517MXNSYPFL__SL500_AA300_

LES HIRONDELLES DE KABOUL de Y. KHADRA - 2002 -Editions JULLIARD - 187 pages

Quatrième de couverture

Dans un Kaboul caniculaire, parmi les ruines du désastre et celles des esprits,
deux hommes et deux femmes cherchent un sens à leur vie : un bourgeois déchu,
une avocate interdite d'exercer, un geôlier s'amenuisant à l'ombre des
exécutions publiques et une épouse aux prises avec une maladie incurable. À
travers leur quête de la dignité humaine, le martyre d'une nation traumatisée
par les guerres et la folie, livrée aux sortilèges des gourous et à la tyrannie
des talibans. Et pourtant, là où la raison semble perdue, l'amour refuse de céder
et se réclame du miracle. Mais qu'est-ce que le miracle dans un pays où " les
liesses sont aussi atroces que les lynchages " ? Dans ce roman magnifique qui
est aussi un hymne à la femme. Yasmina Khadra a su mettre au jour avec lucidité
la complexité des comportements dans les sociétés musulmanes déchirées entre le
féodalisme et la modernité.

 

J'ai dans ma PAL depuis au moins un an L'ATTENTAT et LES SIRENES DE BAGDAD, mais je voulais absolument lire LES HIRONDELLES DE KABOUL en premier puisque c'est le premier ouvrage de cette trilogie de Yasmina KHADRA sur les conflits qui opposent à notre époque, l'Orient à l'Occident en plusieurs endroits du globe. Ceci dit, je pense que les trois volumes peuvent être lus dans n'importe quel ordre.                                                                   

LES HIRONDELLES DE KABOUL, c'est le récit terrible de vies ordinaires dans KABOUL sous le régime des talibans. Exécutions publiques devant une population déchainée, dans des stades remplis de monde, lapidations de femmes auxquelles chacun peut participer de son plein gré ou lors d'un moment de folie, emporté par le délire contagieux de la foule. La barbarie dans toute son horreur...... Au milieu de tout cela deux couples essaient désespérement de survivre, de ne pas sombrer dans la folie et le désespoir :

Mohsen RAMAT, jeune intellectuel et sa femme Zuneira, ancienne avocate tous deux empêchés par le régime des talibans d'exercer leur métier ou de poursuivre leurs études.

Atiq Shaukat, le gardien de la prison des femmes et son épouse Mussarat atteinte d'un mal incurable et qui vit ses derniers jours.

Mais le personnage principal de ce livre c'est le désespoir, la fatalité qui imprègne les êtres qui évoluent dans cet enfer. On n'a plus le droit de rire, d'écouter de la musique, les femmes doivent porter le tchadri qui les emprisonne et leur vole leur identité. Même la chaleur - une chaleur infernale- qui s'abat sur la ville s'ajoute aux entraves imposées par les talibans. Les hirondelles ont déserté la ville et "la chaleur pousse les corbeaux au suicide".

Les êtres ne se retrouvent plus dans ce monde de barbarie d'ou toute émotion et tout sentiment sont bannis. Mais même tombés si bas, ces hommes et ces femmes sont encore humains et lorsque l'amour qu'on n'attendait plus dans un tel enfer renait chez Atiqu, ébloui par la pureté et la beauté de Zuneira, c'est encore un espoir voué à l'échec. La conclusion est claire, plus rien de beau ne peut naitre dans Kaboul "en état de décomposition avancée", tout y est voué à la mort.

Ce livre se lit presque d'une traite malgré sa noirceur et la gravité des thèmes abordés, grâce à la beauté et à la finesse de l'écriture de Yasmina Khadra qui sait nous tenir en haleine de la première à la dernière page. Pour moi c'est un gros coup de coeur et c'est un livre que je ne peux que recommander.

NOTE : 10/10

Challenge GLOBE READERS : KABOUL 9/50

http://4.bp.blogspot.com/-6GT3CqbAuT4/UUs-mlUHcRI/AAAAAAAAAHo/y6A22TIsm4k/s1600/Challenge+des+globe+readers.jpg