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MAX de Sarah Cohen-Scali - 2012- Editions FRANCE LOISIRS - 476 pages

Quatrième de couverture :

"19 avril 1936. Bientôt minuit. Je vais naître dans une minute exactement. Je vais voir le jour le 20 avril. Date anniversaire de notre Führer. Je serai ainsi béni des dieux germaniques et l'on verra en moi le premier-né de la race suprême. La race aryenne. Celle qui désormais règnera en maître sur le monde. Je suis l'enfant du futur. Conçu sans amour. Sans Dieu. Sans Loi. Sans rien d'autre que la force et la rage. Je mordrai au lieu de téter. Je hurlerai au lieu de gazouiller. Je haïrai au lieu d'aimer. Heil Hitler !"

Max est le prototype parfait du programme "Lebensborn" initié par Himmler. Des femmes sélectionnées par les nazis mettent au monde de purs représentants de la race aryenne, jeunesse idéale destinée à régénérer l'Allemagne puis l'Europe occupée par le Reich.

Une fable historique fascinante et dérangeante qu'on ne peut pas lâcher. Une lecture choc, remarquablement documentée, dont on ne sort pas indemne.

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Sarah COHEN SCALI situe son roman pendant la seconde guerre mondiale et lui donne pour cadre les Lebensborn : sortes d'orphelinats où étaient déposés et soignés des bébés nés de militaires nazis et de mères sélectionnées pour leur profil aryen. Là, les enfants répondant le plus aux critères de la race aryenne étaient élevés sans amour et sans tendresse, et éduqués en vue de devenir l'élite future du peuple allemand, selon le programme instigué par Himmler : cette immense vague pourrait ainsi se répandre dans tous les pays vaincus et occupés par l'Allemagne nazie et contribuer à l'avénement d'un monde idéal peuplé uniquement d'êtres blonds aux yeux bleus et dépourvus de toutes tares.....

C'est Max - rebaptisé ensuite Konrad, ce qui fait beaucoup plus germanique - lui-même, qui nous raconte son histoire, depuis le moment qui précède sa naissance jusqu'à ses dix ans, jusqu'à la fin de la guerre et l'invasion de l'Allemagne par les alliés. On le voit ainsi grandir tout au long du récit d'abord dans ce fameux Lebensborn, dont il devient la mascotte, où on se sert de lui pour enlever d'autres enfants, des Polonais cette fois-ci,  puis dans une Napola, sorte d'école ou on inculque aux petits les moindres détails de l'idéologie nazie, jusqu'à ce qu'il rencontre Lukas qu'il va considérer comme le frère qu'il n'a jamais eu. Là tout bascule dans l'esprit de Max lorsqu'il découvre l'impensable : Lukas, jeune polonais blond aux yeux bleus est juif !

"Salopard! Vermine ! Raclure ! Sale porc ! Qu'il soit polonais passe. Ebner l'a dit lui-même : C'est une excellente graine qui n'a pas été semée au bon endroit. Mais juif, JUIF !!! YOUTRE ! YOUPIN ! C'est trop, un Juif est irrécupérable"

Je dois dire d'emblée que mon avis sur cette lecture est très mitigé. J'ai eu beaucoup de mal à entrer dans le récit, et autant à résister à l'envie d'en abandonner la lecture. Dès le début j'ai été agacée par le ton un peu "bêbête" de Max, même si c'est un tout petit enfant, voire un foetus au tout début. Un bébé, oui, mais un bébé pratiquement omniscient qui sait tout de la manière dont il a été "fabriqué", de celle dont on élimine les indésirables, mais qui ne ressent aucune émotion ; il est complétement insensible à l'enlèvement des enfants des bras de leurs mères, à leurs pleurs, à la mort de ceux qu'il a cotoyé. J'ai eu l'impression d'avoir affaire à un petit robot ! Bref, j'ai détesté MAX.

Dans la deuxième partie du livre Max chassé de la Napola, réfugié à Berlin enchaine les aventures et les rencontres, certaines assez improbables comme celle qu'il fait dans une cave lors d'un bombardement (je ne précise pas laquelle pour ne pas spoiler).

Mis à part le fait que je n'ai pas du tout aimé ce livre, celui-ci a le mérite d'évoquer des faits pour la plupart laissés dans l'ombre jusqu'à maintenant. C'est un récit difficile, très sombre, parfois glaçant, l'auteur ne nous épargnant pas les détails les plus terribles ce qui peut facilement laisser le lecteur mal à l'aise.

J'ai lu ce livre dans le cadre de la Lecture Commune organisée par DEX sur LIVRADDICT.

NOTE : 4/10