Bakari, Kader, Bastien, Ludovic… Des enfants retirés à leur famille, qui affrontent l’hôpital, le foyer, le tribunal, des mondes inconnus et effrayants. Des enfants qu’il est si important d’écouter, parfois à travers leur violence, souvent à travers leurs silences…
Avec ce récit inspiré de son expérience professionnelle, le Dr Guillaume Monod, pédopsychiatre, pose sans théorie ni discours une question lancinante : peut-on rester indifférent à l’histoire de Tiphaine et des autres enfants ?

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"Tiphaine ou le silence du moi " n'est pas un roman, c'est plutôt un documentaire dans lequel l'auteur, riche de son expérience professionnelle met en scène Tiphaine une petite fille de huit ans. Tiphaine est une petite fille imaginaire, elle n'a jamais existé mais son personnage va permettre à l'auteur de nous entraîner à sa suite dans une unité de pédopsychiatrie, là où des enfants en souffrance ont été placés après avoir été retirés à leur famille. Tiphaine est arrivée là après un signalement de la maîtresse de son école qui avait remarqué sur son corps de nombreux hématomes et des cicatrices. Elle a du raconter....D'abord à l'école, ensuite à la police ; à l'hôpital où elle a été emmenée on lui demande de répéter son histoire. Alors là c'en est trop pour elle ; elle comprend qu'elle ne va pas retourner dans son foyer, elle se sent coupable d'avoir trop parlé, elle se trouve plongée dans un univers qui lui est totalement étranger, sans rien à se raccrocher, alors maintenant elle ne dira plus rien, elle va cacher ses souffrances derrière son silence. Seuls les enfants aux comportements étranges avec qui elle va se retrouver dans l'unité spécialisée vont réussir à lui arracher quelques mots.

Guillaume Monod nous relate le parcours de Tiphaine que l'on suit depuis son entrée aux urgences pédiatriques, puis dans l'unité de pédopsychiatrie, jusqu'à ce qu'enfin les noeuds commencent à se défaire. Il réussit très bien à nous sensibiliser à sa situation ainsi que celles de ses petits compagnons, à leurs souffrances. Il nous décrit aussi le rôle du personnel soignant - en sous-effectif- sans cesse confronté aux manières étranges qu'ont les enfants à exprimer leur mal -être. Il faut être sans cesse présent, aux aguets même, ne pas s'impatienter quand l'un d'eux renverse consciemment son assiette ou son verre pour la ennième fois, savoir quand avoir un geste tendre, ou plutôt quand il faut réprimander ou sévir.

C'est un récit sobre, sans pathos, sans termes médicaux compliqués. Le style de Guillaume Monod est simple, fluide, il expose les faits tels qu'ils sont. Le livre se lit vite, on a très envie de savoir comment les problèmes de Tiphaine vont se résoudre, mais malheureusement, ce n'est pas si simple.....

En bref

Un récit interessant, qu'on n'a pas envie de lâcher une fois qu'on l'a commencé. Mais j'ai trouvé le style un peu pauvre - à sa décharge, Guillaume Monod n'est pas écrivain, mais pédopsychiatre - et surtout, je regrette qu'il ne prenne jamais position. J'aurais aimé aussi quelques explications, même simples.

Note : 5/10