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LA FEMME EN VERT d' Arnaldur INDRIDASON - Traduction d'Eric BOURY -2006 - Points Policier - 348 pages

Quatrième de couverture

Dans une banlieue de Reykjavik au cours d'une fête d'anniversaire, un bébé
mâchouille un objet qui se révèle être un os humain. Le commissaire Erlendur et
son équipe arrivent et découvrent sur un chantier un squelette enterré là,
soixante ans auparavant. Cette même nuit, Eva, la fille d'Erlendur, appelle son
père au secours sans avoir le temps de lui dire où elle est. Il la retrouve à
grand-peine dans le coma et enceinte. Erlendur va tous les jours à l'hôpital
rendre visite à sa fille inconsciente et, sur les conseils du médecin, lui
parle, il lui raconte son enfance de petit paysan et la raison de son horreur
des disparitions. L'enquête nous est livrée en pointillé dans un magnifique
récit, violent et émouvant. Une femme victime d'un mari cruel qui la bat, menace
ses enfants et la pousse à bout. Un Indridason grand cru! -- 

La femme en Vert est le deuxième livre que je lis de cet auteur après L'Homme du Lac que j'avais bien aimé , mais sans plus, et qui n'avait pas été un coup de coeur, par contre celui-ci a été une vraie bonne surprise.

Dans un lotissement en construction, un petit garçon trouve un caillou et le ramène chez lui, sa petite soeur s'en empareet commence à le machouiller avec délectation. Le "beau caillou" s'avère en fait être un os humain et l'enfant ayant mené sa mère à l'endroit ou il l'a trouvé, on s'aperçoit vite qu'il n'y avait pas UN os mais un squelette entier. Erlendur et son équipe entrent alors en scène : Qui est enterré à cet endroit ? Pourquoi ? et l'auteur -à travers l'enquête des policiers- nous fait remonter le temps jusqu'à la la fin de la dernière guerre mondiale, à l'époque ou une maison se dressait à cet endroit..

C'est un roman passionnant , non seulement à cause de l'intrigue, mais parcequ'il est construit sur plusieurs niveaux : l'enquête proprement dite bien sûr, mais aussi l'évocation d'une période de l'Histoire de l'Islande : celle de la seconde guerre mondiale avec la présence des anglais suivie de celle des américains, une partie de la vie d'Erlendur et enfin l'histoire d'une famille marquée par la violence conjugale. C'est ce dernier aspect qui m'a le plus marquée :  l'auteur décrit la vie de cette femme Margaret  et de ses enfants victimes de la brutalité physique et psychologique du père de famille de manière très dure au point  que certains passages sont presque insoutenables.

Comme beaucoup de thrillers nordiques le rythme est lent, très lent (il faut croire que le froid islandais influe même sur le syle des auteurs) L'exhumation du squelette par les archéologues se déroule pendant toute la durée du récit et pendant ce temps l'enquêteur cherche à découvrir l'identité des anciens occupants de l'endroit. La vérité éclatera au grand jour en même temps que le corps sera sorti de terre.

Nous retrouvons avec grand plaisir l'enquêteur Erlendur, sombre et taciturne, tourmenté par son passé  ainsi que ses adjoints : Elinborg, plus discrète dans ce livre-ci que dans l'Homme du Lac et Sigurdur Olli, toujours aussi agaçant , désagréable et complétement dépourvu de compassion. L'auteur s'est attaché à décrire les personnages, aussi bien principaux que secondaires, leurs caractères, avec finesse et profondeur, il nous raconte leur passé, les rend vraiment vivants et c'est ce qui nous permet de nous sentir au coeur de l'action, dans une ambiance tendue et quelquefois un peu glauque, tout au long du récit.

J'ai tout aimé dans ce livre : l'intrigue, l'ambiance, les personnages, l'évocation du passé proche du pays, la part donnée à la vie privée d'Erlendur qui le rend si attachant malgré son côté "ours". C'est le meilleur policier que j'ai lu depuis bien longtemps.

NOTE 10/10

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